ALCOOL ORDINAIRE
DiOS. Synthèse. — L’éthylène et l’acide sulfurique concentré restent en contact pendant fort longtemps sans réagir l’un sur l’autre. Toutefois, dans des conditions particulières d’agitation, l’éthylène est absorbé par l’acide pour former de l’acide élhylsulfurique :
cnii + miw = CRiss^iDo».
Ce dernier étant ensuite décomposé par l’eau, à chaud, fournit de l’alcool en régénérant de l’acide sulfurique (M. Rerlhelot):
CM1‘,S21D0« + II-02 = CRIW + S^ll^O^
La combinaison de l’éthylène et de l’acide sulfurique ne s’effectue aisément ((u’avec l’acide sulfuri(iue monohydraté; le mieux est de prendre de l’acide préalablement concentré, par él)ullition prolongée dans une capsule de porcelaine, cl refroidi à l’abri de l’air humide. Pour la même raison, il est nécessaire de partir d’élhylêne sec. Sur la cuve à mercure, on introduit ce gaz dans un llacon d’un demi-litre, bouché à l’émeri et bien sec, que l’on remplit seulement jusqu’aux deux tiers. Au moyen d’une pipette courbe (§ 418, lig. -07), préalablement garnie d’acide sulfurique, et dont on a fait pénétrer la pointe, sur le mercure, dans le goulot du llacon, on insuffle à l’intérieur de celui-ci -40 centimètres cubes environ de réactif. Cela fait, on enlève la pipette, on essuie avec du papier buvard les traces d’acide qui, échappées de l’instrument, souillent le mercure et la surface du flacon, puis on bouche avec soin ce dernier et on l’enlève de la cuve; il renferme, avec l’éthylène et l’acide sulfuricjue, un certain volume de mercure. On agite vivement pendant longtemps. Le mercure, à cause de sa fluidité et de sa grande densité, exerce ici une action mécanique très efficace; en divisant le gaz et l’acide, il établit leur contact sur une surface extrêmement considérable. Toujours est-il que, dans ces conditions, le gaz s’absorbe; après vingt minutes d’une agitation énergique, on renverse le flacon sur le mercure et on cherche à soulever son bouchon, la résistance que l’on rencontre indique qu’il y a eu absorption; lorsqu’on a ouvert le flacon, le mercure s’y précipite et montre que la réaction a porté sur une portion notable de l’éthylène. En opérant toujours sur le mercure, on remplace par de nouvel éthylène sec le gaz qui a disparu, et on renouvelle l’agitation. On arrive ainsi à faire absorber par les 40 centimètres cubes d’acide, 1 litre d’étbylène, soit un peu plus de 1 gramme. L’expérience dure environ trois quarts d’heure et exige prés de 3000 secousses.
L’acide éthylsulfurique étant formé, pour le changer en alcool, on sépare du mercure, par décantation, la liqueur acide et colorée que contient le flacon. On l’introduit, peu à peu et en agitant, dans une cornue de 500 centimètres cubes, contenant 200 centimètres cubes d’eau; on rince le flacon avec 50 centimètres cubes de ce dernier liquide, et on réunit les deux liqueurs dans la cornue. Cette dernière est ensuite reliée à un réfrigérant de Liebig pour composer un appareil distillatoire (fig. 141, ^ 225). On porte le liquide à l’ébullition. L’acide éthylsulfurique est décomposé par l’eau, et l’alcool formé
\u:0()l-s ET ET1IEI{S.
est entraîné avec la vapeur d’eau. On recueille 80 ou 90 centinièires cubes de liquide distillé; on les introduit dans un second appareil dislillatoire, et on procède aune seconde distillation.
Le mélange d’alcool et d’eau se sépare à cause de la plus grande volatilité de l’alcool, et, si l’on recueille le premier tiers qui distille, soit 30 centimètres cubes, il renferme la totalité de l’alcool. On s’est servi comme récipient d’un tube à essais cylindrique 171); on y additionne le liquide de carbonate de jiotasse cristallisé 809), en quantité suftisante pour former une solution concentrée, on ferme l’orifice du tube et on agite. L’alcool, très soluble dans l’eau, est insoluble dans le même véhicule chargé de carbonate de potasse; il se sépare et vient former à la surface une couche liquide, mobile, à odeur spéciale, combustible avec une llamme pâle.
liOIL FEItMENTATlON ALCOOLiOUE. — Ull tlSSCZ liiailtl llOlïlbie
(lo principes sucrés, mis en conlacl, dans leurs solutions suflisaminent élendues, avec lalevttre de bière {Saccharumijces cerevlsitr), sont Iransfoniices parcelle-ci en alcool elgaz carbonique.
Tel est en particulier le cas du glucose C‘‘1F*0‘';
r,‘^lE^O‘2=2C^ll'’OM-2C-üL
En même temps, des réactions secondaires engendrenl,en petite quantité, de la glycérine et de l’acide succiniqiie (M. Pasteur).
Pans un llacon de 1 litre (lig. jtor-
tant un bouebon (jue traverse un tube à dégagement abotuissant sur une cuve à eau, on introduit d’abord une solution laite avec 50 gi-ammes de glucose sec (ou 75 grammes de sirop de glucose) et 500 grammes d’eau, ])iiis 50 grammes d’eau dans laquelle on a délayé avec soin, en l’écrasant entre les doigts, (luelques grammes de levure de bière récente. Le llacon étant bouché, si la température du liquide n’esi pas trop froide, on ne tarde pas à voir le liquide émettre des bulles gazeuses et de l’anhydride carbonique se dégager sur la cuve à eau. On caraclérise ce gaz par ses propriétés (§ 758 et suivants). Pendant les ])remiers moments, alors même que les conditions de température et d’état de la liqueur sont favorables
ALCOOL OUÜINAIUE.
à la fermentation, la production du gaz carbonique n’est pas manifeste, parce que le liquide, ayant la propriété d’en dissoudre son propre volume, absorbe le gaz formé ; le dégagement ne commence qu’après saturation. Les températures tes plus convenables au fonctionnement physiologique de la levure sont celles comprises entre 24" et 32"; en hiver, il est nécessaire d’échauffer préalablement le liquide, la fermentation ne prenant pas d’activité à des températures trop basses. Lorsque la fermentation est bien déclarée, une écume colorée par de la levure se forme à la surface du liquide. .\près quelques heures, ta réaction se calme et le dégagement gazeux s’arrête.
Pour isoler l’alcool formé, ou soumet la liqueur fermentée à la distillation, soit dans un a[)pareil composé d’une cornue et d’un ballon tubulé (fig. i-40, § 224), soit, et mieux encore, dans un ballon mis en relation avec un réfrigérant (fig. 142, § 226). Lorsque la matière sucrée employée est le glucose ordinaire, la distillation doit être conduite lentement, la liqueur restant chargée de dextrine, substance qui souille le glucose commercial et possède la propriété de faire mousser le liquide. La totalité de l’alcool est entraînée quand on a recueilli le tiers du volume primitif, soit 180 centimètres cubes de liqueur. Une deuxième distillation du produit, dans laquelle on recueille 80 ou 90 centimètres cubes, fournit une liqueur alcoolique assez riche, le glucose engendrant à peu près la moitié de son poids d’alcool. Une dernière distillation pintiquée avec un déflegmateur à colonne (§ 239) donnerait de l’alcool mélangé seulement de quelques centièmes d’eau.
Dans l’opération qui vient d’être décrite, le glucose peut être remplacé par d’autres matières sucrées, et, en premier lieu, par le maltose (voy. ce mot). Il siilht de prendre la solution brute de mallose que l’on obtient en mélangeant, soit une décoction de farine de céréale, soit une bouillie de pommes de terre cuites, toutes deux refroidies vers 55" ou 6Ü", avec une macération d’orge germée et broyée {malt), préparée depuis quelques heures; on fait intervenir aussi un poids d’orge germée égal à 5 pour 100 de celui de la farine ou des pommes de terre.
Le sucre de canne peut également servir à cette expérience. Toutelois, comme il n’est pas directement fermentescible, mais doit être préalablement changé en glucoses fermentescibles