C. — Chlorure de plomb
Equiv. : PbCl = 138,5. F. atom. : rbCD = 277.
10S2. Synonyme ; Plomb corné. — Sel incolore, anliydre, à écl.at soyeux, cristalli.sant en lamelles dérivées d’mi prisme rhomho'idal droit. — Densité : 5,80 (eristallisé) ; 5,G8 (fondu). — Fusible au-dessous du rouge; solidiliable en une masse cornée, transluciile. — Volatil au rouge. — Solubilité: 1 partie dans 1030 parties d’e.au adilitionnée d’acide chlorhydrique à 10“,5 ; ;2,500 parties dans 1 partie d’acide chlorhydrique froid, de densité 1,116. La solution aqueuse précipite par l’aeide chlorhydrique et la solution chlorhydrique précipite par l’eau.
108.S. PrKPAR.VTION P.'lR la UTIIARGE ET l’âCIDE CHLORHY- DRIQUE. — On ch;iiiiïe dans une capsule de porcelaine 20 grammes de lilliarge pulvérisée avec 50 grammes d’acide chlorhydrique concentré. La matière solide, d’nn jaune plus ou moins rosé, blanchit rapidement et se change bientôt complètement en clilorure de plomb blanc ;
PbO + HCl = Pbfll -f HO.
PLOMI5,
On ajoute de l’eau au mélange décoloré et, après agitation, on laisse déposer; le sel, en partie dissous dans l’acide chlorhydrique, se précipite à peu près coniplèlemenl par la dilution. On le lave à l’eau IVoide, par décantation, jusqu’à ce que les liqueurs de lavages soient neutres au tournesol, puis on l’égoutte sur un liltre et on le sèche à l’air entre deux feuilles de pa|)ier à* filtrer.
Le chlorure de plomb ainsi préparé est amorphe ou en cristaux très petits. Pour le faire cristalliser plus nettement, après l’avoir lavé à l’eau comme il vient d’être dit, on verse la bouillie obtenue dans 500 grammes d’eau distillée, maintenue en ébullition dans une capsule; sous l’inlluence de la chaleui-, le chlorure de plomb se dissout i)oiir la plus grande partie. On vei'se la liqueur sur un filti'e disposé dans un entonnoir échauffé à l’avance ; le sel étant plus soluble à chaud (pi’à froid, la liqueur claire dépose, par refroidissement, des lamelles nacrées et incolores de chlorure de plomb. On obtient un jirodiiil plus beau quand on retarde le refroidissement delà dissolution, quand, jiar exemple, on plonge le vase qui reçoit la li({ueur filtrée, dans un autre rempli d’eau bouillante. On recueille les cristaux sur un filtre et on les laisse égoutter, puis on les sèche à l’air froid, en les tenant abrités des poussières de l’atmosphère.
I08i. Par un sel de plomb soluble et l’acide chlorhydrique — On verse de l’acide clilorhydrique ou un chlorure soluble dans une dissolution d’azotate ou d’acétate de plomb ; le chlorure de plomb se précipite. On lave le précipité, et on le fait cristalliser comme il a été dit plus haut (§ 1083). Si la solution plombique est chaude et diluée, elle reste limpide quand on l’additionne du réactif, mais dépose des cristaux par refroidissement.
D. — lodurt* dp plomb.
Équiv. : Pbl = 230,r). F. atom. : PbP = 4G1.
1080. Sel d’un beau ;aune tl'or, cristallisable on lamelles hexagonales. — Densité: 0,11. — Hougissanl de |)lus eu plus par l’action delà chaleur, et passant au rouge brun foncé. — Fusible au-dessous du rouge; volatil au rouge vif. — Solubilité : t partie dans P235 parties d’eau froide ou dans l'd-t parties d’eau bouillante. Solution incolore.
1080. Prép.vr.vtion par l’azotate de plomb et l’iodure de POTASSIUM. — On dissout 30 grammes (l’azotate de plomb cristallisé dans 125 grammes d’eau; d’un autre côté, on dissout 30 grammes
1080. — lOUUllE ÜE PLOMB.
[ d’iodure de potassium dans une seconde quantité d’eau égale à la première. Les deux liqueurs étant limpides et froides, on verse peu à peu, en agitant, la seconde dans la première, jusqu’à ce qu’elle cesse d’y produire un précipité. 11 se forme, par double décomposition, de l’azotate de potasse soluble et de l’iodure de plomb qui se précipite sous la forme d’une poudre d’un jaune vif:
-AzO^I'bO +KI = PbI + AzO^KO.
On lave le précipité à l’eau froide, par décantation et fdti'ation, jusqu’à ce que les eaux de lavage ne laissent par évaporation qu’un résidu peu sensible ; on l’égoutte ensuite sur le liltre et ou le sèche à une douce chaleur.
L’iodure de plomb est plus soluble dans l’eau à chaud qu’à froid; il se dépose en lamelles cristallines, très brillantes, par le refroidissement de sa dissolution aqueuse saturée à chaud. Pour l’obtenir cristallisé, on opère comme il a été dit pour la préparation du chlorure de plomb cristallisé (§ 1083), c’est-à-dire qu’on sature avec ce sel de l’eau distillée bouillante, qu’on filtre à chaud et qu’on laisse refroidir le plus lentement possible. On recueille les cristaux sur un liltre, puis on les sèche à une douce chaleur, entre deux feuilles de papier buvard.
E. — Azotate do plomb neutre.
Éqiiiü. : AzPbO'' ou AzO^,PbO 165,5. F. atoni. : rbAz-O® =331.
1087. Sel incolore, inaltérable à l’air, cristallisant en octaèdres réguliers, opaques cl durs, ne contenant pas d’eau de cristallisation. — Densité : Décrépite par la
chaleur, puis se décompose. — Solubilité : 1 partie dans 2,58 parties d’eau à U° dans 1,05 parties à 20“; dans 0,72 de partie à 100°. — Forme avec l’oxyde de plomb plusieurs sels basiques. «
1088. Préparation par le protoxyde de plomb et l’acide AZOTIQUE. — On chaulîe dans une capsule de la litharge avec dix fois son poids d’eau et on ajoute peu à peu de l’acide azotique, non seulement pour produire la dissolution complète de l’oxyde, mais encore en quantité suffisante pour donner à la liqueur une réaction acide marquée. On filtre s’il est nécessaire. On évapore la solution jusqu’à ce qu’elle commence à donner à l’ébullition des indices de cristallisation, puis on la laisse refroidir lentement. Le
PLÜ.MIÎ.
sel SC dépose en cristaux parfois assez volumineux. Un rcyoullc et on le sèche à faii’.
On peut retirer l’azolate de plonih des liqueurs provenant de la préi)aralion du bioxyde de plomb par le minium et l’acide azoti- ([ue (vi 1070). Ces liqueurs contenant de l’azotale» de ])lomb, on les évapore et on les fait cristalliser de la même manière que la solution précédente. Comme elles sont chargées d’un excès notable d’acide azotique libre, elles fournissent des crislaux plus trans- })arents que les solutions neutres ou presque neutres.
On purihe le sel par des cristallisations répélées dans l’eau.
Pour avoir des cristaux bien formés, on doit pousser la concentration des solutions jusqu’à ce que, bouillantes, elles niaiquent 'l,5dau densimèire (50" baumé).
F. — C'nrbonatt^ tic ploiiil».
Équiv.: GHjO'^ ou CO-, l’bO 133,5.
P. mol. : C^PI)*06 ou C-0*, “J PbO ^ 267= CrbU>.
1U80. Sijnü)iijme : Cérusite. — Sel incolore, cristallisahle en prisuies rhomboulatu Uruits. — Densité : 6,5. — Insoluble ilans l’eau, même char^^ée de ^mz carlioiiiquc. — l'crcl son acide carbonique par la chaleur. — La cêru.se est un mélan^m à proportions variables de carlionate de plomb et d’oxyde de plomb liydralé.
1Ü90. PUÉPARATIUN l'AK l’aZOTATE DE l'LÜMB ET LE CAltBONATE UE SOUDE.
— Ouaud OU mélange des solutions d’azotate de plomb et de carbonate, de soude, le précipité blanc qui se forme possède une composition variable avec les conditions de l’opération, lies solutions étant concentrées, froides et mélangées à équivalents égaux, il se précipite un bydrocarbonate de composilion 6(CO“, l*bü) -f-PbO, IlO-f-HO. A mesure que les solutions sont plus diluées et })lus chaudes, la proportion de carbonate diminue; avec des licpieurs étendues et bouillantes, le produit obtenu correspond à la formule 3(Cü'^,PbU) -j- PbO, 110. En présence d’un excès de carbonate aæalin, la proportion de carbonate de plomb est encore réduite: 2(GO'^, PbO) -f PbO, HO.
Tous ces précipités peuvent être lavés })ar décantation, égouttés sur des libres et séchés à l’air.
1091. Par l’acétatk rasique de l’i.oMn et le eaz carromqi e.
— Celle mélhotle esl celle (jii’cmploie l’indusluie pour la faOrication de la cémse par le procédé de Clic lu/.
Les princiitcs sur lesquels elle rei>ose soiil les suivanls: 1" une soltilion d’acélatc basique de plomb donne, avec le yaz car-
1091.— CARBONATE DE l'I.Ü.MIi.
bonique, un précipité de céruse et de racélale neutre de })loinb; 5“ l’acétate neutre de plomb, au contact de l’oxyde de plomb, se transforme en acétate basique de plomb. Ces deux faits permettent, avec une quantité limitée d’acétate neutre de plomb, de transformer en céruse des quantités théoriquement illimitées d’oxyde de plomb et de gaz carbonique.
L’appareil dont on se sert se compose d’un ilacon tubulé A (lig. 293;, producteur de gaz carbonique (ji 75,3), d’un Ibicon laveur L contenant de l’eau pour arrêter l’acide chlorhydrique entraîné, et d’un troisième flacon F, au fond du([uel le gaz lavé
est amené par un tube recourbé; ce dernier Ilacon renferme la solution d’acétate basique de plomb qu'il s’agit de soumettre à l’action du gaz carbonique.
Pour préparer cette solution (voy. Acétate l)asique de plomb), on dissout 30 grammes d’acétate neutre de plomb cristallisé dans 1,50 centimètres cubes d’eau, et on chautfe la liqueur vers 100", dans une capsule de porcelaine, avec 10 grammes de lilharge pulvérisée. L’acétate de plomb C^IPPbO‘ s’unit à cette dernière, qui se dissout, pour former des acétates basiques de plomb, l’acétate triplombique principalement :
GMFPbO^ -f 2 PbO -P “2110 = (?lFPl)Oh “2(PbO, 110).
PLOMB
On liltre pour séparer la lilliarge en excès et on introduit la liqueur refroidie dans le llacon F.
Fa même solution peut être obtenue en traitant un excès de litharge par de l’eau chargée de 7 à 8 pour 100 d’acide acétique.
L’appareil étant disposé, on provoque en ‘A le dégagement du gaz carbonique. Dès que ce dernier arrive au contact de la solution de plomb, il détermine la formation d’un abondant précipité blanc. On continue à faire arriver le gaz tant que ce précipité augmente de quantité. Ooaiid on agit, ainsi qu’on le fait dans l’industrie, sur une solution froide et marquant sensiblement l,ld' au densimètre (18" Daumé), le précipité présente une com[)Osition à [)eu près constante et représentée par la foimulc2(Cü%PbO)-f Pb0,110:
BLCMFPbOb "2(Pbü,110)J -P 4CO“ =
B CMFPbO‘ + 2 [2(CO‘P PbO) + PbO, IlOj + 4 110.
La cérusc ainsi produite est moins riche en carbonate de plomb, et aussi moins opaque, que celle fournie par le ‘procédé hollandais.
Ouand la précipitation est terminée, on laisse reposer le mélange ; la cérusc se sépare. On décante sur un fdtre la liqueur éclaircie, on lave par décantation le précipité à l’eau distillée; linalement on le verse sur le filtre où il s’égoutte, puis on le sèche entre deux feuilles de papier à filtrer, soit à l’air libre, soit à l’étuve. L’eau mère et les eaux de lavage contiennent l’acétate
neutre de plomb. Ce dernier pourrait être conservé pour une nouvelle opération, ainsi que cela se pratique dans l’industrie.