r.I.ÜCOSE
(raiiii(li)n, sucre (le diabète, dextrose. Matière sucrée, incolore, cristallisable, dér.miverte par Lowitz en 171)2. — Cristaux anhydres, du système irrégulier, l'usibles à llO'’, quand ils se déposent dans l’alcool ordinaire ou dans l’alcool niéthylique. Masse mamelonnée, formée de petites lamelles cristallines à 2 é(}uivalents d’eau de cristallisation, C'Hl'-0‘-+ 2 110, quand la cristallisation a eu lieu dans l’eau; devenant alors anhydre par dessiccation à GO". — Solubilité: 81, C8 parties de glucose supposé anhydre dans 100 parties d’eau à 17", 5; moindre dans l’alcool ordinaire et dans l’alcool méthylique. — Dextro(]ijre : a décroissant peu à peu pendant les premiers temps de la dissolution dans l’eau, dea’enant constant après ébullition, variant avec la dilution delaliqueur; celle-ci contenant, à 17“,5, p grammes pour 100 de glucose à 2 éipiivalents [d’eau, «n ~ i7,925il -f- 0,0 1 55IÎ4 p -|- 0,0003883 p-\ 7r, est 1,1 fois plus grand pour le glucose suppo.sé anhydre.
ISiV). Préiwh.vtion par l’a.midon. — Sous rinfluence simultanée des acides minécaux et de la chaleur, la matière amylacée lixe les éléments de l’eau et se transforme en glucose :
Toutefois la réaction n’est pas encore complète après vingtquatre heures d’ébullition, une portion plus ou moins grande de l’amidon passant et restant à l’état de dextrine. La saccharification est d’autant plus avancée que l’acide minéral intervient dans un plus grand état de concentration, que la durée de son action est plus prolongée, et que la température est plus élevée. Celle dernière condition fait que, dans l’industrie, on opère en vases clos, sous pression.
L’expérience peut se faire de la manière suivante : On porte à l’ébullition, dans un matras de 1 litre, 500 grammes d’eau préalablement additionnée de 20 grammes d’acide sulfurique. Dans une capsule, on délaye 100 grammes d’amidon ou de fécule dans 100 grammes d’eau froide, de manière cà former une bouillie homogène, puis, après avoir enlevé le matras du feu, on le lient vivement agité, et on y verse lentement la bouillie d’amidon. La masse se transforme aussitôt en un empois épais. On plonge le matras M dans un bain-marie en ébullition C (fig. 317), et, au moyen d’un tube coudé 8, pénétrant jusqu’au fond, on fait passer dans le produit un courant rapide de vapeur d’eau. Cette dernière est fournie par un ballon de verre B, à moitié plein d’eau maintenue en ébullition rapide, et portant, par son bouchon percé, un tube de verre t que l’on réunit par un caoutchouc au tube s qui pénètre dans le matras. On maintientainsi le mélange en réactionà une température peu inférieure à lOO” ; si l’on chauffait à feu nu, la
ALCOOl.S ET ETHEl'.S.
Hl“2
présence de Tacidc sulfurique provoquerait, sur les bords du vase toujours un peu surcliautiës, une destruction profonde de la matière, avec coloration brune intense. La masse épaisse et laiteuse devient peu à peu fluide et transparente; bientôt elle ne renferme plus d’amidon. Ce dernier fait est mis en évidence par la réaction qu’une prise d’essai, prélevée sur le produit et refroidie, fournit avec l’eau iodée : il se développe une coloration bleue, due à l’iodure d’amidon, tant que la matière amyacée n’a pas entièrement disparu. On doit cependant continuer
encore l’action de la chaleur après que ce point a été atteint, afin de changer en glucose la plus grande partie de la dextrine formée d’abord; la ju'ésence de celle-ci est d’ailleurs reconnaissable dans le mélange par la coloration rouge vineux qu’elle donne avec l’eau iodée.
Nous avons déjà dit que sa transformation complète ne peut être atteinte, au moins dans les conditions de l’expérience.
On laisse refroidir. On projette dans la liqueur, par petites portions, grammes de craie pulvérisée : le carbonate de chaux neutralise l’acide sulfurique libre et forme avec lui du sulfate de chaux insoluble, tandis que le gaz carbonique se dégage en produisant une effervescence. On filtre, puis on évapore la liqueur aubain-marie jusqu’enconsistancedesirop clair. On lillre de nouveau à chaud, pour séparer le sulfate de chaux déposé, enfin on termine l’évaporation comme précédemment.
En concentrant jusqu’à ce que le sirop bouillant ait la densité 1,20 ou 1 ,30 (1 ,35 ou 1,37 à froid), le produit se prend lentement, quand on rabandonne à lui-mème, en une bouillie cristalline. Celle-ci, étalée entre des plaques poreuses, fournit du glucose cristallisé et sec.
La dextrine, que renferme le sirop de glucose ainsi obtenu.
1“259. — GLUCOSE.
peut être mise eu évidence en versant dans de l’alcool la matière sirupeuse, préalablement délayée dans une ou deux fois son volume du même liquide : la dextrine se sépare à l’état insoluble.
l^GO. UaÉPAUATioN PAH LE SUCRE UE CANNE. — Dans un matras de t litres, ou mélange 1000 centimètres cubes d’alcool à 90 centièmes avec 40 cenlimèlres cubes d’aciile chlorhydrique concentré, on cliauire au hain-marie entre i5“ et 50°, et on introduit dans le liquide, en 4 ou 5 parties, 320 grammes de sucre de canne. On maintient la température imliquée pendant deu.\ ou trois heures, eu agitant fréquemment; le sucre est alors complètement dissous et interverti. On ahandonne la li(|ueur à elle-même.
Après refroidissement, on l’adililionne d’une petite (juantité de glucose pulvérulent et anhjdre, et on agite vivement. La crislallisalion commence au bout de quehjues heures ; elle est prescjue complète après vingl-(|uatre heures, si l’on a pris soin d’agiter fréiiuemment. Quand on n’a |ias de glucose cristallisé, on ahandonne la liqueur à elle-même ; après ciu(( ou six jours, elle commence à laisser déposer des cristaux; on l’agite alors fortement et fréquemment, ce qui complète la cristallisation en un ou deux jours. On essore à la trompe, sur un tampon de coton, les cristaux déposés, on les lave de même avec de l’alcool à 90 centièmes, jusqu’à ce que le liquide de lavage étendu d’eau ne se trouble plus par l’azotate d’argent, on les lave ensuite avec un peu d’alcool absolu, et enfin on les sèche à une douce température (M. Soxhiet). Cette méthode donne un très faible rendement (20 grammes), mais le produit qu’elle fournit est facile à purifier (§ 1261).
1261. PuRtFiCATtON. — Le glucose, même lorsqu’il a été préparé comme il vient d’être dit, ne s’obtient pas facilement pur par des cristallisations dans l’alcool ordinaire. 11 n’en est pas de même quand on prend pour dissolvant l’alcool méthyli([ue pur, de densité 0,810 à 20". On fait bouillir cet alcool pendant dix minutes avec un excès de glucose à purifier, on filtre bouillant, et on plonge dans l’eau froide, en l’agitant, le vase qui contient la dissolution. Une crislallisation troublée s’opère; elle est complète après vingt-quatre heures si l’on agite fréquemment. On essore le produit, on le lave à la trompe avec de l’alcool méthylique pur et froid, on l’essore de nouveau, enfin on le sèche à une douce température.
En saturant de même, à l’ébullition maintenue pendant un quart d’heure, de l’alcool méthylique plus dilué, de densité 0,825 à 20", filtrant et abandonnant au repos, il se sépare peu à peu, en quelques semaines, des cristaux limpides et durs de glucose anhydre. L’évaporation spontanée des liqueurs fournit lentement des cristaux déterminables.
Le glucose solide du commerce peut être purifié par cristallisation dans l’alcool à 90 centièmes. On sature celui-ci à l’ébullition, on filtre, ce qui sépare les dextrines insolubles dans l’alcool, on laisse refroidir et on abandonne le liquide à lui-même. On active le dépôt des cristaux en ajoutant à la solution froide un peu de glucose anhydre pulvérulent et en agitant. Après deux cristallisations successives, on purifie plus complètement le produit
814 ALCOOLS ET PÎTHEHS.
par une cristallisation dans Talcool niéthylique pur, pratiquée ainsi qu’il vient d’être indiqué.
llÉACïiONS. — Cliattlle dans un tube à essai, jusque vers 170“, le glucose Ibiidu perd de l’eau et se change en glucosane C‘“IP0(jiv- eu même temps la masse se colore. A une température plus élevée, le produit perd encore de l’eau, noircit el dégage des gaz ou vapeurs combustibles.
Le glucose est doué de pro])riétés réductrices. 11 réduit l’azotate d’argent ammoniacal à l’état d’argent métallique 1 1 47). Il réduit même l’oxyde de cuivre dans ses solutions alcalines (Trorniner). Cette dernière réaction est souvent utilisée pour caractériser le glucose. 11 est nécessaire cependant de ne pas oublier que beaucoup de corps réducteurs peuvent la fournir.
Un a donné des formes diverses aux réactifs cupro-polassiqaes au moyen desquels on la l’éalise {liqueur de Barreswil, liqueur de Fehling); la suivante (M. Pasteur) présente sur les autres l’avantage de ne j)as s’altérer à la lumière : On dissout séparément dans l’eau distillée IdO grammes de soude caustique, 105 grammes d’acide tartrique, 80 gi animes de potasse causticiue et 40 grannnes de sulfate de cuivre; on mélange les dissol niions et on complète le volume de 1 litre. La liqueur obtenue étant cliautfée dans un ballon, puis additionnée à l’ébullition d’une solution de glucose, perd sa coloration bleue et fournit un précipité rouge d’oxydulc de cuivre, qui se dépose rapidement.
Le glucose l éduit également les sels de mercure de leurs solu-
tions alcalines. Une dissolution de cyanure de mercure, additionnée de soude caustique, puis de glucose, donne à l’ébullition du mercure métallique.
De même encore, si l’on chaulfe une solution de glucose alcalinisée par la soude caustique, puis qu’on y ajoute une petite quantité de sous-azotate de bismuth ^ celui-ci est réduit à l’état métallique, sous la forme d’une poudre noire.
Chaulfées en présence d’un alcali caustique, les solutions de glucose prennent une coloration bvune intense.
Le glucose subit la fermenlation alcoolique (§