ALC001.S ET ÉTHERS
petites portions, pour éviter réchauffement. On laisse en contact, en ayant soin d’agiter de temps en temps avec la baguette, et de couvrir le vase avec une lame de verre. L’éthérification par l’acide azotique se produit, et l’acide sulfurique, en absorbant l’eau mise en liberté, empêche le réactif de s’affaiblir. On doit manier avec précaution le mélange acide; son action sur la peau ou les vêtements est dangereuse (§ 575). Après une ou deux heures, on sort le coton du bain, on l’exprime entre deux soucoupes que l’on comprime l’une dans l’autre, puis on porte le coton dans l’eau froide où on le lave; on termine le lavage dans un courant d’eau et en laissant séjourner le coton-poudre dans ce liquide, afin d’éliminer toute trace d’acide. On exprime et on sèche à l’air libre. Le coton, en se transformant, a pris un toucher rude.
Si l’on se propose d’ohtenir un produit très explosible, il est bon de prolonger l’action du réactif pendant heures, afin de laisser l’éthérification s’accomplir jusque dans l’intérieur des fibres. On peut alors diminuer la consommation d’acide, qui est toujours considérable, en plongeant d’abord le coton dans un mélange ayant déjà servi et par conséquent un peu affaibli, puis en le transportant, après une heure d’immersion, dans un mélange d’acides, nouveau et refroidi, où on l’ahandonne jusqu’au lendemain. Le séjour dans la liqueur acide doit être prolongé pendant un temps plus long encore lorsque la température est basse.
Le coton-poudre s’enflamme par la chaleur, à partir de 1:20% et par le choc. C’est un explosif dangereux; il ne doit pas être conservé en provision notable, du moins à l’état sec. Sa résistance à l’action d’un très grand nombre de réactifs, le fait employer avantageusement dans les laboratoires comme substance filtrante; pour éviter tout accident, on doit le garder dans des ilacons, avec de l’eau qui le recouvre entièrement.
Fulmi-coton pour collodion. — D’après ce qui a été dit plus haut, lorsqu’on prépare le fulmi-coton pour collodion, l’action de l’acide ne doit pas être poussée aussi loin : on plonge 55 grammes de coton, cardé et sec, dans un mélange refroidi vers 30° de 1000 grammes d’acide sulfurique monohydraté et de .500 grammes d’acide azotique ordinaire (D = 1 ,38) ; après ou 36 heures, on sépare le fulmi-coton, on l’exprime, on le lave et on le sèche comme il a été dit pour le coton-poudre 128^).
1283. — CELLULOSES.
Le fulmi-coton est insoluble dans l’alcool et insoluble dans l’éther, mais soluble dans les deux véhicules mélangés ; la dissolution ainsi obtenue forme le collodion. Vient-on, en effet, à placer du fulmi-coton, dans deux ballons, d’une part avec de l’alcool, d’autre part avec de l’éther pur (§ 1230), les deux échantillons ne sont pas altérés ; il n’en est plus de môme quand on mélange les contenus des ballons, le fulmi-coton disparaissant alors très rapidement. Le dissolvant à employer pour préparer le collodion est un mélange de 20 grammes d’alcool à 95 centièmes et 75 grammes d’éther pur ; avec 5 grammes de fulmi-coton, il donne une dissolution légèrement visqueuse. La présence d’une plus forte proportion d’alcool ou d’éther modifie les propriétés de la pellicule de fulmi-coton, que le collodion exposé à l’air laisse en s’évaporant. Cette pellicule devient plus élastique et plus tenace ([uand on ajoute au mélange précédent 7 grammes d’huile de ricin.
1284. Action ue l’acide sulfurique. — Sous l’action prolongée de l’acide sulfurique, la cellulose se change successivement en cellulose modifiée, que l’iode colore en bleu, puis en cellulose soluble, puis encore en une sorte de dextrine spéciale, et enfin en un glucose fermentescible, \e sucre de chiffons (Bra.conml).
Les premières de ces transformations trouvent leur application dans la fabrication du parchemin végétal (MM. Poumarède et Figuier) ; cette intéressante substance est due, en effet, à l’action ménagée de f acide sulfurique sur le papier, lequel est constitué par des fibresde cellulose : la cellulose modifiée par l’acide imprègne le feutre du papier, elle produit sur lui une sorte d’encollage, et le transforme en une masse plus homogène, présentant l’aspect et, jusqu’à un certain point, les propriétés du parchemin animal.
Pour préparer le papier parchemin, on fait usage d’acide sulfurique dilué de la moitié de son volume d’eau : on verse peu à peu et en agitant liO grammes (2 volumes) d’acide sulfurique concentré dans 30 grammes (1 volume) d’eau. On place le mélange refroidi dans une assiette ou, si l’on opère plus en grand, dans une cuvette à photographie, et on immerge une feuille de papier à hltrer blanc. Après une demi-minute ou une minute de contact, on enlève la feuille de papier avec deux baguettes de verre, on la laisse égoutter un peu, puis on la transporte dans
ALCOOLS ET ÉTHEUS.
une terrine pleine d’eau. Tandis qu’une feuille de papier à filtrer qui n’a pas subi l’action préalable de l’acide, perd au contact de l’eau toute solidité et se déchire dès qu’on l’agite un peu vivement, le papier modifié par l’acide est devenu résistant et peut être lavé à grande eau, sans jirécautions spéciales. On le lave donc longuement, jusqu’à ce que le liquide de lavage cesse de devenir acide; on le laisse ensuite séjourner pendant une heure dans de l’eau additionnée d’un peu d’ammoniaque; enfin on le lave de nouveau dans un vase plein d’eau qui se renouvelle constamment. Après dessiccation, il a pris sensiblement l’apparence du parchemin animal; cette apparence se modifie d’ailleurs notablement lorsqu’on remplace le papier à filtrer par d’autres papiers.
Le papier parchemin, imprégné, alors qu’il est humide, d’un peu d’eau iodée, se colore en bleu. H sert dans les lahoratoii’es comme membrane de dialyseurs 293).
N. — I*liénol orclinHire.
P. mol : C12H605 ou C‘2IiqH20b = 9i = 4 vol. =T:«H60.
l!285. Synonymes : Acide pliéniijuc, alcool pliényliqite, hydrate de pliényle, acide carbolique. — Composé incolore, à odeur caractéristique, cristallisahle en aiguilles prismatiques rliomboïdales, découvert par Ilunge. — Densité: 1,0(15 à 18°. — Point de fusion: 42”. — Point d'ébullition : 18:2®. — Solubilité: 1 partie dans 15 parties d’eau à 16®-17®; miscible à l’alcool absolu et à l’éther. — Caustique.
1286. Préparation. — Le phénol existe dans le goudron de houille. On l’extrait des portions de ce goudron qui distillent entre 15Ü" et 200"; celles-ci en contiennent des quantités variables avec la nature de la houille dentelles proviennent. On les agite vivement avec 1/6® de leur volume de lessive de soude, en maintenant pendant quelque temps au bain-marie le vase qui les contient. Le phénol et ceux de ses homologues qui l’accompagnent se dissolvent dans l’alcali, cà l’état de phénols sodés. On laisse déposer, on décante le goudron insoluble , on ajoute au liquide alcalin un volume d’eau tiède, égal à celui du goudron traité, et on agite de nouveau. La naphtaline et divers autres carbures existant dans le goudron, bien qu’ils soient insolubles dans l’ean, sont entrés d’abord en dissolution dans la liqueur aqueuse t'orlement cliargée de phénols sodés; ces carbures se précipitent ensuite par la dilution. Après les avoir séparés autant que possible, on filtre la solution alcaline sur un papier mouillé, et on acidulé la liqueur limpide par l’acide chlorhydrique. 11 se fait du chlorure de sodium, et le phénol mis en liberté se sépare sous forme huileuse.
\m. — PHÉNOL OKDINAIHE.
Il est alors fort impur et mélangé surtout de crésylol, "ainsi que d’autres phénols. On le décante, on l’introduit dans un petit appareil distillatoire (§ 235, lig. 1-44) et on le soumet à la distillation fractionnée. L’eau passe d’abord avec les produits les plus volatils, qui entraînent des proportions croissantes de phénol. On recueille à part ce qui bout entre 180“ et 188®. A des températures plus élevées, on recueille le crésylol et les autres homologues du phénol.
Le liquide distillant entre 180“ et 188® est abandonné à basse température (10“) pendant un certain temps; le phénol cristallise. On décante l’eau mère, on essore les cristau.v et on les exprime. On soumet enfin le produit à une nouvelle distillation fractionnée, en recueillant comme phénol pur ce qui passe exactement au point d’ébullition de ce composé.