PIPETTES .lAUGÉES
suppose la deuxième pesée trop forte. Ou trace alors un troisième trait intermédiaire, puis un ([uatfième, etc.; par approximations successives, on arrive ainsi à connaître la position exacte (jue doit avoir la ligne de niveau. Finalement, on grave celle-ci comme il a été dit pour les vases jaugés, c’està-dire au diamant ou à l’acide Iluorhydrique (§ 175 et 176).
Si on pèse à plusieurs reprises le contenu d’une [)ipette, on observe des didèrences entre les pesées, bien qu’on cbercbe à se placer dans des conditions identi(|ues. Sur une [)ipette de 10 centimètres cubes, l’erreur est voisine de 1 millième, soit de 1 centigramme; elle est plus forte pour les pi[)ettes plus volumineuses; elle est un peu moindre avec les pipettes à 2 traits. C(‘s chiffres donnent une idée de l’approximation à laquelle on peut atteindre dans les opérations basées sur le mesurage des volumes.
37. Vases gradués. — Une mesure jtmgée ne pouvant servir à mesurer que le volume pour lequel elle a été construite, on est conduit, pottr répondre à des besoins variés, à multiplier beaucoup le nombre de ces instruments ; ceux-ci d’ailleurs ne se prêtent pas au mesurage des volumes compris entre les divisions simples du litre pour lesquels on les dispose d’ordinaire. Les vases gradués s’appliquent, au contraire, aux mesu rages de volumes très divers que nécessitent l’analyse ou la pratique des réactions, chacun d’eux remplissant, à ce point de vue, l’office d’un très grand nombre de vases jaugés. Ils présentent d’autre part celte infériorité qu’il n’est pas possil)le d’y faire coïncider le niveau avec une section minimum (§ 27), ce qui entraîne une moindre précision.
Parmi les formes variées que le commerce donne aux vases gradués par remplissage, la forme cylindrique est la plus avantageuse; c’est celle des éprouvelles graduées (fig. 12).
Une éprouvette gi'aduée porte sur la plus grande partie de sa hauteur une série de traits gravés, semblables aux traits de jauge et correspondant chacun à un volume déterminé. Les diflerents volumes ainsi indiqués sont plus nettement distingués en donnant aux traits des longueurs variables avec les diverses divisions décimales du litre ; des chilTres qui accompagnent ces traits rendent facile la lecture de la graduation. Les volumes compris entre deux traits consécutifs étant égaux et la fabrication de vases exactement
Fig. 1“2.
Éprouvcltc graduée.
POIÜS ET MESURES.
cylindriques étant à peu près impossible, les divisions marquées ne sont pas équidistantes.
Pour se servir d’un vase gradué, on opère comme avec un vase jaugé, le trait qui correspond au volume considéré jouant le rôle du trait de jauge.
38. VérificaUon. — |,a vérificalion d’im instrument de ce genre est tout à l'ait indispensal)le. On lu réalise en plaçant l’éprouvette sur une balance avec des poids formant un noinl)re de grammes au moins égal à celui des centimètres cubes indi(jués par le trait supérieur, établissant l’équilibre au moyen d’une tare et versant peu à peu de l’eau dans l’éprouvette. A chaque instant de l’opération, si l’exactitude est satisfaisante, le nombre de centimètres cubes d’eau que la graduation indique comme existant dans le vase, est égal au nombre de grammes qu’il faut enlever sur le même plateau pour rétablir l’équilibre.
Les observations faites à propos des vases jaugés (§ 27) s’appliquant également ici, il est nécessaire d’employer une série de vases gradués de dimensions diverses, une éprouvette de grand diamètre donnant des mesurages relativement plus inexacts lorsqu’il s’agit de volumes faibles.
Une pipette jaugée peut servir également à la vérilication d’une éprouvettegraduée : en laissant écouler plusieurs fois son contenu dans l’éprouvette, il doit y avoir concordance entre les volumes marqués par l’éprouvette et ceux du liquide introduit. Les burettes divisées dont il sera question plus' loin peuvent être appliquées au même usage.
39. Graduation. — De môme la graduation de l’éprouvette peut être opérée soit par des pesées, soit [>ar des mesurages. Dans les deux cas, on colle sur la partie cylindrique une bande étroite et verticale de papier, |)uis on procède au calibrage de l’appareil. A cet elfet, on y introduit successivement des poids ou des volumes égaux d’eau, en marquant sur la bande par un trait de plume, le niveau du liquide après chaque introduction. On a soin de choisir ces poids ou ces volumes assez faibles pour que la section du cylindre dans l’espace compris entre deux traits consécutifs, puisse être considéré!comme constante. On divise alors la hauteur séparant les deux traits en autant de parties égales qu’il convient (§ 55 et 56). Celte graduation qui n’est qu’afiprochée pour les divisions intermédiaires, rend indispensable le choix de vases cylindriques aussi réguliers que possible.
Finalement les traits sont tracés, accompagnés d’indications suffisantes et gravés.
40. Buuettes graduées. — Ces inslriimenls sont indispensables en analyse voluinéti’ique ; c’est Gay-Liissac qui en a indique l’usage; ils ont été beaucoup perfectionnés, surtout par M. Molir. Une burette consiste essentiellement en un vase cylindrique gradué, dont on peut laisser écouler plus ou moins le