ANTIMOINE MÉTALLIQUE
l’arsenic et le transforme en arséniate de sonde. La séparation de l’arsenic n’est complète dans ces circonstances que si l’antimoine est chargé de fer, celui-ci formant un sulfo-arséniure qui rend les réactions plus faciles ; on reconnaît la présence de ce métal à la coloration noire qu’il communique à la scorie. Lorsque le fer est absent de la scorie, on ajoute i gramme de sulfure de fer. On maintient la masse en fusion pendant une heure.
Pour obtenir de l’antimoine bien purifié, il est utile, entre la première et la seconde fusion indiquées ci-dessus, de fondre le métal avec du carbonate de soude seul, afin de séparer complètement la scorie du premier traitement.
Finalement, on fond le métal et on le coule dans une lingotière. Cet instrument est constitué par un bloc de fonte ou de bronze, qui porte des cannelures dans lesquelles on verse le métal liquide; celui-ci, en se solidifiant, conserve la forme des cavités qui lui ont servi de moule.
A. — Oiyilo fl’untinioinc.
Équiv. : SbO-^ = 144. P. mot. : Sb^O'’’ = 288 = Slr^ô-L
1031. Synonymes : Protoxyde d’antimoine, trioxyde d’antimoine.
Oxyde anhydre. — Synonymes : Anhydride antimonieux, fleurs argentines d’antimoine, valentinite, exitèle, sénarmontite. — Composé incolore, connu dès le commencement du quatorzième siècle. — Dimorphe : cristallise en prismes rhomboïdaux droits ou en octaèdres réguliers (isodimorphe avec l’anhydride arsénieux).
— Densité : Z, It (prismatique); 5,11 (octaédrique). — Devenant jaune à chaud.: — Fusible au rouge. — Sublimable. — Insoluble dans l’eau.
Oxyde hydraté : SbO’,HO. — Synonyme : Hydrate antimonieux, acide antimonieux.
— Composé amorphe, instable, se transformant en oxyde anhydre dans l’eau chaude.
— Soluble dans les alcalis.
1035. Par oxydation de l’antimoine. — On place 30 grammes d’antimoine métallique dans un têt de 10 centimètres de diamètre; on recouvre celui-ci d’un autre têt semblable (fig. 292), dont le fond est percé en son milieu d’un petit trou, et sur les bords duquel on a pratiqué quelques entailles destinées à donner accès à l’air dans l’appareil. On chauffe le têt inférieur jusqu’à fusion du métal et même un peu au delà. A cette température, l’antimoine absorbe l’oxygène de l’air et donne de l’oxyde d’antimoine, qui se dépose à la surface du métal ou sur les parois des têts, sous la
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forme de longues aiguilles brillantes et incolores. La tempéralure ne doit pas être assez élevée pour fondre ces cristaux, c’est-à-dire dé])asser le rouge sombre.
La (juantité de produit étant suflisante, on laisse refroidir et on sépare les aiguilles ciâstallines, qui sont des prismes rhomboïdaux droits, le plus souventaccompagnés de quelques octaèdres.
Ces derniers sont d’autant moins abondants que l’air s’est renouvelé plus facilement entre les deux têts.
L’oxyde octaédrique, sublimé dans le même appareil, se change en oxyde ])rismatique.
L’oxyde d’antimoine absorbant à chaud l’oxygène de l’air j)Our former de l’antimoniate d’oxyde d’antimoine SbO\SbÜ% ce dernier se trouve fréquemment mélangé à l’oxyde d’antimoine SbO'^ dans les Heurs argentines.
103G. Par précipitation. — l/oxyde d’anlinioine liydralé s’obtient par précipitation. Pour cela, on verse, en agitant, une solution froide et diluée de protoclilorure d’antimoine dans une solution, froide également, de carbonate de soude. II se dégage de l’anhydride carbonique, il se forme du cblorure de sodium et l’oxyde hydraté insoluble qui se précipite:
SbCP -P 3 (COpNaO) -P 110 = SbO^ 110 -p 3 NaCl + 3 CO^.
On lave ce dernier à l’eau froide et par décantation.
L’oxyde hydraté ne peut être préparé ni lavé à chaud sans devenir cristallin et se transformer en oxyde anhydre. Cette transformation s’opère toujours rapidement, même quand on opère à froid.
La réaction pratiquée à chaud, constitue une bonne préparation de l’oxyde d’antimoine aidiydre. Le produit doit être maintenu en ébullition pendant quelque temps avec un excès de carbonate de soude pour assurer la décomposition de l’oxychlorure qui se forme d’abord.
IL — Anliydriilc o( aridOH antinionique»*.
1037. Aniiydriûe antimonique : Sb'O'L — Synonyme : Pentoxyde d’antimoine. — Composé blanc ou Icgcrcment jaune, pulvérutent, de densite 0,6, décoiuposable au rouge en perdant de l’oxygène et en formant l’anliinoiiiate d’oxyde d’antimoine SbO’,SbtP. — Insoluble dans l’eau et les acides.
1037. — ACIDES ANTIMONIQUES. 670
Acide ântimonique monobasique: SbO®,HO. — Synonymes : Matière perlée de Kerkringius; devrait être appelé acide méta-antimonique. — Acide monobasique, comparable à l’acide métaphospliorique, contenant en plus de la formule précédente, quand il a été desséché à l’air froid, 4 équivalents d’eau qu’il perd par dessiccation à chaud. — Pulvérulent, jaune, presque insoluble dans l’eau à laquelle il donne cependant une réaction acide, insoluble dans l’ammoniaque, soluble dans l’acide chlorbydricpie et dans les lessives alcalines.
Acide antimonique bibasique : SbO^'2 110. — Synonymes : Acide méta-antimonique ; devrait être appelé acide pyro-antimonique. — /Icide comparable à 1 acide
pyrophospliorique. — Précipité blanc, contenant en plus, quand on le précipite, 2 HO qu’il peiai à lOO". — Plus soluble dans l’eau que le précédent, soluble dans l’ammoniaque, insoluble dans l’eau acidulée. — Peu stable; se transformant en acide monobasique, rapidement à 200% lentement à des températures moins élevées.
1038. PuÉPAiiA'rioN DE l’acide monodasique, — On traite dans lin ballon 20 grammes d’antimoine métallique concassé, par une eau régale très riche en acide azotique, soit par un mélange de 60 grammes d’acide azotique avec 20 grammes d’acide chlorhydrique. U se dégage des vapeurs rutilantes et le métal se change peu à peu en une matière pulvérulente jaune. On facilite la réaction en chauDant le ballon. L’oxydation terminée, on remplit le ballon d’eau, et on laisse déposer l’acide antimonique qu’on lave ensuite à l’eau distillée, par décantation avec tiltration. On recueille le produit sur le filtre, on l’essore et on le sèche à l’étuve à 100'’, ou même à l’air, entre deux feuilles de papier à filtrer. Dans ce dernier cas, il retient une plus forte proportion d’eau, ainsi qu’il a été dit plus haut.
1039. Préparation de l’acide bibasique. — Le perchlorure d’antimoine SbCD se dissout dans une très petite quantité d’eau; mais, si on le met en contact avec un e.xcès de ce liquide, il se décompose en donnant de l’acide chlorhydrique et un oxychlorure ShCFO”,
ShCP -f “2HO=2 IICl -f ShCPO^;
puis ce dernier se détruit lui-même sous l’action de l’eau en excès, pour donner de nouveau de l’acide chlorhydrique ainsi que de l’acide antimonique hihasique, qui reste insoluble pour la plus grande partie. On laisse déposer le précipité et on le lave par décantation avec le moins possible d’eau froide, ce liquide le dissolvant très notablement.
11 forme avec les hases deux classes de sels, comparables à celles des pyrophosphates ; des sels acides ShO'',HO,MO, appelés d’abord bi-métaantimoniates par M. Fremy, et des sels neutres SbO^,2MO, appelés métaantimoniates neutres.
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