LIVRE TROISIÈME
ANALYSE GIII.MIQUE
ANALYSE QUALITATIVE
UÉACTIFS
En énumérant les principaux réactifs usités en analyse qualitative, nous donnerons les indications nécessaires pour les préparer et reconnaître leur pureté.
■1381. Dissolvants neutres. — Eait distillée. — (Voy. Préparation, § 525 et § 520, Essai, § 527.)
Alcool ordinaire. — On se sert surtout d’alcool à 90 centièmes (§ 1216/ et d’alcool absolu (§ 1210). Dans les deux cas, il doit avoir été privé par distillation de toute substance étrangère, être volatil sans résidu, brûler avec une flamme bleuâtre à peine visible, présenter l’odeur francbe, caractéristique de sa pureté, et enfin, après dilution par l’eau, ne pas agir sur la teinture de tournesol.
Éther ordinaire. — L’éther lavé à l’eau (§ 1239) suffit généralement pour l’analyse minérale. On emploie même l’étber du commerce, qui est chargé d’alcool, toutes les fois que ce dernier liquide ne gène pas dans la réaction. L’étber doit être volatil sans résidu et ne pas communiquer à l’eau, avec laquelle on l’agite, la propriété de rougir le tournesol. 11 n’est pas inutile de rappeler ici que les vapeurs d’éther sont combustibles et que le maniement de ce liquide exige des précautions particulières (§ 1210).
-S‘8G ANALYSE QUAUTATIVE.
Chloroforme. — 11 doit être limpide et volatil sans résidu ; agité avec de l’eau, il ue doit }>as rendre celle-ci acide ou précipitable par l’azotate d’argent.
Sulfure de carbone. — Ce véhicule doit également être limpide et volatil sans résidu. Celui du commerce peut servir d’ordinaire après une rectilicalion (§ 707). Sa vapeur étant e.\trêmement combustible, il faut ne le manier qu’à une distance suffisante des foyers en combustion.
1382, Hydrogène sulfure. — Les réactions de l’acide siilfhydriqiie sont au nombre des premières que l’on pratique pour la détermination des bases; ce corps constitue donc l’un des réactifs les plus usités. On l’emploie de préférence sous forme de gaz ; aussi un ap})areil à fonclionnement intermittent (§ 308 et suivants), au moyen duquel on peut dégager du gaz au moment voulu, et dans le(|iiel on fait réagir l’acide chlorhydrique ou l’acide sulfurique sur le sulfure de fer (§033 et suivants), existe-t-il en permanence dans les laboratoires. Le gaz doit être lavé à l’eau (§419 et suivants) avant d’être mis en contact avec la substance sur laquelle on le fait agir. Le plus ordinairement, on le dirige bulle à bulle dans les dissolutions; on termine alors l’appareil par un tube de verre coudé, que l’on llxe à l’aide d’un tube de caoutchouc au tube abducteur du llacon laveur, et que l’on fait plonger verticalement jusqu’au fond du liquide à traiter. On laisse arriver lentement le gaz jusqu’à saturation de ce dernier, c’est-à-dire jusqu’à ce que, le vase qui contient la liqueur étant bouché exactement puis agité, le mélange cesse de manifester une absorption et dégage au contraire du gaz lorsqu’on enlève ensuite le bouchon. Celte action prolongée du réactif est absolument indispensable s’il ne s’agit pas seulement de constater une réaction, mais d’ellecluer une séparation.
L’hydrogène sulfuré étant soluble dans l’eau (§ (337), on se contente quelquefois d’avoir de l’eau saturée de ce gaz, qu’on conserve dans un llacon exaclement clos. En versant cette dissolution dans la liqueur à traiter par l’iiydrogène sulfuré, on peut constater les mêmes réactions qu’avec le gaz lui-même. Toutefois une semblable dissolution est d’une conservation difficile, l’oxvgène de l’air la détruisant rapidement (§ 038), avec dépôt de soufre ; la présence de ce dernier corps, qui rend le liquide laiteux, est un indice de l’altération et de la mise hors d’usage du réactif. D’ailleurs, la solubilité de l’hydrogène sulfuré dans
138“2. — REACTIFS.
l’eau ne dépassant pas 4 volumes, il devient nécessaire d’employer un volume considérable de sa dissolution pour faire intervenir un poids relativement très faible de réactif, ce qui dilue beaucoup les liciueurs. Ces considérations suflisent pour faire écarter l’usage habituel de riiydrogèiie sulfuré en dissolution dans l’eau.
Dans les laboratoires où un grand nombre de j)ersonnes s’occupent d’analyse minérale, on produit le gaz sulfliydrique dans des appareils à fonctionnement intermittent, de grande dimension ; au sortir du llacon laveur, ou le dirige dans un tube sur lc(iuel s’embranchent, en aussi grand nombre qu’il est nécessaire, des tubulures fermées par des robinets. Ces derniers étant . terminés par des ajutages auxcjuels sont adaptés des caoutchoucs, il est facile aux opérateurs de lixer à l’un de ces ajutages un tube de verre coudé et propre, de plonger celui-ci dans la liqueur à expérimenter, et de laisser écouler le gaz bulle à bulle, en ouvrant convenablement le l’obinet.
Ün passage trop rapide du réactif gazeux doit toujours être évité; l’absorption par le liquide ne se faisant qu’avec une vitesse limitée, il entraîne la déperdition dans l’atmospliére d’un gaz toxique, même à faible dose (§ üdd). Cette dernière considération, dont on n’apprécie pas toujours exactement la valeur, et aussi les inconvénients nombreux qu’entraîne d’une autre manière la dilfusion de l’hydrogène sulfuré dans l’atmosphère des laboratoires, la détérioration des instruments métalliques, l’altération de beaucoup de réactifs, le trouble apporté dans certaines réactions pendant qu’on les elfectue, etc., font qu’on doit donner aux appareils à hydrogène sulfuré des dispositions particulières et les éloigner des laboratoires. Le mieux est de leur réserver un local spécial, séparé du laboratoire proprement dit par un espace ouvei l au grand air, et ventilé énergiquement par un a})pareil mécanique. L’emploi, pour la ventilation, de tuyaux d’appel actionnés par des llammes de gaz, doit être évité, l’hydrogène sulfuré pouvant former avec l’air, dans ces tuyaux, des mélanges explosifs énergiques (§ 038).
1383. Acides minéraux. — Acide sulfurique. — On l’emploie soit à l’état concentré (D= l,84), soit en solution aipieuse au dixième, après avoir constaté sa pureté (voy. Essai, § 030).
A>\\LYSE OüALITATlVE.
Acide azotique. — L’acide azotique rrionoliydraté ou fumant ne sert qu’en de rares occasions. L’acide usité comme réactif est amené, par dilution, à la densité i,2 et contient de 28 à 80 pour 100 d’acide proprement dit. Il doit être préparé avec un acide azotique dont on a préalablement vérifié la pureté (voy. Essai, § 577).
Acide chlorhydrique. — La dissolution saturée n’est utile que rarement. Un acide pur, amené par dilution à la densité de 1,1 1 à 1,12, et contenant de 22 à 25 poui’ 100 d’iiydracide, convient au contraire dans la généralité des cas (voy. Essai, § 678).
Eau régale. — (Voy. § 670.)
Acide /luorhydrique. — L’acide sec et gazeux convient mieux que sa dissolution aqueuse; on le dirige (§ 607), pai‘ un tube de plomb ou de platine, dans un creuset de platine contenant la matière à attaquer; on a soin d’opérer sous une botte de cheà tirage énergique, atin d’expulseï’ régulièrement du laboi'atoire ses vapeurs corrosives. Une dissolution aqueuse du même acide, conservée dans une bouteille de gutta-})ercba, peut encore ôti'e employée dans le même but, mais moins efficacement; elle ne doit pas être chargée d’acide sulfurique ni d’acide bydrolluosilicique.
Acide hydrofluosilicique. — Cet acide est employé en solution aqueuse de densité 1,08 à 1,04 (vov. Préparation ci Essai, § 777).
Acide sulfureux. — Dissolution aqueuse saturée à froid (§ 612), que l’on conserve à l’abri de l’air.
Acide phosphoreux. — Solution aqueuse de 1 partie d’acide cristallisé (§ 705) dans 10 parties d’eau.
Acide borique. — L’acide fondu et })ulvérisé sert dans les essais au chalumeau. On le conserve à l’abri de l’humidité.
1884. Acides orcaniques. — Acide acétique. — Solution aqueuse de densité 1,0587 (8®r)aumé), contenant environ 46 pour 100 d’acide. Ce réactif doit présenter les caractèi'es de pureté suivants ; 11 est volatil sans résidu {sels)', dilué, il ne ju’écipite ni Tazolalc d’argent {acide chlorhydrique), ni l’azotate de baryte (acide sulfurique) ; il ne produit pas cette dernière réaction