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D’autre part, Gay-Lussac, par une application simple et très heureuse des mêmes faits, a imaginé V alcoomètre centésimal qui porte son nom. Nous ne nous arrêterons pas ici à la construction de cet aréomètre à volume variable, si important qu’il puisse être dans la pratique. 11 est décrit dans tous les
ALCOOLS ET ÉTIIEUS.
traités de physique. Nous rappellerons cependant que son point ü, situé à la naissance de la tige, correspond à Teau pure, le point lüU, ({ui se trouve en haut de la tige, étant donné par l’alcool absolu; nous rappellerons encore ([ue les divisions intermédiaires sont d’inégales longueurs. Une liqueur alcoolique, formée e.xclusivement d’alcool et d’eau, dans hmiuelle l’instrument s’enfonce jusqu’à la 54® division, par exemple, contient 54 volumes d’alcool dans 100 volumes de mélange.
Un pareil instrument, pas plus d’ailleurs que les données physi({ues auxquelles il correspond, ne fournit d’indications exactes si l’alcool et l’eau sont chargés de matières étrangères modiliant la densité du mélange. Toutefois, comme il est possible d’isoler l’alcool et l’eau, par distillation, des principes étrangers non volatils (jui les accompagnent, puis de ramener par addition d’eau le liquide distillé au volume du mélange traité, comme d’ailleurs les principes non volatils ligurent seuls en quantité notable dans les liquides alcooliques les plus répandus, l’alcomètre peut être em|)loyé dans la plupart des cas, sinon directement, au moins après un traitement convenable (voy. Analyse des vins).
1217. Force réelle et force apparente. — L’alcool étant un liquide très dilatable et cette propriété se retrouvant dans ses mélanges avec l’eau, la température apporte des modifications considérables dans la densité des liqueurs formées d’alcool et d’eau. Il en résulte que la table précédente, et l’alcoomètre centésimal qui la représente, ne peuvent fournir des indications exactes qu’à la température de 15®, à laquelle ils correspondent. Comme il est peu commode d’opérer uniquement sur un liquide ramené à 15®, Gay- Lussac a été conduit à distinguer entre la force réelle d’une liqueur alcoolicjue, c’est-à-dire la teneur en alcool indiquée par l’alcoomètre centésimal plongé dans cette liqueur à 15®, et la /"or ce apparente de celte liqueur, c’est-à-dire a teneur marquée par l’alcoomètre centésimal qu’ou y plonge à une température autre que 15®. 11 a dressé une Table de la force réelle des liquides spiritueux, indiquant le nombre de litres d’alcool à la température de 15" ipie contiendraient lüO litres de ces liquides si on les avait ramenés à 15", étant
* donnée la force apparente des mêmes liquides à toute température comprise entre 0" et 30". Soit un liquide alcoolique à la température de 0"; l’alcoomètre centésimal qu’on y plonge indique 95 centièmes : telle est la force apparente à 0"; or la force réelle est exactement 98 centièmes. On voit par cet exemple que l’importance de la correction est troj) considérable pour qu’il soit possible de la négliger, dès que la température à la(iuelle on opère s’écarte notablement de 15®.
1218. Richesse. — Il est une autre conséquence de la grande dilatation des liqueurs alcooliques (pii mérite l’attention. Elle résulte du ebangement de volume qu’éprouve l'alcool dilué en même temps que sa force se modifie sous l’influence des variations de la température. Prenons 1000 litres d’alcool, mesurés à la température de 2®, et dont la force apparente soit alors 44 centièmes; ramené expérimentalement de 2" à 15", cet alcool