PKOPUIÉTÉS
niement ù l’air de ce métalloïde. On prend avec une pince, dans le flacon où on le conserve sous l’eau, un bâton de phosphore que l’on transporte dans une terrine pleine d’eau. Au sein de ce liquide, on saisit le bâton de phosphore avec les doigts et, à l’aide de ciseaux, on en détache un ou plusieurs fragments de la grosseur voulue. Si l’on agissait de même à l’air, la chaleur due au frottement des ciseaux provoquerait la combustion. Avant d’employer les fragments ainsi détachés, il est nécessaire de les essorer; â cet efl'et, on les touche très doucement avec des doubles de papier buvard, en évitant les frottements.
701. Action de l’oxygène. — Si l’on place un morceau de phosphore sec sur une petite capsule de terre cuite et qu’on l’allume, soit en approchant une flamme, soit en le touchant avec un corps chaud, il bride â l’air avec une flamme blanche en donnant d’abondantes vapeurs d’anhydride phosphorique :
Cette réaction est utilisée pour la |iréparation de ce dernier corps (§ 707).
Dans l’oxygène la combustion s’effectue en produisant le môme composé, mais en donnant lieu à des phénomènes lumineux remarquables (§ 500).
Cette combustion peut encore être produite sous l’eau. Il suffit de faire arriver par un tube un courant d’oxygène provenant d’un gazomètre, dans du phosphore tenu en fusion sous une couche d’eau à 60®, au fond d’un verre â expériences, pour voir la combustion s’elîectuer en produisant une luniière très vive.
Exposé â l’air humide et à basse température, le phosphore blanc s’oxyde lentement, en donnant lieu aux phénomènes lumineux auxquels il doit son nom, et en engendrant un mélange d’acides phosphoriijue PO ',3 110, hypophosphorique PO‘,2HO, et phosphoreux P1IOS2110, mélange connu sous le nom d’acide phosphatique. L’oxydation est donc moins complète qu’à haute température. Cette réaction a été utilisée pour l’analyse de l’air (§ 549).
Lorsqu’une faible masse de phosphore, présentant unesurface considérable,, est exposée â l’air, l’oxydation élève suffisamment la température pour enflammer le phosphore. Le phosphore très divisé que laisse l’évaporation d’une solution dansle sulfure de carbone, montre nettement ce fait. Dans un très petit flacon, on introduit un fragment de phosphore blanc desséché au papier, et un peu de sulfure de carbone, puis on bouche exactement :1e phosphore ne tarde pas à se dissoudre. Si l'on verse une petite quantité de la liqueur obtenue sur une feuille de papier â filtrer et si, tenant celle-ci avec une pince en fer, on l’agite à l’air, le dissolvant s’évapore et le phosphore qui s’est déposé très divisé sur les fibres de papier, ne tarde pas à s’enflammer.
11 est nécessaire de ne laisser tomber ([ue quelques gouttes de liqueur sur le papier, et d’éviter surtout d’en répandre sur d’autres objets. Il est même imprudent de conserver la solution sulfo-carboniquç non employée. Le mieux est de ne préparer que fort peu de liqueur au moment du besoin, et de détruire ce qui n’a pas servi, en le versant dans un vase métallique ouvert et placé eu plein air, puis en l’enflammant.
506 PHOSPHORE
702. Actions réductrices. — Pe phosphore peut même jouer le rôle d’agent réducteur.
Un hàton de phosphore hlaiic étant plongé dans une solution de sulfate de cuivre, se recouvre d’une matière foncée (jui est un mélange de cuivre métallique et de phosphure de cuivre.
Avec une solution de nitrate d’argent, un dépôt analogue de phosphure d’argent prend naissance.
703. Transfoiimaïions hécipiioques des deux formes allotropiques. — La transformation du phosphore blanc en phosphore rouge par l’action delà chaleur seule, transformation limitée par l’action inverse du phosphore rouge eu phosphore blanc, ne s’opère que très lentement. La pi’ésence de fort jietites quantités d’iode dans le phosphore, rend au contraire ce changement d'état presque instantané (E. Kop|)).
Dans un matras d’essayeur à long col, de 100 à 120 centimètres cubes, on introduit 20 grammes de phosphore blanc essuyé, puis an moyen d’un tube pénétrant jus(|u’au fond du matras, on chasse l’air de celui-ci par un courant de gaz carbonique, (lu’on maintient ensuite pendant tout le temps de l’expérience, mais en soulevant le tube d’arrivée du gaz jus()ue dans le col du matras. On chaulfe ce dernier au bain-marie ; le phosphore fond et, lorsijue sa température est voisine de 100'\ on enlève le mati’as du bainmarie et on y laisse tomber quelques cristaux d’iode. Le phosphore blanc se change en phosphore rouge presque immédiale ment, avec un dégagement de clialeur tel que la masse entre en ébullition et ijue du phosphore rouge se trouve projeté sur les parois du matras.
A. — pliofiplioreux.
Équiv. : DIPO^ ou PIIO‘,2 110 — 82 = P. mol.
70-i. Acide bibasique, indiqué parfois comme tribasique l’0’,3 HO, doué de propriétés
réductrices énergiques. Cristallisable.
705. Préparation. — Le trichlorure de phosphore PCF, mis en contact avec l’eau, sedétruit en donnant de l’acide phosphoreux et de l’acide chlorhydrique :
PCF + 0 110 = PlF0«-i-31ICl.
Il est avantageux de produire le trichlorure de phosphore et, simultanément, de le décomposer par l’eau.
Dans un ballon de 250 centimètres cubes, on introduit 50 grammes de pbosphore avec 120 grammes d’eau et on cbaulTe légèrement, de manière à fondre le phosphore sous lacouche d’e,au. On enfonce dans le liquide, jusiiu’au contact du phosphore, un tubede verre amenant un courant de chlore. Le chlore s’unit au jihosphore et le trichlorure formé réagit instantanément sur l’eau. On doit donc maintenir toujours cette dernière en excès. Dès que tout le phosphore a