FLUOR
Équiv. : FI = 19 = P. atom.
A. — Acide IIiiorhydi‘i«|iie.
Équiv. : llFl =7 20 — i vol. = P. mol.
C9G. Synonyme : acide lluori(iue.
Liquide, très acide, fumant à l’air, découvert par Scheele en 1771. Densité : 0,9879 a 12“, 5. Point d'éhultition : 19“,. 1. Dion solidifié à — iU“. Très soluble dans l’eau.
Fig. 277. — Acide fluorliydrique.
097. Préparation par le fluorure de calcium et l’acide sulfurique. — L’acide lluorliydriqiie altarjuaiU énergi<iueinenl le verre, sa préparation ne
peut être elTectuée dans des vases de cette matière. On se sert ordinairement d’ustensiles de plomb. Le plus employé est un apjiareil distillatoire (fig. 277) composé de trois pièces : 1® une sorte de capsule hémisphéri(iue servant decucurinte et qui, dans certains appareils, est en fonte ; 2® un chapiteau s’appliquant exactement sur les bords dressés de la capsule; 3° un l’éfrigérant composé dAin tube en U dont une des branches, plus longue (pie l’autre, est recourbée horizontalement et reçoit la tubulure par laquelle se termine le chapiteau.
On place dans la capsule 1 partie de fluorure de calcium naturel, sec cl pulvérisé, avec 3 parties d’acide sulfurique concentré. OR'TlJ le fluorure est pur, il n’y a pas d’action marquée à froid et on peut mélanger les deux matières avec une tige de fer, sans observer de dégagement sensible de vapeurs. Mais d’ordinaire le fluorure naturel contient un peu de silice ou de silicates, composés (pli fournissent avec l’acide lluorhydriipie du fluorure de silicium (voy. ce mot) dont la présence est annoncée par d’épaisses fumées lilanches. Dans ce cas, on laisse le mélange réagira froid, en l’agitant de temps en temps jusqu’à disparition des vapeurs blanclies et épaisses, caractérisli(iues du fluorure de silicium.
On monte ensuite l’appareil, en assujettissant extérieurement ses diverses
parties avec du plâtre ; on place la cornue sur un fourneau et le tube en U dans un vase où on l’entoure d’un mélange réfrigérant de glace pilée et de sel marin, à parties égales. On chautfe. L’acide sulfurique décompose le fluorure de calcium en formant du sulfate de diaux et de l’acide üuorhydrique :
CaFl + SO^llO = SO',GaO -f llFl.
Ce dernier se dégage et ses vapeurs vont se condenser dans le tube en U.
11 est indispensable de chauffer doucement. .Au-dessus de 300°, l’acide sulfurique distille en quantité notable. De plus on risque de fondre le plomb de l’appareil.
Le produit obtenu avec du lluorure de calcium naturel n’est jamais pur. Il contient toujours de l’acide hydrolluosilicique (voy. ce mol ), résultant de l’action de l’eau sur le lluorure de silicium.
On ne doit manier l’acide fiuorhydrique qu’avec prudence. Mis en contact avec la peau, il produit des eschares douloureuses et lentes à guérir. On lave les parties atteintes par l’acide, avec une solution d’acétate d’ammonia(iue ou même avec rammoniaque diluée. En outre, ses vapeurs sont dangereuses à respirer.
Si l’on n’a pas besoin d’acide absolument privé d'eau, on peut avantageusement remplacer le mélange réfrigérant [)ar de l’eau froide, et introduire à l’avance de l’eau distillée dans le tube de plomb. Ou obtient ainsi une solution plus ou moins concentrée d’acide.
L’acide lluorhydri(juc ou sa solution sont conservés dans des bouteilles de plomb ou mieux de gutta-percha. Ils dissolvent la silice (voy. Fluorure de silicium). Ils attaquent aussi les silicates et en particulier le verre pour la gravure duquel ils sont employés (§ 176).
PHOSPHORE
Équiv. : Ph ou P = 31 = I vol. — P. alom.
698. Elément découvert par Brandt en 1669 et connu sous au moins deux états allotropiques.
Phosphore blanc. — Sijnonipne : phosphore .ordinaire, (lorps mou, incolore, cristallisant dans le système réstulicr, luisantà l’air dans l'ohscurité. Densité: 1,8:26 à 10". Point de fusion : if'’, 8. I>oinl d’ébullition : 290" environ. Densité de vapeur à 0“ et sous la pression 0™,76() : L85 par rapport à l’air (mesure à 500") et -i,5 (mesure à UUU") ; Co par rapport à l’hydrogène (mesure à 1010"), d’où poids atomique correspondant a 1 volume de vapeur. Chaleur spécifuiue : 0,189 à -)- 19". Solubilité : nulle flans l’eau; 17 pour 100 dans le sulfure de carbone à 15". T ransformable par la chaleur en pliosiihorc rouge avec dégagement de -p 19,2 Cal. (cristallisé), ou de -f 20,7 Cal. (amorphe). Très toxique.
Phosphore rouge. — S'jnon'pne : phosphore amorphe. Solide, dur, rouge, amorphe
PHOSPHORE
GOi
<|u;iml il a élé produit vers !2üO", cristallisé iiuand il a été porté au-dessus de 550'’. Découvert par E. Kopp eu IHti. Densité: 1,90 (amorphe) et 2,. ‘îi (cristallisé). /h/'hsible. Emettant des vapeurs de phosphore hlanc à partir de '200'’. Non toxique.
l'IlOPllIÉTÉS
099. Fusion et mise en bâtons. — Dans une capsule de porcelaine contenant de l’eau, on inlroduit des fragments de pliospliore blanc et on cliaulïe au l)ain-niarie justpi’à 70“ ou 80' : le phosphore fond et se trouve prés(‘rvé du contact de Pair par Peau (|ui le recouvre. On choisit alors un tube di* verre peu épais, dont le diamètre intérieur, égal à 5 ou 0 millimètres, est celui dcîs hâtons de phosphore <pie Pon se propose de mouler, et déformé coni(|ue tic.cenluée. Cette dernière condition se trouve souvent réalisée au.\ e.xtrémilés de (|uehjues-uns des tubes (jue fournit le commerce. On coupe le tube de 40 ou 50 centimètres de longueur, et on adapte à son e.xtrémité la moins large un tube de caoutchouc de 2 ou 3 décimètres de longueur. Celui-ci le met en communication avec un robinet (|ui traverse le bouchon d’un flacon d’un litre, contenant une couche d’eau de (luehjues centimètres de hauteur. Le bouchon de ce llacon livre égalem(‘nt passage à un second tube, relié à une trompe aspirante (|uelconque. La disposition est, en somme, analogue à celle indiquée plus haut pour la décantation à la trompe (§ 331, lig. 170), sauf que le tube t est droit. Les choses étant ainsi disposées, on enfonce le tube de verre dans la capsule, en plongeant sou orilice large dans le phosphore liquéfié, puis on ouvre très doucement le robinet; une aspiration se fait dans le tube et le phosphore s’y élève peu à peu. l.orsque la colonne de phosphore a atteint 20 ou 25 centimètres, on ferme le robinet, on enlève verticalement le tube et on le transporte sans secousse dans une éprouvette à pied, pleine d’eau froide et disposée dans le voisinage immédiat de la capsule. Le |)hosphoi‘e s(; solidifie presque aussitôt. H ne reste plus qu’à détacher le tube de verre du caoutchouc et, en se servant d’une tige que l’on pousse suivant l’axe du tube vers son orifice le plus large, à faire sortir le bâton de phosphore que l’on conserve dans un vase plein d’eau. Toute cette manœuvre a d’ailleui’s été prati(juée en plongeant les mains, le tube, la baguette de verre et le bâton de phosphore dans l’eau; on évite ainsi toute combustion.
Un aspirateur quelconque peut être substitué à la trompe. Une poire on caoutchouc est d’un emploi recommandable. L’aspiration avec la bouche doit absolument être évitée.
Cette opération ne peut être faite sans danger qu’avec les plus grandes précautions. Toute particule de phosphore qui, chaufiée à GO”, arrive au contact (le l’air, s’y enflamme immédiatement et peut causer des brûlures graves. H est nécessaire de signaler tout particulièrement les accidents qui pourraient résulter de la présence à la surface de la peau ou sous les ongles, de menus fragments de phosphore qui y adhèrent facilement et s’allument ensuite à l’air.
700. Toutes les fois qu’on veut prélever un fragment de phosphore sur un bâton, il est nécessaire de tenir compte des inconvénients que présente le ma-