C. — «l'éluiii
Equiv. : SnS- — Ul . P. atom. : tSiiS-= 18:2.
1U23. SijnonijDiCs : Or iniissif, persulfure d’ctaiii, sulfure stannique. — Composé cristallin, eu paillettes hexagonales, à éclat métallique, jaune, brillant, à toucher gras. — Densité : i,(5. — Perd du soufre par l’action d’une chaleur très élevée, en donnant du sesipiisulfure d’étain. — Insoluble dans l’eau, soluble dans les alcalis et les sulfures alcalins.
1024. — BISULFURE U’ÉTAIN. 671
1024. Préparatiom par voie sèche. — Le sulfure d’étain préi paré par voie sèche constitue l’or niussif du commerce. Pour l’obtenir, on pi'end 24 grammes d’étain grenaillé, 12 grammes de mercure, 14 grammes de soufre pulvérisé ou de lïeur de soufre, et 12 grammes de chlorhydrate d’ammoniaque. On introduit l’étain dans une cuiller de fer; on le chaulfe doucement jusqu’à fusion, mais non au delà; dès qu’il est fondu, on enlève la cuiller du feu et on y verse le mercure. On agite avec une tige de fer pour allier les deux métaux, on laisse refroidir et avant la solidilication de l’amalgame, on coule celui-ci dans un mortier de poi’celaine où on le triture jusqu’à refroidissement complet. On ajoute à la poudre obtenue le soufre et le chlorhydi-ate d’ammoniaque pulvérisés, et on fait avec le tout un mélange homogène qu’on introduit dans un matras à fond plat de 125 centimètres cubes, en verre peu fusible. On dispose le matras dans un bain de sable, en l’enfonçant jusqu’à une hauteur un peu supérieure au niveau de la matière dans l’intérieur (voy. lig. 151, § 247), puis on chauffe jusqu’au rouge sombre.
La réaction est assez complexe : il se sublime du chlorhydrate d’ammoniaque, du sulfure de mercure, du chlorure de mercure, du hichlorure d’étain, et il reste au fond du matras une couche feuilletée, cristalline, de bisulfure d’étain. Le chlorhydrate d’ainmonia([ue semble servir surtout à entraîner par sa vapeur les autres substances qui doivent être expulsées du mélange.
il est indispensable que la température ne dépasse pas le rouge sombre. Si cette précaution n’est pas observée , le bisulfure d’étain se change, au moins partiellement, en sesquisulfure, substance jaune grisâtre, à aspect métallique, et môme eu prolosulfure gris bleuâtre foncé, composés faciles à distinguer de l’or mussif; toutefois le protosulfure ne se forme guère que lorsque la température a atteint le rouge blanc. Dès que la volatilisation flu chlorhydrate d’ammoniaque s’effectue nettement, on doit maintenir la même température jusqu’à la fin sans l’élever davantage, ce qui d’ailleurs entraînerait la fusion du verre du matras.
On dirige soigneusement les vapeurs dans une cheminée, et on arrête l’opération lorsqu’il ne se dégage plus de vapeurs. Après refroidissement, on casse le matras et on sépare le pain de bisulfure d’étain des matières différemment colorées qui l’entourent.
ÉTAIN
I). — «rôtaiii.
É(juiv. : SiiCl=94,5. F. atom. : SnCl^=189.
1025. Stjnowjme : Chlorure stanneu.x.
Sel AMiYOïtE. — Siinanijme : Beurre d'étain. — Sel incolore, transparent, à éclat ijras, fusible vers 250", bouillant au rouge, légèrement déliquescent.
Sel iiYDiîATÉ : SnCl + 2110. — Sijnomjme : Sel d’élain du commerce. — Cristaux incolores, à saveur métallique intense, dérivés d’un prisme rhomboidal ohlicpie. — Densité : 2,71. — Point de fusion : 37“,7 à 40®, 5. — Perd de l’eau et de l’acide chlorhydrique par la chaleur, en se changeant partiellement en oxychlorure. — Sohibilité ; 200 parties de sel supposé sec, dans 100 parties d’eau àl5“. — Très oxydable.
lüiO. Prépab.vtion par l’étaln et l’acide chlorhydrique. — ÜH iiilroduiL dans un malras 730 grammes d’élain en grenaille el on verse sur lui, peu à peu, 00 giammes d’acide chlorhydrique concenlré. L’altaque du mêlai commence d’ordinaire à IVoid el élève la lempéralure du mélange. Kn hiver, on commence la l’éaclion en cliaulïanl le malras pendanl quelques inslanls. Il se fail du prolochlorure d’étain el de l’hydrogène :
Sn + HCl = SnCl q-11.
Lorsque le dégagement gazeux se ralentit, on chauffe doucemenl vers 70% mais sans porterie liquide à l’ébullilion. La dissolution du mêlai se poursuit alors jusqu’à ce que la liqueur ait une densité égale à 2,0':^0 ou 2,100. On laisse déposer, on sépare })ar décantation les tlocons métalliques provenant de la dissolution incomplète de l’étain, et on abandonne le liquide à lui-mème. Le sel cristallise peu à peu par refroidissement.
On égoutte les cristaux et on les conserve dans des vases soigneusement bouchés. Le protochlorure d’étain absorbe, en effet, l’oxygène de l’air bumide et se transforme, parliellement en bichlorure, partiellement en oxychlorure; l’oxydation est plus ra})ide dans les liqueurs diluées.
1027. Propriétés. — Le protochlorure d’étain donne avec une petite quantité d’eau une solution limpide. Si l’on dilue beaucoup celle dernière, le liquide se trouble el de l’oxychlorure d’étain se précipite, tandis que la liqueur relient de l’acide, chlorhydrique libre. L’addition de ce dernier acide au mélange, emjièche la formation du précipité ou le redissoul.
10^27. — PROTOCHLORURE D’ÉTAIN.
Ce sel est un agent de réduction très énergique. Sa solution décolore le permanganate de potasse ; elle réduit l’acide chromique à l’état d’oxyde de chrome; elle précipite le bichlorure de cuivre dans sa solution verte, à l’état de protochlorure incolore ; elle transforme à l’ébullition le minium ou l’oxyde puce de plomb en chlorure de plomb blanc ; elle donne un précipité de bleu de Prusse quand on l’ajoute au mélange brun, mais limpide, de perchlorure de fer et de ferricyanure de potassium.
E. — Bicliloi'urt> (l'étain.
Équiv. : SnCl- = 130 = 2 roL P. mol. : Sn-CP = 260 = SnCl* = i vol.
10“28. Synonymes : Chlorure stannique, perchlorure d’étain.
Sel anhydre. — Synonyme : Liqueur fumante de Libavius. — Liquide incolore, fumant très abondamment à l’air humide. — Densité : 2,267 à 0'. — Point d'ébullition : 120“ sous la pression 0"“,767. — Densité de vapeur ramenée à 0“ et à la pression 0™, 760 : 0,1907 par rapport à l’air; 132,5 par rapport à l’hydrogène. — Absorbe l’humidité de l’air en produisant l’hydrate à 5 équivalents d’eau.
Hydrate a 5 équivalents d’eau: SnCl* + 5 HO. — Synonyme : Oxymuriate d’étain.
— Prismes rhomboïdaux obliques, incolores, fusibles à 80°, perdant de l’eau et de l’acide chlorhydrique à une température plus élevée, en donnant du bioxyde d’étain ; perdant un équivalent d’eau dans le vide sec. — Solubilité dans l’eau considérable.
— Décomposé jiur ébullition prolongée avec l’eau.
Hydr.ytes à 1, 3, 8 et 0 équivalents d’eau.
1029. Par l’étain et le chlore. — L’appareil dont on fait lisage se compose (fig. 291) d’une cornue de verre G, tubulée, d’une capacité de 250 centimètres cubes, à la tubulure de laquelle est adapté, au moyen d’un bouchon fermant exactement, un tube de verre t, une fois recourbé et pénétrant jusque vers le fond de la cornue. Le col de cette dernière est fixé à celui d’un ballon B, tubulé et à long col, au moyen d’un bouchon percé. Enfin le bouchon qui ferme la tubulure du ballon est traversé par un tube n , recourbé une fois. L’appareil doit être préalablement desséché avec soin, l’eau détruisant le produit qu’il s’agit de préparer. La cornue est disposée sur un petit fourneau à gaz et le ballon est plongé jusqu’à sa tubulure dans une terrine remplie d’eau froide. On place dans la cornue 30 grammes d’étain, qu’on liquéfie en chauffant la panse de la cornue bien protégée par une toile métallique. Les choses étant ainsi disposées, on fait arriver par le
JUNGFLEiscH. — Manip. de chimie. 43
ÉTAIN
lube t, adapté à la tubulure de la cornue, un courant de chlore gazeux (§ 044) produit dans le ballon A, et desséché à l’acide sulfurique dans les flacons laveurs L et K.
L’orifice du tube t, ({ui amène le chlore, étant à quelques millimètres seulement au-dessus de la surface du métal fondu, la combinaison s’elfectue avec un dégagement de chaleur considérable, et même, si le courant de chlore est rapide, avec production de phénomènes lumineux. Le bichlorure d’étain est accompagné de prolochlorure si le gaz est amené lentement, mais à la température de fusion du métal, il distille seul et se condense dans le ballon refroidi, tandis que le protocblorure se change en bichlorure par
l’intervention d’une nouvelle quantité de chlore. Finalement la' panse de la cornue se vide et tout le métal, à l’état de bichlorure, j passe dans le ballon. Le produit, blanc lorsqu’ilest pur, esllc j)lus'| souvent coloré en jaune par des traces de chlorure ferrique ouf par un excès de chlore. ^
L’absor})tion du gaz se fait d’autant mieux que l’orifice d’arrivée du gaz est plus voisin de la surflice métallique. Si du cldore non combiné s’échappe parla tubulure du ballon, il est nécessaire de relier le tube n à un second tube courbé, plongeant dans un lait de chaux ou dans une dissolution de potasse, quiabsorbentlegaz.
Lorsqu’il s’agit de produire une plus forte proportion de bichlorure d’étain, on place un réfrigérant de Liebig entre la cornue et le ballon.
1029. — lllCHLOUUUE IJ’ETAIX.
l’our piinlier le produit, on le met en contact pendant quelque temps avec un peu d’étain, qui se combine au chlore en excès, mais reste sans action à froid sur le bichlorure d’étain anhydre; on décante et on rectifie ensuite en recueillant ce qui passe dans le voisinage de 1^0".
Le bichlorure d’étain anhydre doit être conservé à l’abri de l’air, dans un vase bien sec. L’eau, en agissant sur lui en quantité limitée, le transforme en hydrate à 5 équivalents d’eau.
1030. Bichlorure d’étain cristallisé. — Ce sel hydraté s’obtient plus sim[)lement eu faisant agir un oxydant sur le pi’otochlorure d étain. Pour cela, on opère d’ordinaire sur l’eau mère de cristallisation du protochlorure (§ 1026).
Opérant dans un rnatras, on fait passer un courant de chlore (vi Cil) dans celte solution saturée et on chauffe doucement ; le chlore s’absorbe et le protochlorure d’étain passe à l’état de bichlorure. Lorsque le gaz cesse de se dissoudre, on laisse refroidir et le bichlorure hydraté cristallise.
On peut encore additionner la solution de protochlorure d’étain de la moitié de son volume d’acide chlorhydrique, chauffer, puis verser par petites portions, dans le mélange, de l’acide azotique; celui-ci agit comme agent d’oxydation et par suite de cldoruration, son action oxydante se portant sur l’acide chlorhydrique en présence. Il se dégage, à chaque affusion de réactif, des vapeurs rutilantes abondantes. Bientôt la liqueur grisâtre et opaline, devient jaune et s’éclaircit; ce point atteint, on laisse refroidir et le sel cristallise avec 5 équivalents d’eau. La concentration de la liqueur la plus favorable à la cristallisation correspond à la densité 1 ,90 (70’ Baumé), à l’ébullition.
ANTIMOINE
Équiv. : Sb= I20 = P. aiom.
1031. Synonyme : Régule d’antimoine. — Métal i/anc, brillant, dur, ii cassure lamelleuse, à surface marquée de cristaux arborescents, décrit pour la première fois paj- Basile Valentin à la fin du quinzième siècle. — Cristallise en rhomboèdres. — Densité : 6,71 à 6,86. — Point de fusion : 45(1°. — Volatil et distillable à l’abri de l’air, au rouge blanc.— Chaleur spécifique : 0,0507. — Coefficient de dilatation : 0,0033 — Inaltérable à l’air froid ; combustible à chaud.
ANTIMOINE
1032. Préparation par le sulfure d’antimoine et le fer. — Le sulfure d’antimoine naturel ou stibine est le principal minerai d’antimoine. On peut le transformer en antimoine en lui enlevant son soufre au moyen d’un autre métal, le fer, par exeuiple.
On pulvérise 30 grammes de sulfure d’antimoine naturel et on les mélange dans le mortier avec 30 grammes de carbonate de soude sec. On introduit le tout dans un creuset, en répartissant dans la masse 15 grammes de fer sous forme de 01 de fer ou de pointes de Paris fines. On couvre le creuset et on le porte au rouge vif, dans un fourneau à réverbère. La réaction engendre du sulfure de fer et de l’antimoine :
Sl)S3 + 3Fe = 3FoS + Sb.
Le carbonate de soude fondu dissout le protosulfure de fer et le sépare de l’antimoine, en formant une scorie beaucoup moins dense que ce métal. On agite plusieurs fois la masse avec une tige de fer, puis, la réaction étant terminée, on laisse refroidir. En cassant ensuite le creuset, on trouve sa partie inférieure occupée par un culot d’antimoine, que l’on sépare mécaniquement de la scorie fragile qui le recouvre. Le métal obtenu par ce procédé est toujours chargé de fer.
1033. Purification. — Le métal que fournit le commerce est également fort impur. 11 est ciiargé de fer, de plomb, de cuivre, de soufre, d’arsenic, etc. Il doit être purifié avant de servir aux diverses préparations dont il sera question plus loin.
A cet effet, on fond l’antimoine (48 grammes) avec du sulfure d’antimoine pulvérisé (3 grammes) et du carbonate de soude desséché (G grammes). On place le mélange dans un creuset fermé, que l’on porte au rouge dans un fourneau à réverbère. On maintient la masse en fusion pendant une heure, en l’agitant de temps en temps avec une tige de fer. Le sulfure d’antimoine transforme eu sulfures les métaux étrangers et une partie de l’arsenic; ces sulfures forment avec le sel de soude fondu une scorie qu’il est facile de séparer après refroidissement. Le métal est soumis ensuite à une seconde fusion avec 0 grammes de carbonate de soude; dans la masse fondue, on projette peu à peu, par petites portions et en agitant, 2 grammes d’azotate de potasse pulvérisé. Ce dernier oxyde