II. — ANALYSE
583. Par l’eüdiomètre. — Dans un eudiomètre, celui de M. Ilofmann par exemple (§ 554, lig. 255), on introduit une dizaine de centimètres cubes d’ammoniaque, on mesure exactement le volume en rétablissant l’égalité des niveaux du mercure dans les deux branches, puis, au moyen des fils de platine soudés en A, à la partie supérieure de l’appareil, et de conducteurs convenablement placés, on fait passer dans le gaz, pendant un certain temps, une série d’étincelles produites par une bobine d’induction. Le gaz est décomposé par les étincelles; son volume augmente peu à peu et finalement, lorsque la décomposition est complète, en rétablissant de nouveau le niveau du mercure, on constate que ce volume a doublé. Dans la formation de l’ammoniaque, il y a donc eu condensation de moitié.
On fait alors pénétrer dans l’eudiomètre, par le robinet A, de l’oxygène en quantité à peu près égale au volume de l’ammoniaque mise en expérience, on mesure exactement ce volume en prenant toujours les précautions voulues (§ 554), et on fait passer l’étincelle. Une explosion se produit, l’hydrogène mis en liberté dans la décomposition de l’ammoniaque, se combine à la moitié de son voluzne d’oxygène pour former de l’eau. Si on mesure le volume du gaz restant après l’explosion, les deux tiers du volume gazeux disparu, représentent le volume de l’hydrogène. Quant à l’azote, son volume est celui du résidu final diminué de l’oxygène inutilisé; or le volume de ce dernier est donné par la différence entre la quantité d’oxygène introduite dans l’appareil et la quantité utilisée dans la combustion de l’hydrogène, c’est-à-dire un tiers du volume gazeux qui a disparu lors de l’explosion.
On pourrait d’ailleurs isoler et mesurer directement l’azote, en transvasant le résidu gazeux dans une cloche, sur le mercure, et en le traitant par le pyrogallate de soude (§ 551)^; ce réactif absorberait l’oxygène resté en excès.
On trouve ainsi que 2 volumes d’ammoniaque fournissent, par décomposition, 4 volumes d’un mélange gazeux formé de 1 volume d’azote et de 3 volumes d’hydrogène.
m AMMONIAQUE.
584. Par électroi.yse. — On ne peut décomposer que très lentement, par le courant de la pile, l’ammoniaque en solution aqueuse. On active beaucoup la décomposition, en ajoutant à la liqueur du chlorure de sodium, mais dans ce cas on ne peut faire usage de voltamètres àélectrodes de platine, ce métal se trouvant attaqué par le chlore du chlorure de sodium. On rem|tlace alors les électrodes de platine par des électrodes en charbon de cornue. Le voltamètre de M. Ilofmann (§ 529, fig. 217) peut, dans ce but, être moditié de la manière suivante : Chaque branche du tube en U se lennine à sa partie
inférieure (fig. 258) par un ajutage que ferme un bouchon; ce dernier est traversé par un cylindre en charbon de cornue PP' ou .NN', de 5 millimètres de diamètre et ainjuel on a fi.\é un til de cuivre par une monture métallique. Les fils peuvent être mis en communication avec une pile de 2 ou 3 éléments Bunsen. Les cylindres de charbon pénètrent dans l’intérieur du voltamètre, jusqu’au-dessus de la communication établie entre les deux l)ranches fermées de l’appareil.
La li(|ueur dont on fait usage, est un mélange de 1 volume de solution aqueuse d’ammoniaque avec 10 volumes d’eau saturée de chlorure de sodium.
En opérant d’ailleurs comme il a été dit pour l’électrolyse de Peau (,^ 529), on constate que pour un volume d’azote i{ui se dégage au pôle positif, on recueille au pôle négatif 3 volumes d’hydrogène. Ce dernier peut être enflammé à l’orifice supérieur du tube qui le contient, si on ouvre doucement le robinet et si on présente une allumette à la sortie de l’appareil.
Fig. 258.
Klectrolyse de l’ammoniaque.
lit. — PROPRIÉTÉS
585. Alcalinité. — Si dans une éprouvette contenant du ga/. ammoniac, on fait pénétrer un papier de tournesol rouge, celuici est bleui énergiquement. Il en est de même quand on ju'csente le papier à l’orifice d’nn tube par lequel s’échappe de l’ammoniaque, ou à celui d’un flacon ouvert, contenant de la solulion d’ammoniaque dans l’eau. La réaction est des pins énergiques lorsqu’on plonge le jiapier dans celte solution.
580. SoLuniLiTÉ n.VNS l’eau. — L’extrême solubilité de l’ammoniaque dans l’eau peut être manifestée par des expériences très variées. Nous n’en citerons que deux.
1" Dans un cristallisoir plein d’eau, on introduit, avec la soucoupe qui la porte, une éprouvette pleine d’ammoniaque et maintenue fermée à sa partie