C.VRBONATE DE SOUDE
On fait un mélange intime et pulvérulent de lÜO grammes de sulfate de soude sec, de IG grammes de charbon de bois et de 70 grammes de craie. On introduit la poudre obtenue dans un creuset de terre ou mieux de fer, exactement fermé parmi couvercle. On cbaulfe ce creuset dans un fourneau à réverbère, en élevant sa température jusqu’au rouge cerise. La masse ([u’il contient éprouve alors un commencement de fusion. Tenant le creuset dans le feu avec une pince, on le découvre un instant, et on agite son contenu avec une longue tige de fer, ce (jui provo(|ue une réaction vive, avec dégagement gazeux, et une Iluidification plus avancée du mélange. Refermant le creuset, on laisse refroidir.
Le sulfate de soude, réduit par le charbon, a donné d’abord du sulfure de sodium NaS (§ 8:23), lecjuel, au contact du carbonate de chaux, a formé ensuite du sulfure de calcium et du carbonate de soude :
NaS + Cü2,Caü = CO^NaO + CaS.
En même temps, le carbonate de chaux existant en excès dans le mélange, se transforme partiellement en chaux caustique,
C0^Ga0 = C02 + Ca0,
par une réaction que facilite l’intervention du charbon, celui-ci changeant en oxyde de carbone l’anhydride carbonique mis en liberté.
On brise le creuset froid, on isole la masse fondue et boursouflée qu’il renferme, et, après l’avoir pulvérisée, on l’épuise par de l’eau tiède. Le carbonate de soude entre en dissolution, tandis ({ue le sulfure de calcium, insoluble, reste comme résidu, sous forme d’une matière pulvérulente, rendue verdâtre par du sulfure de fer, les matières premières contenant une petite proportion de ce métal; ce résidu est la dmrrée de soude ou marc de soude. La solution contient en même temps le sulfate de soude qui a échappé à la réaction, des traces de sulfure de sodium, et un peu de soude caustique provenant de l’action, dans l’eau, d’un excès de chaux sur le carbonate de soude (§817).
La liqueur, évaporée à sec dans une marmite de fer, puis cbauffée pendant quelque temps à l’air, jus(|u’au rouge, pour oxyder le sulfure, donne une masse blanche, constituant le sel de soude du commerce; celui-ci est donc formé par un mélange de carbonate de soude et de soude caustique avec un peu de sulfate de soude. Repris par l’eau, le sel de soude donne une solution qui, concentrée jusqu’à pellicule (1) ^ 1,28 ou 32° Baumé), fournit par refroidissement du carbonate de soude cristallisé {cristaux de soude).
Les cristaux égouttés, sont séchés à l’air, en évitant de les laisser s’eflleurir.
8.'38. Par le chlorure de sodiu.m et le bicarbonate d’ammoniaque. — On mélange 20 grammes de sesquicarbonate d’ammoniaque, préalablement pulvérisé, avec 100 grammes d’eau froide, et on fait passer lentement dans la dissolution un courant de gaz carbonique. Le sesquicarbonate d’ammoniaque du commerce,
JÜNGFLEISCH. — Mariip. de chimie. 37
SODIl'M.
toujours plus ou irioitis inclangt' de hicaiijouale, so translbriiu' coni})lèlemeuL en l)icarl)onate, lequel est moins soluble, ce qui peut enlraîner en hiver la séparation d’une petite proportion du produit. Danscecas, on ajoute une (juantité d’eau suriisante pour dissoudre le i)récii)ité, mais en maintenant tou jours la saturation de la rupieur. On continue le couiant gazeux tant que le ^az se trouve absorbé. On a linalement une solution saturée de bicarbonate d’animonia(|ue, C-ll(Azll‘)0“ ou 0-0\Azll‘0,I10.
La môme solution peut être obtenue également en prenant 20 grammes de solution d’ammoniaque concentrée du commerce, les mélangeant à 100 centimètres cubes d’eau et saturant de gaz carbonique.
D’autre ]>art, on pi-éj)are une liqueur saturée de chlorure de sodium, en agitant 45 ou 50 parties de ce sel avec 100 j)arties d’eau, et en ])rolongeant le contact ainsi que l’agitation tant que le liquide change de densité et de réfringence au voisinage des cristaux restants.
Si, décantant les deux liqueurs précédentes, on les mélangea volumes égaux dans un matras, et si l’on agile, il se forme bientôt, par double décomposition, en même temps que du chlorbydrale d’ammoniaque qui reste dissous, un j)récipilé de bicarbonate de soude, C'NallO^ ou C-û\NaO,llO :
NaCt + C2übAzlDO,HO = G20bNaO,lIO + AzlDCl.
Le précipité ne se dépose bien dans ces conditions que si la carbonatation de l’ammoniaque est complète et si l’on tiédit un peu le mélange; il est ])arfois nécessaire, pour provoquer sa formation, de faire passer dû gaz carbonique dans le liquide.
Le bicarbonate, recueilli sur un fdtre et lavé avec un peu d'eau froide, est ensuite chaulTé au-dessus de 100", dans un petit ballon muni d’un bouchon avec tube à dégagement trois fois recourbé.
Il perd la moitié de son acide carbonique, que l’on recueille sur la cuve à eau, et se transforme en carbonate neutre :
2 ( Cc’O b A aO , 1 1 0) = C-0 NaO + C^O ‘ 4- “2 1 1 0 .
En opérant ainsi, la précipitation est toujours peu abondante à cause de la faible solubilité du bicarbonate d’ammoniaque.