ANALYSES PAR VOIE SÈCHE
A. - — nu chalumeau.
1394. La méthode d’analyse minérale par voie sèche, basée sur l’emploi dn chalumeau, a été imaginée par Anton Svvab, mais elle a été développée surtout par Gahn, puis par llerzelius et par Platlner. Entre des mains expérimentées, elle conduit rapidement, avec peu de matière et en usant de moyens fort simples, à des résultats remarquahles. Appliquée à des mélanges un peu complexes, elle exige cependant une grande habitude, une longue pratique. C’est cette considération qui la fait délaisser trop souvent. Toutefois, il suffit de s’ètre livré. à quelques exercices fort simples pour que les essais au chalumeau fournissent en peu de temps des renseignements précieux sur la présence de certains éléments dans les corps à analyser; ces essais conviennent particulièrement pour un examen préalable et aussi pour contrôler les résultats fournis par la voie humide.
1305. Chalumeau. — Le chaliimeati est un instrument au moyen duquel on dirige avec la bouche un jet d’air régulier dans une flamme ; on donne ainsi à cette dernière une forme particulière, en même temps qu’on élève considérablement sa température. C’est ce dernier fait \ it qui a conduit, dès une époque reçu- ^
lée, à utiliser l’instrument en ques- fig. 324. — Chalumeaux,
tion pour la soudure des métaux.
Le chalumeau le plus simple est un tube de fer, légèrement conique, et recourbé à 90” au voisinage de son orifice étroit (fig. 324, G). 11 se rouille sous l’influence de l’air humide qui le traverse, et son orifice se déforme alors rapidement, ce qui le met hors d’usage. On lui préfère le chalumeau de Gahn (fig. 324, G'). Celui-ci est en laiton et se compose de plusieurs pièces ; deux tubes coniques FO et AB, à directions perpendiculaires, s’adaptant en O et en A, par des joints rodés, à un réservoir R retenant
ANALVSH QL’AIATATIVE.
rimmidilé condensée pendant rinsiirilalion ; en F, une emboiichuce d’ivoicc permet d’appliquer commodément rinstrument sur les lèvres; enfin le tube AB se termine par un petit ajutage conique de platine, dont la nature inaltérable maintient constants la Ibrine et le diamètre de l’orifice de sortie. Si, tenant à la main rinstrument par son réservoir, on souffle en F et on dirige
le jet d’air sui' la flamme d’une bougie, par exemple, les conditions dans lesquelles s’ellèctue la combustion sont profondément modifiées.
1300. Flamme. — Dans les conditions normales, la flamme de la bougie (fig. 3:Î5), étant alimentée d’air })ar la partie extérieure seulement, ne peut être homogène. On s’aj)ei‘coit de ce fait au premier examen. A la base, en D, c’est-à-dire près de la mèche, elle se trouve recouverte d’une sorte de petite capsule d’un hleu clair, dont les bords s’amincissent rapidement et se terminent en même tenq)S que la calotte sphél ique. Dans l’axe de la flamme, vers le haut de la mèche et au-dessus, est une partie conique somhrc CA ; elle est revêtue d’une enveloppe lî, également conique et très lumineuse, laquelle est elle-même recouverte d’une seconde enveloppe LL'L", mince et peu éclairante, qui va en s’épaississant légèrement vers le sommet de la flamme.
Le corps gras fondu monte dans la mèche, par capillarité, et se décompose pai’ la chaleur, en donnant des produits gazeux qui occupent le milieu de la flamme. L’air affluant vers celle-ci par les parties extérieures, on conçoit ([ue la combustion soit à peu près nulle de C en A, où s’accomplit en quelque sorte une décomposition pyrogénée. Dans le cône lumineux B, l’oxygène étant encore en quantité insuffisante, la combustion est incomplète et la lumière est produite par les particules de charbon non brûlées, qui se trouvent portées à une température éle-
Fig. ;t25. — Flamme d’ime bougie.
i:5'JG.— ESSAIS AU EllAUUMEALI.
vée; celle parlie de la llamme esl siirloul le lieu des réaclions intermédiaires; la température s’y trouve limitée, mais les vapeurs combustibles dominant, le milieu gazeux est l'éducteur. Dans l’enveloppe extérieure LL'L", au contraire, l’oxygène intervenant en quantité surabondante, la combustion est complète, le charbon disparait et avec lui la lumière; en môme temps le maximum de température se trouve atteint ; enfin le milieu gazeux esl oxydant.
Ce qui précède s’applique à peu près exactement à toutes les flammes éclairantes, autres que celle de la bougie, notamment à la flamme d’un brûleur de Dunsen non alimenté d’air par le bas.
1397. Flammes d’oxydation et de réduction. — Si, au moven du chalumeau, on dirige sur la flamme de la bougie, dont on a