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ACIDE FORMIQUE

1312. Formiâtes. — Les formiates alcalins se préparent en n neutralisant à chaud l’acide formique aqueux (§1310) parles

D carbonates alcalins, filtrant et faisant cristalliser. Ils sont très

Isolubies dans l’eau.

Le formiatede baryte, C'IlBaOL cristallise sans eau, en prismes I rhomboïdaux, solubles dans 4 à 5 parties d’eau froide. Ou l’ob-

J tient en ajoutant peu à peu du carbonate de baryte à de l’acide

1 formique dilué, préalablement tiédi dans une capsule de porce-

1 laine. Du gaz carbonique se dégage et la saturation de l’acide s’o-

[ père. Quand l’etïervescence est calmée, on porte à l’ébullition,

I on filtre à chaud et on évapore la liqueur lim})ide. Lorsque

celle-ci commence à déposer du sel, on la laisse refroidir lente- I ment et le formiate de baryte cristallise. On le sépare de l’eau mère, on l’égoutte et on le sèche à l’air, entre deux feuilles de papier à filtrer.

Le fonniale de plomb, C*IlPbOb est l’un des sels les plus caractéristiques de l’acide formique. Il est anhydre, isomorphe avec le sel de baryte, et forme des prismes brillants, fort peu solubles dans l’eau froide (1/05), assez solubles dans l’eau chaude.

Avec l’acide formique libre et dilué, il s’obtient en saturant l’acide légèrement chauffé par de l’oxyde de plomb pulvérisé, en ayant soin de ne pas rendre la liqueur alcaline, un formiate basique pouvant se former dans ces conditions. On porte à l’ébullition, on liltre la liqueur bouillante, on l’acidule très faiblement par quelques gouttes d’acide formique et on laisse cristalliser par refroidissement. Les cristaux égouttés doivent être desséchés à l’air, entre des feuilles de papier à filtrer, à l’abri de toute trace d’hydrogène sulfuré qui les colore.

Lorsque Facide formique est à l’état de formiate alcalin (§ 1 185), on peut le transformer en sel de plomb, en prolitant de la faible solubilité de ce dernier. Ou met le sel alcalin en solution dans la plus faible quantité d’eau possible, ou le neutralise exactement par l’acide acétique et on y verse peu à peu une solution saturée d’acétate de plomb, en s’arrêtant lorsque ce réactif cesse de produire un précipité, dans la liqueur agitée puis éclaircie par le dépôt. On porte alors à l’ébullition, en ajoutant une quantité d’eau suffisante pour dissoudre à chaud le précipité, puis on filtre et on laisse refroidir. Le formiate de plomb cristallise.

ACIDES

1313. Réactions. — Les l’oniiiates sont décomposés par l’acide sulfurique dilué, qui met en liberté de l’acide formique. A rébullilion les vapeurs de ce dernier noircissent le papier imbibé d’une solution d’azotate d’argent.

L’acide sulfurique concentré, agissant sur 1/4 ou 1/5 de son poids d’acide formi(iue concentré ou de formiate, ne se colore pas et dégage de l’oxyde de carbone, que l’on peut enflammer à l’orilice du tube à essais dans lequel on opère.

fts propriétés réductrices de l’acide formique sont particulièrement caractéristiques.

En ajoutant du chlorure de mercure à l’acide formique ou à un formiate en dissolution dans l’eau, et en cliaulfant à l’ébullition, il se précipite du souscblorure de mercure blanc, et même, en prolongeant l’action, un peu de mercure métallique.

A la température ordinaire, l’azotate d’argent n’agit pas sensiblement, au moins d’une manièi e immédiate, sur l’acide formique et sur les formiates en solutions diluées. Par un contact prolongé, ou mieux encore si l’on chaufle, l’argent est réduit et la licjueur noircit; la réaction est nette en liqueur neutre; la présence de l’ammoniaque libre la retarde. Un papier imbibé d’une solution d’azotate d’argent, exposé à l’action de la vapeur d’eau qui entraîne de l’acide formi(iue, prend une coloration brune.

R. — %eitlc Hcétique.

P. mol. : ou CMFO',110 = 60 = i ro/. = €113,Go2H.

1 0 14. Synonyme.? ; Vinaigre, acide pyroligneux. — Aiyuide, incolore, à odeur et à saveur piquantes, connu à l’état impur depuis les temps les plus reculés. — Densité: l,U564 à 15“. — Cristallisable; point de fusion : 17®, 5. — Point d’ébullition : 118®. — Soluble en toutes proportions dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther.

1315. Formation dans la distillation du bois. — La destruction de la cellulose par la chaleur engendre des produits complexes, en partie gazeux, en partie condensables à la température ordinaire. Ces derniers, très riches en eau, contiennent quelques centièmes d’acide acétique (Fourcroy et Vau- (luelin), mélangés avec des goudrons, de l’alcool mélbylique, do l’acétone, etc. Ce fait est l’origine de la fabrication de Vaci.de puroUgneux par la distillation sèche du bois. On peut le mettre en évidence en distillant du bois sec et débité en petits fragments, dans une cornue de grès faisant partie d’un appareil distillatoire, tel que ce lui représenté dans la ligure 310 (§ 1300). A mesure (pie la température s’élève, il se dégage d’abord de la vapeur d’eau, puis des gaz combustibles, que l’on peut enflammer à l’orifice du tube t, lorsque l’air été complèlement expulsé de l’appareil. Le récipient R, convenablement refroidi, recueille les produits condensables. On constate que ceux-ci sont composés de goudrons et d’une liqueur aqueuse, colorée en jaune, que l’on peut isoler par filtration sur un papier préalablement mouillé. Cette liqueur est très acide ; neutralisée par la chaux ou par le carbonate de soude, elle donne,

après évaporation à sec, des acétates de chaux ou de soude impurs et colorés {pyrolignites).

1316. Vinaigre radical. — La distillation sèche de l’acétate de cuivre donne, par une réaction complexe, de l’acide acétique (Basile Valentin) mélangé d’acétone et de quelques produits pyrogénés; elle laisse un résidu de cuivre très divisé e^^ de charbon. Elle s’opère dans un appareil à cornue de grès (fig. 316, § 1300). On introduit dans la cornue 60 grammes d’acétate de cuivre cristallisé et on chautTe peu à peu jusqu’au rouge sombre. Il passe de l’acide acétique impur, tandis que des gaz non condensables s’échappent parle tube à dégagement. La décomposition par la chaleur terminée, on purifie le liquide condensé dans le récipient. Ce liquide est coloré en vert par du sel de cuivre entraîné. On le distille (fig. 140, § 224 ou tig. 141, § 225) ; le sel de cuivre reste dans la cornue et le produit recueilli est incolore. C’est le vinaigre radical. On peut isoler par distillation fractionnée l’acide acétique et l’acétone qui le constituent pour la plus grande partie.

La même expérience, faite avec de l’acétate de cuivre préalablement desséché à 160“, fournit, après séparation de l’acétone, fie l’acide acétique cristallisable.

1317. Préparation par l’acétate de soude. — Les acétates sont décomposés par les acides minéraux en donnant des sels cà acides minéraux et de l’acide acétique libre.

Dans la cornue d’un appareil distillatoire (fig. 140, §22 4 ou fig. 141, § 225), on introduit 7 parties d’acétate de soude cristallisé, puis 3 parties d’acide sulfurique concentré. On chauffe d’aDot'd doucement, afin de dissoudre le sel et d’accomplir la réaction ; on élève ensuite la température, pour distiller l’acide acétique formé et le séparer du sulfate de soude qui reste dans la cornue. L’acétate de soude cristallisant avec 6 équivalents d’eau, cette dernière passe avec l’acide acétique; on obtient ainsi un liquide qui renferme la moitié de son poids d’eau, et même un peu plus, l’acide sulfurique concentré ordinaire renfermant toujours un petit excès d’eau. Le produit est l’acide commercial, de densité 1,0587, dit à 8" (Baumé). Il est indispensable, surtout vers la lin de la distillation, de modérer l’action de lacbaleur pour éviler toute altération de la matière organique.

ACIDES

En remplaçant l’acétate de soude cristallisé par le môme sel préalablement desséché ou même fondu (8 parties), et en employant de l’acide sulfuriquebien concentré (0 parties), on obtient de l’acide acétique ne renfermant pas d’eau mélangée, et cristallisable par refroidissement. Il est bon, dans ce cas, de distiller le proibiit en mettant à part les portions les plus volatiles; celles-ci entraînent les traces d’eau apportées par les réactifs imparfaitement dépouillés d’eau.

I3'18. l*RÉPAR.\TION PAR LE BI-ACÉTATE DE l'OTASSE. — L’acide acétique forme une combinaison avec l’acétate de potasse, le bi-acétate de potasse, C'^IDKO*, C*I1‘0‘ -j- 6 110. Ce sel peut être desséché à cbaud et même porté vers 180°, sans perdre sa seconde molécule d’acide acétique ; il fond à 118°; il entre en ébullition à WO", et se dédouble alors en acide acétique, qui distille, et en acétate neutre de potasse, qui reste dans la cornue (M. Melsens). Cette propriété est utilisée pour la pré|)aration de l’acide acétique déshydraté et cristallisable, en parlant d’acide acétique hydraté.

Ou opère dans un appareil dislillatoire ordinaire (fig. 111, ^25), dont la

cornue est munie d’uii thermomètre. On introduit dans cette cornue 100 parties d’acétate de potasse avec 150 parties d’acide acétique ordinaire, à 8° Damné, et ou chaulle jus(ju’à distillation. L’acide acéli(|ue a formé du bi-acétate, de telle sorte que le liquide qui passe est de l’eau entraînant seulement un peu d’acide. Bientôt, lorsque la plus grande partie de l’eau a distillé, la température s’élève rapidement et on recueille un liquide de plus en plus riche en acide. Quand le thermomètre plongé dans le mélange marque 200°, on change le récipient et on recueille dès lors de l’acide acétique non mélangé d’eau et cristallisable. En arrêtant l’opération à 300", l’acétate neutre de potasse, qui reste dans la cornue, n’est pas altéré; il peut servir pour une seconde opération, puis pour d’autres semblables.

1310. Action de l’eau. — L’acide acétique et l’eau se combinent en toutes proportions, en donnant lieu à une contraction. Le maximum de contraction correspond à un liquide contenant de 77 à 78 parties d’acide pour 100 du mélange. La table suivante, qui donne la densitédes ditTéronts mélanges d'eau et d’acide acétique, fournit le moyen de. reconHaitrc la force d’un acide acétique dilué, dont la densité est connue.

On remarquera cependant que ses indications n’établissent une relation certaine entre la densité et la teneur en acide que pour les mélanges ne renfermant pas au delà de 43 centièmes d’acide. Entre 4i centièmes et 100 centièmes, deux liquides différents, l’un de richesse supérieure au maximum de contraction, l’autre de richesse inférieure, présentent une même densité : c’est ainsi que l’acide à 46 pour 100 et l’acide à 99 pour 100 ont tous deux pour densité 1,0580.

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