‹ Manipulations de chimieChapitre 447 sur 596 · ANILINE · texte numérisé non relu

ANILINE

(D= 1,0587 ou 8“ Baume), et 00 grammes de limaille de Ter non souillée de corps gras; on bouche la cornue, on l’agite et on la dis[)Ose aussitôt sur le fourneau. Le plus souvent, une réaction tumultueuse se déclare spontanément; si elle tarde à se manifester, ou chaulfe légèrement, })uis on éteint le feu dès (pi’elle a commencé. Pendant sa première })artie, une certaine quantilé de nitrobenzine non réduite est entraînée à la distillation , dès que celte dernière s’est arretée, on cobobe, puis on cbaulfe modérément l’appareil. 1/aniline passe dans le récipient avec une certaine quantité d’eau. La distillation doit être })Oussée jusqu’à dessiccation du résidu resté dans la cornue, ün transvase dans un llacon le contenu du récipent, et, après repos, on sépare par décantation l’aniline de la liqueur aqueuse. On dessèche ensuite le liquide en le laissant en contact avec un peu de chlorure de calcium sec, puis on le rectifie (lig. 144, § 285), en séparant les i)remières portions, qui sont encore mélangées d’eau, et en isolant ce qui [)asse vers 188".

1358. UÉACTiONS. — L’aniline, en présence de l’eau, agit peu sur le tournesol; elle forme cependant des sels stal)les. Elle précipite les sels de fer, de zinc et d’aluminium, mais non l’azotate d’argent.

Sa solution aqueuse, additionnée d’une solution récente de ctilorure de cliaux, prend une belle coloration violelle (ilunge). La liqueur, agitée dans un tube à essais avec de l’étlier, cède à celui-ci une belle matière colorante bleue (mauvéine) et devient rouge.

l'ne liqueur conlenanl 10 grammes d’aniline, 10 centimètres cubes d’acide cblorbydi'ique, 22 gi-ammes de biebromate de potasse et 10 centimètres cubes d’acide sulfurique, pour 2 litres d’eau, teint peu à peu, en noir très solide (noir d' aniline), le coton (100 grammes) (|u’on y plonge; on agite le coton dans le mélange froid, puis on élève lentemeulla température jusqu’à l’ébullition. Le coton doit au préalable avoir été lavé dans l’eau bouillante, alcalinisée au carbonate de soude, puis rincé.

rdiauffée pendant quelques minutes à l’ébullition, dans un tube à essais, avec la moitié de sou volume de bicblorure d’étain anhydre, l’aniline fournit une belle matière colorante violette, la violaniline.

1859. Transformation en rouge d’aniline. — L’aniline pure donne naissance à un beaiicotip moins grand nombre de matières colorantes, que son mélange avec ses homologues supérieurs, les loluidines C’TPAz. Ce mélange, soumis à l’action d’agents d'oxydalion très divers, engendre les sels de plusieurs bases complexes, les rosanilines C®**ll'^\.z'’0' ; ces bases sont incolores,

ALCALIS

mais forment des sels doués d^lne belle coloration rouge, et sont fort usitées comme matières linctoriales, sous les noms de ronge (VaiiHine, fuchsine, viagen la, solférino, azaléine, etc. L’oxydant le plus employé, pour produire le rouge d’aniline, est l’acide arsénique, qui passe à l’état d’acide arsénieux.

On opère d’ordinaire avec le mélange que le commerce nomme an Uine pour rouge ; c’est un liquide bouillant entre l‘)2“ et 205", obtenu par réduction d’une niti’obenzine convenablement chargée d’ortlîonitrotoluène et de paranitrotoluène. Dans un malras d’essayeur, on introduit 10 grammes d’aniline pour rouge, 12 grammes d’acide arsénique et 10 grammes d’eau ; la masse s’écbaulïe et il se forme des arséniates d’aniline et de toluidines. On cbaulfe alors le mat ras, en le tenant à une certaine distance au-dessus d’une flamme de gaz, et en le tournant sans cesse aiitoui’ de son axe : l’eau se volatilise d’abord, puis l’aniline en excès enli'c en ébullition. On maintient dès lors la température telle, que les vapeurs se condensent dans le col du inatras et (jue le liquide condensé retombe dans le mélange. La masse j)rend une coloration rouge, qui s’accentue de plus en plus; en même temj)s, elle s’épaissit. La réaction dure plus ou moins longtemjts, suivant la quantité de matière sur laquelle elle porte. Il faut évitei' de clicrcber à l’abréger en chauffant trop fortement, le jiroduit s’altérant et devenant brun aux températures supérieures au point d’ébullition de l’aniline. L’opération est terminée lorsqu’un échantillon du produit, prélevé à l’extrémité d’une baguette, a une couleur mordorée et une cassure vitreuse. Le mélange est alors formé d’arséniatc et d’arsénite de rosaniline , ainsi que d(> quelques corps étrangers. On laisse un peu refroidir, et avant que le produit soit solidilié, on verse sur lui 50 grammes d’eau additionnée de 8 grammes de carbonate de soude, et oncliauflc à l’ébullition pendant quelques minutes; l’acide arsénieux et l’acide arsénique passent partiellement à l’état de selsde soude solubles, et il se sépare une masse pâteuse d’arséiiiatc liasique de rosaniline. A[>rès décantation, cette dernière est traitée à l’ébullition par 500 grammes d’eau ; on liltre la liqueur bouillante, pour séparer une résine brune, et on ajoute aussitôt au liquide clair et fortement coloré en rouge 25 ou 30 grammes de chlorure de sodium. Par double décomposition, il se forme de l’arséniate de soude et du chlorhydrate de rosaniline; ce dernier, étant insoluble

1359. — AMl.lNE.

dans l’eau salée, se précipite en llocons. Après refroidissement, on recueille le dépôt sur un filtre, on le lave avec fort peu d’eau froide, puis on le dissout dans 40 à 50 fois son poids d’eau bouillante ; le chlorhydrate de rosaniline cristallise par refroidissement.

Le chlorhydrate de rosaniline, ou fuchsine, n’est que peu soluble dans l’eau froide, qu’il colore cependant en rouge intense. Si, à de l’eau bouillante, dans laquelle on agite sans cesse un écheveau de laine blanche ou de sole blanche, on ajoute une petite quantité de fuchsine en dissolution, la libre animale (ixe la matière colorante et se teint en rouge, tandis que l’eau se décolore ; par des additions répétées, mais toujours limitées, de matière colorante, on teint la laine ou la soie d’une couleur de plus en plus foncée ; celle-ci résiste aux lavages à l’eau froide, que l’on pratique ensuite avant de sécher les écheveaux à l’air.

E. — Çiiinolciiic.

P. mol. : Ci»Il'.Az = l“29=:4 vol.= G»ll'.\z.

131)0. Synonyme : Quinoliiic. — Base liquide, incolore, à odeur désagréable, découverte par Gerhardt ou 1815. — Densité : 1,IÜ8I à 0“. — Point d'ébullition : 238".

— llyyroscopique ; se combinant à l’eau i)our formel- un liijdraLe CUU .\/. -f- 3 110.

— Solubilité: très faible dans l’eau froide, plus forte à chaud. .Miscible avec l’alcool, l’étlier ou le sulfure de carbone.

1301. PuÉPARATioN. — Le meilleur mode de préparation de la quinoléine est basé sur la réaction synthétique suivante : en présence de l’acide sulfurique concentré, un mélange de glycérine, d’aniline et de nitrobenzine, donne de la quinoléine et de l’eau (M. Skraup) :

3 C‘2|FAz + C‘2il•^AzO‘=:3 Cisil'.Vz -P 1 1 If'Ok

La réaction donnant lieu à un boursoullement considérable, on doit opérer dans un ajipareil de très grandes dimensions. Dans une cornue tubulée de 1 litre, faisant partie d’un appareil distillatoire (fig. 140, § 224), on introduit 00 grammes de glycérine sirupeuse, et 50 grammes d’acide sulfurique concentré. D’un autre côté, on mélange 12 grammes de nitrobenzine et lO grammes d’aniline (ces deux dernières provenant de benzine cristallisable).

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