Synonyme: Sel sédatif de Ilomberg
Composé cristallisé en lamelles brillantes, inodore, découvert par Honiberg en 1702. Densité: 1,5463 à 0°; 1,517 à 15°.
Cliaujfé au-dessus de 140°, il perd peu à peu 43,6 pour 100 de son poids d’eau et se transforme en anhydride.
L’anhydride borique, BoO^, fond au rouge sombre eu se volatilisant en partie, et forme par refroidissement une masse vitreuse, transparente, de densité 1,8766 à 0°, devenant opaque en absorbant l’humidité de l’air.
Solubilité: 19®',47 d’acide cristallisé dans 100 grammes d’eau à 0°; 39“', 92 à 20°; 168“'', 15 à 80°; 291“'^,18 à 102°; très soluble dans l’alcool.
772. Préparation par le bor.ate de chaux. — Le borate de chaux hydraté naturel (hayésine), CaO,2 BoO^ -f- 10 HO, est en petites aiguilles soyeuses, concrétionnées. On en extrait l’acide borique au moyen de l’acide chlorhydrique.
On place dans une capsule de porcelaine 50 grammes de minerai pulvérisé et 50 grammes d’eau, puis on chauffe; on ajoute peu à peu au mélange de l’acide chlorhydrique en léger e.xcès, c’est-à-dire jusqu’à ce que la liqueur donne au papier de tournesol, après quelques instants d’ébullition, une coloration rouge pelure d’oignon; cette coloration persiste après refroidissement du papier, et il ne faut pas la confondre avec le rouge vineux dû à l’acide borique. On filtre la liqueur bouillante et on l’abandonne au refroidissement : l’acide borique se dépose en lamelles cristallines. La réaction est représentée par la formule suivante :
(GaO,2 Bo03 -f 10 HO) -f HCl = CaCl -j- 2 Bo03,3HO + 8 HO.
On décante l’eau mère, on égoutte les cristaux, ou mieux on les essore à la trompe sur un entonnoir de verre, on les lave plusieurs fois à l’eau, on les essore de nouveau et enfin on les sèche.
Le produit doit être purifié par de nouvelles cristallisations (§ 773).
773. Prépar.vtion par le borate de soude. — On dissout 100 grammes de borax cristallisé du commerce, en chauffant ce sel avec 300 grammes d’eau dans une capsule de porcelaine de 500
ACIÜE BORIQUE.
cenliiiiètrcs cubes. A la liqueur chaude, on ajoute de l’acide chlorhydrique par petites (juantités, jusqu’à réaction franchement acide au tournesol (rouge pelure d’oignon dû à l’acide chorhydrique, et non rouge vineux donné par l’acide borique). 11 se forme du chlorui’e de sodium et de l’acide borique :
(NaO,2BoO^ -f 10 HO) + HCl =NaCl + 2Bo03,3 110 + 8110.
A chaud les deux composés restent dans la liqueur. On filtre si cela est nécessaire, et on laisse refroidir dans la capsule recouverte d’une lame de verre. L’acide borique étant moins soluble à chaud (ju’à fioid, le liquide se prend en une masse cristalline, formée de lamelles nacrées emprisonnant l’eau mère. On dispose au fond d’un entonnoir, quelques fragments de verre cassé, puis un peu d’amiante ou de coton cardé, et on verse sur le liltre ainsi formé le mélange de cristaux et d’eau qu’on laisse égoutter. On lave ensuite les cristaux à plusieurs reprises avec de l’eau, en versant celle-ci par j)etites quantités sur la masse égouttée; finalement, après un dernier égouttage, on les sèche. On atteint un lavage plus prompt et plus parfait en s’aidant de la trompe aspirante (§ 385),
On ajoute parfois de l’albumine à la liqueur : ce composé, en se coagulant par la chaleur, entraîne les corps en suspension et éclaircit la dissolution. Celte pratique est peu recommandable parce qu’elle fournit de l’acide borique chargé de matières organiques.
Pour obtenir un produit pur, il est nécessaire de redissoudre dans la moitié de leur poids d’eau bouillante les cristaux lavés à l’eau, de filtrer et d’abandonner la liqueur au refroidissement.
On obtient encore une liqueur de concentration convenable pour la cristallisation, en évaporant une solution diluée, jusqu’à ce que, à la température de l’ébullition, elle ail une densité égale à 1,043 (tP llauiné). Ou laisse refroidir dans la capsule recouverte. Après ciâstallisation, on décante le liquide, on essore les cristaux, on les lave à la trompe avec de l’eau froide, on lesessore de nouveau et on les sèche.