AI.CAI.IS
puis on ajoute ce second mélange au premier, en agitant afin de dissoudi'e le sulfate d’aniline foiané. léappareil étant disposé à la manière ordinaire, on chaulfe très doucement et on éteint le feu dès ({ue des vapeurs commencent à se dégager. Une réaction tumultueuse ne tarde pas à se déclarer ; elle se calme au bout de (juebpies minutes. On laisse un peu refroidir, on coliobe, et on l'ccommence à cliautfer, ce qui provoque une nouvelle l'éaction vive, de peu de durée. On cobobede nouveau et ou maintient dès lors la cornue à la température à laquelle la niasse commence à fouiTiir des vapeurs. Après deux beures de cbaulfage, pendant lesquelles on a reporté de Lerujis en temps dans la coniue le liquide distillé, on laisse refroidii' un peu, on ajoute 500 grammes d’eau et on distille. Les premières poitions de la vapeur d’eau entraînent la nitrobenzine qui a échappé à la réaction.
Lorsque l’eau cesse de j)asser laiteuse, on arrête, on nettoie le récipient ou on le remplace, on ajoute dans la cornue la quantité de lessive de soude nécessaire jiour rendre le mélange fortement alcalin et on distille de nouveau. La quinoléine, (jiii se ti'ouvait à l’état de sulfate, a été mise en liberté par la soude ; elle distille avec la vapeur d’eau. On poursuit la distillation aussi longtemps que le liquide passe laiteux. On laisse reposer le produit de la distillation cton isole, par décantation, la quinoléinede l’eau à laquelle elle est mélangée.
J3Gî2. I.e mode opéraloire précédent, suffisant pour constater la formalion de la quinoléine, est peu recommandable lorsqu’il s’agit de préparer une certaine quantité de cette base. 11 vaut mieux alors opérer dans un ballon de 2 litres, muni d’un réfrigérant à grande surface et disposé à reflux (lig. 31G, 12iD), en cbauflant au bain de sable. On mélange 120 grammes de
glycérine avec 100 grammes d’acide sulfurique concentré, puis on ajoute 24 grammes de nitrobenzine et 38 grammes d’aniline. On provoque la réaction énergique, indiquée plus liant, en cliaulTant d’abord doucement, puis en supprimant le feu dès qu’elle s’est manifestée. lOi renouvelant le cliauffage lorsque l’ébullition s’est calmée, celle-ci reprend encore avec intensité, mais, après quelques alternatives analogues, elle se continue tranquillement. On maintient alors la masse en ébullition lente pendant 3 ou 4 heures, l.e boursouflement ne permet guère de dépasser les doses précitées ; mais, si l’on se propose de préparer une plus forte quantité de (|uiiioléine, on elTectue sur ces mêmes doses, la première partie de la réaction, jusqu’à cessation de l’ébullition tumultueuse; on réunit ensuite dans un même ballon les produits de plusieurs traitements semblables, pour les cbaulTer ensemble, pendant 1 heure, dans l’appareil disposé comme il a été dit. Après refroidissement.
1362. — QUINOI.ÉINE.
on ajoute à la masse 6 fois son volume d’eau et on place sur le ballon un bouchon traversé par 2 tubes : l’un de ces tubes communique avec le réfrigérant disposé pour distiller; l’autre pénètre jusqu’au fond du ballon, où il permettra de diriger un courant de vapeur d’eau. On cbauffe le ballon au bain de sable jusque vers lOü'’, et, au moment où l’ébullition va commencer, on fait passer la vapeur d’eau. Celle-ci est fournie le ))lus simplement par un ballon contenant de l’eau en ébullition et })ortant un boucbon traversé par nn tube coudé, auquel s’adapte un caoutchouc relié an tube de verre amenant la vapeur dans le mélange. La vapeur d’eau entraîne la nitrobenzine (jui n’a pas réagi. Lorsque l’eau condensée est devenue limpide, on laisse un peu refroidir, on change le récipient, et on ajoute dans le ballon de la soude caustique, en (juantité suffisante pour rendre le mélange fortement alcalin. On cbauffe de nouveau le bain de sable, puis on fait passer une seconde fois la vapeur qui entraîne la quinoléine. Celle-ci est décantée, desséchée par le contact de quelques fragments de potasse caustique fondue, puis soumise à la distillation fractionnée (§ 231 et suivants), afin de séparer l’aniline (jui a échappé à la réaction : on recueille ce (pii passe entre 230® et 2i0®.
Pour purifier complètement la base, on la dissout d’ordinaire dans G fois son poids d’alcool concentré et on ajoute à la dissolution le poids d’acide sulfurique exactement nécessaire pour former du sulfate acide de (piinoléine. Ce sel se précipite en une poudre cristalline blanche. Après refroidissement, on essore les cristaux à la trompe, on les lave avec un peu d'alcool froid et on les sèche. Décomposés par la potasse, ils donnent de la quinoléine pure, que l’on entraîne par la vapeur d’eau, que l’on sépare et que l’on dessèche.
Il est préférable cependant de passer par le tartrate acide de quinoléine, sel facile à purifier par des cristallisations dans l’eau. On l’obtient en dissolvant la quinoléine dans de l’acide tartrique, pris en quantité suffisante pour former une solution neutre, ajoutant un poids d’acide tartrique égal à celui qu’il a fallu employer, et laissant cristallisor.
F. — Quinine.
P. mol.: C‘«IDL\z20‘:=32/i= G^oiL2L\z^OL
1363. Alcaloïde di-ammoniacal tertiaire, cristallisalde, incolore, inodore, à saveur amère, découvert en 182Ü par Pelletier et Caventou. — Point de fusion: 177°. — Solubilité : 1 partie dans t9(i0 parties d’eau à 15°. Très soluble dans l’éther, le chloroforme, les hydrocarbures et les huiles grasses. — Pouvoir rotatoire : ao =
— 116°, en solution chloroformique à 2 centièmes.
Hydrate de quinine : G‘“ll-‘Az’0‘-l-3 11-OG — Cristaux incolores, fusibles à 57° en perdant de l’eau. — Solubilité : t partie dans 1670 parties d’eau à 15°; très soluble dans l’éther, mais non dans les carbures. — Pouvoir rotalowe .' «d = — LMI°,54, eu solution à 3 pour 100, dans l’alcool à 80 cenlièmes.
Sulfate de quinine officinal: (G‘“ 1I-‘Az* 0‘)% SMl’0*-f li 110. — Sunouijine : Sulfate de quinine basique. — Sel incolore, très faiblement alcalin au tournesol, cristallisant en aiguilles Unes et longues, dérivées d’un prisme rhombdidal oblique.
— Efflorescent, en perdant 5 équivalents d’eau; devenant anhydre à 100°. — Solubilité : 1 partie dans 755 parties d’eau k 15®, dans 30 parties d’eau bouillante.
ALCALIS
dans 80 parlies d’alcool à 80 centièmes froid, dans GO parties d’alcool absolu froid. — Traiisformé par l’acide sulfurique eu sulfate neutre, soluble dans l’eau eu formant un li(iuide jluorescenl. — Lévoyijre.
loüi. l’itÉl'AUATION DU SULFATE DE QULMNE. — Le Slllfale de quinine s’obtient au moyen de la quinine qui existe dans l’écorce de certains quiii([uinas. On opère de prélèrence sur le Quinquina calisai/a, qui est riche en alcaloïde.
On lait bouillir dans une capsule de porcelaine 400 grammes d’eau, dans latpielle on a mis 2 grammes d’acide cblorliydrique et 100 grammes de quinquina linenient concassé. Après une demilieure, on verse sur une toile, puis on lait subir à la môme écorce deux traitemenls successifs, avec des quantités d’eau et d’acide égales aux précédentes. On réunit les liqueurs refroidies et on y ajoute un lait do chaux 1)03), ]>réparé avec 10 grammes de chaux vive et 00 grammes d’eau : les alcaloïdes du quinquina, retenus en dissolution sous forme de chlorhydrates solubles, sont précipités en môme temps qu’un excès de chaux et que cerlaines matières colorantes. On filtre; on lave le précij)ilé égoutté, en le délayant dans de l’eau froide et en le versant sur un second filtre; on l’essore, puis on le sèche à une douce température. On pulvérise finement le produit sec, on l’introduit dans un ballon avec 150 grammes d’alcool à 00 centièmes, et on chauffe le tout au bain-marie. Les alcaloïdes se dissolvent dans l’alcool bouillant. On filtre. On distille la solution alcoolique (fig. L40, § ou mieux fig. 141, § en cliaulfant au bain-marie, on verse sur le résidu 50 grammes d’eau, on porte à l’ébullition et on laisse toml)er goutte à goutte dans le mélange, jusqu’à dissolution, de l’acide sulfurique dilué au dixième. On ajoute 'i grammes de charbon animal lavé (§ 74:2), et on cbaulTe le tout au bain-marie pendant une demi-heure, en agitant fréquemment, ce qui décolore en grande partie la liqueur. On filtre. A la solution reçue dans une petite capsule de porcelaine et portée à l’ébuHition, on ajoute de l’ammoniaque, jusqu’à réaction presque neutre au tournesol, mais en laissant subsister une Irès faillie réaction acide, et on laisse refroidir. Le sulfate de ([uinine basique cristallise peu à peu. On l’égoutte, on l’essore, on le dissout dans 30 ibis son poids d’eau bouillante et on le laisse cristalliser une seconde fois par refroidissement. La purification est meilleure, quand on essore les premiers cristaux à la trompe et qu’on les lave de
1364. — OÜLMNE.
même avec un peu d’eau froide, avant de les faire recrisLalliser. Le sel est enfin desséché à l’air, à basse température, en évitant l’efllorescence.
.A. — Aeétiiinide.
P. mol. : C>ir'AzO- = 83=4 vol.= G2ILO,AzlL.
13(m. Siinonijoie : Amiile acélique. — Amide primaire, solide, incolore, à odeur particulière, cristallin, découvert en 1847, par MM. Dumas, Malaguli et Le Diane. — Dennilé : 1,1ü'.I. — Point de fusion : 78". — Point d'ébullition : — Soluble
dans l’eau et dans l’éther.
IdOG. Prépar.vtion. — L’acétamide résulte, avec de l’eau, de la décomposition de l’acétate d’ammoniaque par la chaleur ;
cni‘osAztp=cni"AzO--|-ii-OL
On opère dans un petit appareil dislillatoire (üg. 140, § 224). On place dans la cornue, dont la capacité est 180 centimètres cubes, 50 grammes d’acide acélique cristallisable, auquel on ajoute peu à pende l’ammoniaque concentrée, jusqu’à réaction alcaline. On chaulîe la cornue. 11 distille d’abord de l’eau de plus en plus chargée d’acélate d’ammoniaque, puis, la température continuant à s’élever, il jiasse un liquide huileux et incolore, <iui se solidifie auconlact des corps froids; c’est l’acétamide. On remplace alors le récipient [lar le vase dans lequel on se propose de recueillir ce corps, ballon ou matras, en cessant de plonger dans l’eau le nouveau récipient, puis on pousse la distillation jusqu’à épuisement du contenu de la cornue.
En fixant, par un bouchon percé, un thermomètre dans la tubulure de la cornue, on dirige mieux l’opération. On change le récipient lorsque la température a dépassé 180”; la décomposition du sel ammoniacal est dès lors achevée, l’eau a disparu et il ne reste plus qu’à distiller l’acétamide.
Pou r avoir l’acétamide pur, il est nécessaire de distiller une seconde fois le produit, en recueillant ce qui passe entre 215” et 222”. Les portions qui bouillent au-dessous de 200” sont tou-
AMIÜES.
jours un peu acides; elles peuvent, après neutralisation, servir pour une nouvelle opération.
L’acétainide se combinant avec l’eau, dès la température ordinaire, pour régénérer l’acétate d’animoniacjue, par une réaction invei’se de celle cpii lui donne naissance, il est nécessaire de conserver ce coi‘j)S, à l’abri de l’humidité de l’aii-, dans des vases bien l'eianés. On le transvase d’ailleurs l'acilement, apiès l’avoir fondu au bain-marie.
Un peut encoi-e cbautrer l’acide acétique cristallisable au bainmarie, et y projeter, par petits fragments, du carbonate d’anniionia(pie solide, ce qui détermine une vive elfervescence. La neutralisation atteinte, la masse donne, loi’squ’on la laisse refroidir, (1e l’acétate d’ammoniaque en grands cristaux ; jjar distillation, elle fournit d’autant plus facilement l’acétamide qu’elle n’est }>as mélangée d’eau.
— O^aiiiitle.
P. mol.: CMt‘Az20‘ = 88 = 1 vol. = C-0-(.\zlOi-.
13(57. — Amide bi-ammoniacal primaire, incolore, pulvérulent, cristallisable en prismes rliomboulaux obliques, découvert par Cauliof en 1817. — Densité : 1,0(57. — Sublimable sans fusion préalable. — Sohibililé : 1 partie dans 10 000 parties d’eau froiilc; plus soluble à cliaud ; presque insoluble dans l’alcool et l’étber.
1308. Préparation. — Conformément à un mode général de production des amides, l’oxamide résulte de l’action de l’ammoniatjue sur l’éther o.valiqtie (Bauliol) ;
(G‘HbLCMW + “2 AzlP==C'tPAz^0‘-l-“2CM|60L
Un dissout de l’éther oxalique dans son volume d’alcool fort et 011 ajoute au mélange, en agit;int vivement, un volume égal d’ammoniaque eu solution aqueuse concentrée. Le liquide se trouble aussilôt et dépose bientôt en abondance de l’oxamide pulvérulent, incolore et cristallin. Ou laisse l’action se terminer pendant deuxheures, puis on lave le produit à l’eau froide, epti ne le dissout pas sensiblement. On le recueille sur un libre en papier et on le sèche à l’air.
En 0[)érant au sein de l’eau le mélange de l’éther oxalique et de l’ammoniaque, la réaction s’accom})lit de même, mais plus
1368. — OXAMIDE.
lentemenl, à cause de la faible solubilité de l’étlier dans la liqueur aqueuse ; on l’accélère en agitant fréquemment.
Au lieu d’employer l’éther oxalique pur, on peut traiter directement par l’ammoniaque le produit brut de l’action de l’acide oxalique desséché sur l’alcool, recueilli par simple distillation (§1535) : l’excès d’acide se ti’ouve changé en sel ammoniacal soluble, que les lavages éliminent.