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II. — m.MTKOliK.NZINE

mol. : C‘-^ll‘(AzOb- = 168 = 4 vol. = C'IlHAzOb^.

liai. Synonymes : Mélu-dinitroltcnziiu*, iliiiilroljciiziiic ordinaire. — Composé jaune clair, cristallisé en longs prismes rhomboidaux brillanls, découvert par H. Sainte- Claire Deville en 1841. — Point de fusion : 89", 'J. — Insoluble dans l’eau; très soluble dans l’alcool. — Isomère de l'orlhodinilrobemine et de la para-dinitrobemme.

1195. IbtÉPAUA'rioN. — On introduit dans un inatras de ^50 centimètres cubes, 00 granimcs d’acide azotique l'umant et on y verse, jieu à peu, en agitant et en entourant le matras d’eau froide, 00 graiiunes d’acide sulfurique concentré. Dans le mélange refroidi, on verse jiar petites jiortions de la nitrobenzine, jusqu’à ce que celle-ci cesse de se dissoudre sous l’intluence d’une agitation jirolongée. On porte alors le mélange à une température voisine de celle à laquelle il entre en ébullition, et on l’y maintient pendant dix minutes. On laisse refroidir. La binitrobenzine cristallise partiellement pendant le refroidissement. On verse en filet toute la masse froide dans 500 ou 000 centimètres cubes d’eau maintenue agitée : la binitrobenzine se précipite. On recueille sur un lillrc la masse cristalline, on la lave à l’eau, puis on la sèche; ce traitement se fait plus vite et mieux à la trompe, par essorage et lavage du précipité recueilli sur un tampon d’amiante ou de fulmi-coton 385). Le produit est séché à l’air entre deux feuilles de papier buvard.

Pour purifier la binitrobenzine, on la dissout dans le moins possible d’alcool bouillant. Dans ce but, on la ebaiine au bainmarie, dans un matras, avec peu d’alcool; ce dernier étant agité à l’ébullition avec le produit solide, on ajoute peu à })eu du dissolvant jusqu’à disparition complète des cristaux. On libre au papier dans un second matras semblable au jiremier, et on laisse cristalliser par relroidissement.

P. mol. : C-oiP t"28 — 4 vol. — E“>lt»*.

1196. Synonymes : Diacélylopbénylènc. -- Hydrocarbure incolore, crislallisanl cil

1 1%. — NAlMITAÜiNE.

inagiiirKiues lamelles dérivant d’un prisme rliomhoidal droit, découvert par (larden en 1820. — Densité: 1,158 à 18»; 0,0778 à 79",2. — Point de fusion : 79%2. — Point d'ébullition : 216‘’,6. — Insoluble dans l’eau; soluble dans l’alcool bouillant et dans l’étlier.

1197. l*iiÉP:VnATiON. — La naphtaline est exlraile du goudron de houille. Ce dernier étant soumis à la distillation, on isole les ))roduits volatils entre 180" et 2“20" et on les abandonne au refroidissement. Après plusieurs jours, ils sont pris en une masse cristalline que l’on égoutte et (|ue l’on met à la presse, aliu de séparer des cristaux le liquide qui les mouille. On introduit le pain sorti de la presse dans un ballon de dimensions appropriées, on ajoute de l’eau additionnée de soude caustiiiue et ou chaulle au bain-marie. Ou agite la naphtaline fondue avec la liqueur alcaline : celle-ci dissout les phénols dont les produits extraits du goudron, aux températures indiquées ci-dessus, sont toujours souillés (voy. Phénol). On laisse refroidir; l’hydrocarbure cristallise et la li(jueur aqueuse peut alors se séparer aisément. On la remplace dans le ballon par de l’acide sulfuriijue dilué, qui dissout certains produits et notamment les alcalis; pour assurer ce résultat, on chaulTe de nouveau au bain-marie et on agite les deux liquides superposés. Après un second refroidissement, la solution acide est séparée du pain de naphtaline, et ce dernier est lavé à l’eau. L’hydrocarbure peut ensuite être sublimé (§ 1198), mais il est préférable de le soumettre à la distillation fractionnée, en recueillant à part ce qui passe au voisinage de 2 IG".

A cet effet, on opère dans un appareil distillatoire formé d’une cornue tubulée munie d’un thermomètre, et d’un ballon lubulé à long col, que l’on réunit l’un cà l’autre par un tube de verre mince et de fort diamètre. On ne refroidit pas l’appareil par l’eau pendant la distillation, le contact de l’air suffisant pour assurer la liquéfaction des vapeurs. En outre, on pousse l’opération assez rapidement pour que l’appareil, au moins jusqu’au corps duballon, soit maintenu aune température supérieure au point de fusion de la naphtaline. 11 est bon que le tube fixé à la tubulure du ballon soit très large pour éviter son obstruction par les cristaux; on doit d’ailleurs veiller sans cesse à ce que cet accident ne se [troduise pas.

]jCS petites difficultés que l’on rencontre à distiller un corps qui est solide au-dessous de 79", font ([ue l’on préfère souvent distiller la naphtaline en rentraînant par un courant de vapeur d’eau.

1198. SuBLi.MATioN. — Lc pliis Ordinairement on se conlenle de sublimer la naphtaline. Dans ce but, on opère ainsi qu’il a été indiqué plus haut d’une manière générale (§ 253, lig. 153), en condensant riiydrocarbure dans un cône de carton. On chaulfe doucement le camion ou la marmite de fonte, afin de ne pas produire une volatilisation trop rapide. 11 est nécessaire, en eff^et, pour éviter la liquéfaction des cristaux formés en bas du cône de carton, que la température n’y atteigne jamais TOb point de lusîon de la naphtaline. D’ailleurs, la condensation ne s’opérant

Jü.VGFLEIscH. — Miulip. tic cbimie, i'.i

GAKI5UIIES D’HYDROGÈNE.

qu’avec lenteur, si l’arflux des vapeurs devient trop considérable dans la [)artie supérieure de l’appareil, le produit s’échappe en abondance par le sommet du cône, se })erd, et en même temps rend l’atmosplière du laboratoire pénible à respirei'. On recueille les cristaux à la manière ordinaire (i;

La belle apparence de la naphtaline sublimée n’est pas une preuve de pureté. Les cristaux incolores obtenus avec la naphtaline brute ne tardent pas à jaunir sous l’influence simullanée de l’air et de la lumière.

F. — .%nthracène.

I\ mol. : G2«lIio = 178 = 1. vol. = CiRRo.

1199. Sijnonijmes : Acélylodiijliénylèiic, paraiiaplilaliiio, pliotùiic. — Carbure d’Iijdrogèiie solide, incolore, nuorescent, cristal lisant eu lamelles clinorliombiqucs, découvert par Dumas et Laurent en 1832. — Point de fusion : 213®. — Point d’élmilition: 300®. — Densité de vapeur à 0® et sous la pression U^jTOÜ : 0,3 par rapport à l’air. — Vapeur colorée en jaune. — Insoluble dans l’eau et dans l’alcool l'roid; soluble dans l’alcool bouillant et les huiles légères de bouille.

l'âOO, Formation. — La matière colorante de la garance, l’alizarine, étant un dérivé d’oxydation de l’antliracène (MM. Graebe et Liebermann),

G28I18Q8 = C281DO — li^ -f 0'\

se transforme en anthracène par l’action des agents réducteurs, sous l’iiilluence du zinc en poussière notamment (1).

On mélange au mortier 2 grammes d’alizarine avec 80 grammes de zinc en poussière et on introduit le tout dans un tube en verre dellolicme, de 12 millimètres environ de diamètre, fermé par un l)out ; on dis[)ose au-dessus du mélange une colonne de 10 à 12 centimètres de zinc en })Oussière. Le tube doit être assez long pour qu’il reste vide sur une longueur de 20 centimètres. On le chauffe sur une grille à analyse (§ 88, lig. 45), après l’avoir frappé plusieurs fois sur la table, et parallèlement à celle-ci, de telle façon que la matière, en se tassant, forme un canal de dégagement suivant la génératrice supérieure du cylindre. On porte d’abord au rouge sombre la colonne de zinc non mélangé d’alizarine, puis peu à peu on avance le feu vers la partie fermée du tube. La décomposition de l’alizarine s’effectue et les vapeurs formées ne peuvent s’échapper sans traverser la couche de zinc qui achève leur transformation. On voit alors une substance liquide se condenser dans la par-

(1) La poussière devine n’est autre chose que du zinc très finement divisé, toujours plus ou moins mélangé d’oxyde, qui résulte du refroidissement brusque des vapeurs de zinc arrivant dans l’air froid; elle se recueille dans la fabrication du zinc, au commencement de la distillation du métal, alors que les appareils ne sont pas encore ccliaulîcs. C’est un réducteur précieux.

1“20U. — ANTHKACÈNE.

lie vide du tube, puis se solidilier par le refroidissement. Lorsque toute la longueur du tube occupée par le mélange a été cbaufl'ée au rouge sombre, on laisse refroidir, puis on détache à l’aide d’un couteau à verre ou d’une lime, la partie qui renferme le produit condensé. On dissout ce produit dans l’alcool bouillant, on filtre et on laisse refroidir, ce qui détermine le dépôt de cristaux d’anthracène. On égoutte ces derniers, on les essore et on les sèche entre des doubles de papier à filtrer.

1201. PnÉPARATiON. — L’anthracène s’extrait du goudron de houille. Il cristallise lentement dans les portions de ce goudron qui distillent au voisinage du point d’ébullition du mercure. On recueille le dépôt formé, on l’exprime pour chasser les huiles qui le mouillent, on le pulvérise, on le lave avec du sulfure de carbone employé en quantité limitée, ce véhicule dissolvant notablement l’antbracène lui-même, enlin on met de nouveau à la presse. L’industrie fournil de l’anthracène brut, exprimé à chaud, qui possède à peu près le même degré de [pureté que le produit fourni par le traitement précédent.

Pour achever la purification, on pulvérise 500 grammes d’antbracène brut, on les mélange dans un matras avec assez d’éther acétique pour former une bouillie claire, on ferme le matras par un bouchon que traverse un tube long et étroit, puis on le maintient pendant vingt-quatre ou trente-six heures à une température un peu inférieure au point d’ébullition de l’éther acétique (7 i"). Ou filtre à la trompe sur du coton (§ 355) et on lave de même le dépôt à l’éther acétique froid (§ 385), aussi longtemps que celui-ci passe coloré en brun. Après un dernier essorage, on étale le produit à l’air, sur du papier, pour éliminer l’éther acétique que l’essorage n’a pu enlever, on le dissout à l’ébullition dans l’acide acétique cristallisable, on filtre et on laisse cristalliser par refroidissement. On égoutte enfin le produit et on le sèche.

En général, on termine la purification de l’anlhracène en le sublimant. On l’introduit dans une vaste cornue dont il n’occupe pas plus que le dixième du volume total. On le cbaulîe, en maintenant la température au-dessus du point de fusion, mais sans aller jusqu’au point d’ébullition. Le carbure se sublime lentement et sa vapeur entraînée par les mouvements que prend l’air chaud à l’intérieur de la cornue, vient se condenser dans le col en belles lamelles incolores, à fluorescence violette.

Quand on tient plus à la quantité qu’à la forme, on opère dans une cornue tubulée et on entraîne, par un courant d’air rapide, les vapeurs qu’émet l’anthracène porté jusqu’à la température d’ébullition. L’air est amené à la surface du liquide par un tube fixé au bouchon de la tubulure. On obtient ainsi l’anthracène sous la forme d’une neige jaunâtre.

G. Térébcntliènc.

P. mol.: CHI‘«=136 = 4 vol. “

1202. Sijnonijme : Essence de térébciilhinc. — Carbure d’hydrogène /(V/an/C) incolore, à odeur caractéristique, constituant la plus grande partie de rcsscncc de tereben-

cAi;iiUi;ES iriiYimocEA’E.

tliinc, doue de propriétés variables avec la nature delà plante qui l’a fournie; en France, celle-ci est surtout le JHnus marüima. — Densité : 0,8707 à0“. — Point d'ébullition : I50“,5. — Indice de réfraction à 25° : 1,1648. — Lévogyre; pouvoir rotatoire : a„ — — i0'’32' ; le pouvoir rotatoire de l’essence du Pinus australis, dite essence anglaise, est de sens contraire : 18“9'. — Insoluble dans l’eau;

miscible avec l’étlier et avec l’alcool absolu.

1203. PulUFiCATiON. — L’esseiicc de lérébentliine du commerce est un mélange de lérébentliène avec divers composés provenant, pour la plupart, de la modilicalion isoméri([ue ou de l’oxydation du térébenlbène. Pour isoler ce dernier, on soumet l’essence de lérébentliine à la distillation fractionnée

“231 et suivants), en recueillant les portions du liquide qui bouillent au voisinage de 156". Le produit doit être conservé dans des vases exactement fermés, l’oxygène de l’air l’altérant rapidement.

1204. Tuansformation en téhéhene. — Sous l’iniluence de certains réactifs, l’acide sulfurique en particulier, le térébenlbène se change en un carbure isomère, \e térébène {U. Sainte-Claire Deville).

Lorsqu’on verse, sans précaution spéciale, de l’acide sulfurique concentré dans un malras contenant de l’essence de lérébentliine, une réaction des plus éncrgiijues se déclare aussitôt, et le dégagement de chaleur est tel que l’essence entre violemment en ébullition; le mélange prend une coloration brune très foncée. Le térébène est le principal produit de la réaction ; toutefois, pour le préparer, celle-ci doit être modérée.

A cet effet, on introduit dans un ballon de 500 centimètres cubes 250 grammes d’essence de térébenthine purifiée par distillation, on plonge le ballon dans l’eau froide, et on y verse peu à peu, en agitant vivement, 10 grammes d’acide sulfuriijue. Un dégagement de chaleur énergique se manifeste et le mélange se partage en deux couches. Après vingt-quatre heures de contact, pendant lesquelles on agile fréquemment, on décante la couche supérieure et on la soumet à la distillation. Tout d’abord il se dégage licaucoup d’anhydride sulfureux, puis le liquide distille; on recueille ce (|ui |)asse avant 250“. On traite une seconde fois ce liquide par 1/20 de son poids d’acide sulfurique coucciilré, en opérant comme on l’a fait avec l’cssoncc cllc-mêmc, puis on distille de nouveau. Par des fractionnements répétés 231 cl suivants), on isole le |troduil bouillant vers ISO"; c’est le térébène, liijuidc, incolore, mobile, inactif sur la lumière polarisée, beaucoup moins altérable (|ue l’essencc de térébenthine. Les |iortions les moins volatiles contienncnl du cymène provenant d’une réaction secondaire, ainsi que d’autres carbures.

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