Gcu incolore, fumant à l’air, découvert par Priestley
Densité : 3,37 par rapport à l’air; 52 par rapport à l’hydrogène.
Liquéfié par une forte pression et solidifié à — 1 4U°.
775. Préparation par l’acide fluüriiydrique et la silice. — On fait agir sur la silice l’acide lluorhydiique engendré par un mélange de fluorure de calcium et d’acide sulfarique.
L’appareil se compose d’un ballon de 250 centimètres cubes, que l’on dispose au-dessus d’un brûleur à gaz et auquel on adapte, au moyen d’un bouchon de liège percé de deux trous, un tube à dégagement recourbé trois fois et aboutissant sur la cuve à mercure, puis un tube droit à entonnoir. Ce dernier tube est terminé dans le ballon par un tube à essai (fig. 194, B, § 393). Tout l’appareil ayant été exactement desséché, on y introduit un mélange intime et finement pulvérisé de 30 grammes de lluorure de calcium et 30 grammes d’acide silicique sous forme de grès siliceux.
On verse sur la matière pulvérulente 125 grammes d’acide sulfurique et on mélange le tout en agitant vivement le ballon. Inclinant alors ce dernier de manière à donner à son col une position sensiblement horizontale, on y fait pénétrer le tube de sûreté dont la partie inférieure a été recouverte du tube à essai; lorsque ce dernier touche le fond du ballon, on fixe le bouchon et on redresse l’appareil. En ajoutant de l’acide sulfurique concentré par le tube de sûreté, ce liquide s’accumule dans le tube à essai avant de se déverser à l’intérieur du ballon ; on empêche ainsi le tiihe de sûreté de s’obstruer pendant l’opération.
On chauffe le mélange. L’acide sulfurique- attaque le fluorure
544 ACIDE IIYDROFLUOSILICIQUE.
de calcium en produisant du sulfate de chaux et de l’acide fluorhydrique (§ 697) ; celui-ci décompose la silice,
SiQ2 + 2IIF1 = SiF]2+ 2 HO,
en donnant du fluorure de silicium qui se dégage et de l’eau. Ce dernier corps alapi’opriété de décomposer le fluorure de silicium, mais dans les conditions de la préparation, il se trouve en présence d’un excès d’acide sulfurique auquel il se combine et qui l’empêche d’agir sur le gaz formé en même temps que lui.
L’action décomposante de l’eau sur le fluorure de silicium (§ 777), ne permet pas de recueillir le fluorure de silicium autrement que sur le mercure. La silice gélatineuse qu’elle engendre présente en outre l’inconvénient d’ohstruer les tubes à dégagement incomplètement desséchés ou les tubes de sûreté dans lesquels le fluorure de silicium se trouve en contact avec l’air humide; c’esi ce qui rend indispensables les précautions indiquées plus haut.
Le verre pilé est un silicate de chaux et de soude; il peut être substitué à la silice dans cette préparation. Il est décomposé par l’acide fluorhydrique qui met la silice en liberté, puis la réaction devient identique à celle formulée ci-dessus. D’ailleurs le verre du ballon est lui-même fortement attaqué dans cette préparation.
B. — Acîdo hycIroHuosilicIque.
Équiv. : SilIFF ou SiFH,IIFl = 72. P. mol. : = Si^H^Fl^ =144= SilI^Fie. 776. Synmijme : Acide fluosilicique.
Composé découvert par Scheele; n’existe qu’en dissolution dans l’eau et se décompose quand on évapore sa solution.
777. Préparation par le fluorure de silicium et l’eau. — On dispose comme il vient d’êire dit (§ 775) un appareil producteur de (hiorure de silicium, mais en remplaçant le tube à dégagement trois fois recourbé, par un autre ne portant que deux courbures et se terminant par une branche verticale (flg. 282). Ce tube est d’ailleurs choisi assez large et desséché avec soin. On engage sa branche verticale libre dans une éprouvette à pied, au fond de laquelle se trouve du mercure sec; l’extrémité du tube est enfoncée de 2 centimètres environ dans le mercure. On verse ensuite dou-
cernent dans réprouvetle de l’eau distillée qui se superpose au mercure et ne peut ainsi mouiller l’intérieur du tube à dégagement.
On fait alors fonctionner l’appareil. Le fluorure de silicium traverse la couche de mercure et arrive au contact de l’eau sur laquelle il réagit ;
3SiFP + 2 110 = 2 SilIFP -P SiOP
L’acide liydrofluosiliciqiie se dissout dans l’eau ; ({uant à l’acide silicique SiOp il se dépose sous la forme d’un hydrate gélatineux qui épaissit la liqueur et finit par la changer en gelée. On verse la masse sur un linge à travers lequel l’acide hydro-
Fig. 282. — Préparation de l’acide hydrofluosilicique.
fluosilicique s’écoule ; on sépare complètement ce dernier en exprimant la silice dans un nouet. On termine en filtrant, sur du papier, le liquide obtenu.
Quand on fait arriver directement le fluorure de silicium dans l’eau par un tube à gaz ordinaire, ce dernier ne tarde pas à s’obstruer. On peut cependant opérer ainsi, sans se servir de mercure, lorsqu’il s’agit de préparer seulement une petite quantité de produit; dans ce cas on adapte à la partie inférieure du tube à dégagement, au moyen d’un caoutchouc, un entonnoir eu verre de forme allongée et à douille large (fig. 282), que l’on fait plonger verticalement dans l’eau, de 2 centimètres environ. Aucune obstruction ne se produit si le liquide ne mouille que la partie large de l’entonnoir. L’entonnoir peut lui-mème être remplacé par un tube de verre très large, fixé à l’extrémité du tube à gaz au moyen d’un bouchon.
JUNGFLEisCH. — Matiip. de chimie.
516 ACinE llYDnOPI.llOSIUCIQUE.
Vers la fin de l’opération, il se forme des canaux dans la masse épaisse de silice gélatineuse, et du fluorure de silicium échappe à l’action de l’eau. Il faut alors agiter de temps en temps avec une baguette de verre.
La solution d’acide hydrofliiosilicique peut être concentrée par évaporation dans un vase de platine. Toutefois cette évapoi’ation ne peut être poussée jusqu’à pi’oduction d’une liqueur sirupeuse, l’acide se décomposant avant celte limite.
L’acide hydrofliiosilicique propre à l’analyse ne doit pas précipiter l’eau saturée de sulfate de stronliane (acide sulfurique).