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IiG. 3”26. — Dard du chalumeau (llamme de réduction).

convenablement recourbé la mèche, un jet d’air cylindrique, étroit et régulier, de manière à produire une flamme conique et sensiblement horizontale, cette flamme possède des propriétés dilTérentes suivant la position que l’on donne à l’orifice de sortie de l’air, et aussi suivant l’intensité de l’insufflation. Si l’on place l’extrémité L du chalumeau en dehors de la flamme (lig. 326), et si l’on souffle modérément, la composition de la flamme n’est que peu modifiée : le jet d’air devient la cause d’une combustion intérieure qui élève la température générale, mais comme il n’amène qu’une quantité d’oxygène limitée, le cône lumineux, riche en produits combustibles, subsiste avec un développement encore assez considérable; de telle sorte qu’un oxyde métallique réductible qu’on place à son sommet brillant, en U, se trouve changé en métal sous l’influence simultanée des gaz réducteurs et de la température élevée. On obtient ainsi la flamme de réduction.

ANALYSE QUALITATIVE

Si, au contraire, on lail pénétrer le chalumeau dans l’intérieur de la flamme, au-dessus de la mèche inclinée, et si l’on souflle fortement, la combustion intérieure, due à l’air du chalumeau, devient considérable, la flamme diminue beaucoup de volume en même temps qu’elle augmente de température; l’air et les gaz combustibles se mélangent presque intimement et l’oxygène domine dans la niasse en combustion, qui devient incolore et oxydante : un métal oxydable qu’on y introduit se change en oxyde. On obtient ainsi la jUnnme d'oxydation^ dont l’action atteint son maximum vers la pointe du dard.

11 est évident que la nature de la flamme insufflée a une influence notable sur la production des feux d’oxydation et de réduction : une flamme forte et contenant en abondance des gaz combustibles, est plus favorable à l’obtention du feu de réduction, tandis que, le courant d’air restant le même, une flamme de plus petites dimensions se prêtera mieux à la production du feu d’oxydation. Les bougies, les lampes à huile avec mèche plate, les becs de Bunsen brCilant du gaz non mélangé d’aii*, conviennent bien pour le chalumeau ; parfois on termine ces derniers par un ajutage (llg. 43, § 87, au milieu) qui aplatit la flamme dans la direction à donner au jet d’air.

Les flammes réductrices et oxydantes jouant un grand rôle dans l’emploi du chalumeau, il est nécessaire de s’exercer à les produire facilement, ce qui exige une insufflation continue et régulière. Instinctivement, lorsqu’on souffle dans un chalumeau, on fait agir simultanément tous les organes qui servent à l’expiration. Or les poumons devant fonctionner alternativement à l’aspiration et à l’expiration, leur intervention ne saurait être continue; ils ne doivent donc pas être l’agent direct de l’insulflation. Ce sont les joues qui doivent faire l’oflice de soulflets : de temps en temps les poumons remplissent la bouche d’air, que les joues expulsent sans cesse sous une pression constante. La première chose à laquelle on doit s’exercer est donc de rendre les mouvements respiratoires indépendants des mouvements de l’insufflation par la bouche; la respiration s’elTectue par le nez, mais on fait pénétrer périodiquement dans la bouche une certaine partie de l’air expiré. D’ailleurs le débit du chalumeau est assez faible pour qu’il ne soit pas nécessaire de remplir la bouche d’air à chaque expiration. Les muscles des joues peuvent seuls ressentir quelque

ESSAIS AlJ CHALUMEAU.

faligiie par un exercice prolongé; ceux de la poitrine n’en doivent pas éprouver.

Lorsqu’on sait produire un courant d’air continu et régulier, on arrive vite à faire à volonté une flamme d’oxydation ou de réduction, si l’on tient compte de ce qui a été dit plus haut. Toutefois la réduction exige toujours un peu plus d’attention que l’oxydation. Un excellent exercice, recommandé par Berzelius, est le suivant : Sur l’extrémité d’un cylindre de charbon de bois, on taille une partie plane, au milieu de laquelle on pratique une ti'ès petite cupule, à peine creusée; on place dans cette cupule un fragment d’élain métallique, de la grosseur d’un grain de millet, et on le chaulVe à la flamme de réduction. 11 s’agit de maintenir le globule fondu, nettement métallique, brillant, non tei'iii par de l’oxyde. Dès que la flamme, qui entoure le métal et qui doit rester réductrice, devient oxydante, l’étain se recouvre d’une couche d’oxyde infusible. On s’entraîne à maintenir réduits des globules d’étain de plus en plus gros.

Donnons maintenant quelques renseignements sur les opérations pratiquées dans les essais par voie sèche. On verra ultérieurement les indications que l’on tire des résultats obtenus.

1398. Essai dans un tube fermé par un bout. — Les tubes dont on se sert sont des tubes à gaz, en verre mince et peu fusible, de 5 à 7 millimètres de diamètre et de 1 décimètre de longueur; on les ferme à la lampe d’émailleur, à la manière d’un tube à essais (§ 171, tig. 116). On introduit au fond d’un tube de ce genre une parcelle de la substance à essayer et on chauffe doucement le bout fermé, en le tenant à une certaine hauteur audessus d’une flamme ; puis, en l’approchant progressivement de cette dernière, on porte peu à peu la température jusqu’au rouge. La substance est-elle hydratée? de l’eau se dégage dès l’origine et se manifeste en se condensant sur les parois froides du tube. Cette eau agit ou n’agit pas sur les papiers de tournesol, ce qui indique si un acide ou une base ont été mis en liberté. Parfois il se sublime un produit solide : sel de mercure, sel ammoniacal, sulfure d’arsenic, etc. Parfois encore, un gaz se dégage ; oxygène rallumant une allumette en ignition que l’on présente à l’orifice du tube, gaz carbonique éteignant la même allumette, vapeurs

ANALYSE QUALITATIVE

ruinantes, etc. Enfin les composés organiques laissent, pour la plupart, un résidu noir de charbon.

139!). Essai dans un tube ouvert par les deux bouts. — Les tubes ouverts ont les inènies dimensions que les tubes fermés; ils sont en outre ti ès légèrement coudés, à 2 ou 3 centimètres de l’une de leurs extrémités, et c’est au sommet de l’angle que l’on place intérieurement la substance à essayer. Dans cet appareil, un courant d’air s’établissant, c’est un véi itable grillage que l’on elïéctue lorsque, tenant le tube un peu incliné, on cbauflè le corps audessus d’une llamme. On reconnaît ainsi la présence de certains corps que la calcination (§ 1398) ne révèle }»as; les sulfui’es et les arséniures donnent des anhydrides sulfureux et arsénieux, reconnaissables à leurs odeurs; ou bien encore certains composés , provenant ou non de l’oxydation, se subliment et se condensent dans la partie supérieure du tube.

1-400. Essai sur le charbon. — Le charbon de bois constitue le support sur lequel on elïectue, au chalumeau, un grand nombre de réactions réductrices. On choisit un cylindre «le charbon, de !2 centimètres de diamètre environ, non fendu, et on le taille avec une nlpe à bois, de manière à produire vers son extrémité un plan un peu incliné vers la base. C’est sur ce })lan que l’on dépose la matière à chauffer; pour donner à celle-ci ])his de stabilité, on pratique, au milieu de la partie plane, une petile cavité dans laquelle on dépose l’essai ; on dirige ensuite sur celui-ci le dard du chalumeau. Ici les phénomènes efiectués sont complexes. Tout d’abord la chaleur peut agir seule, comme dans le tube Icrmé; on peut de plus entourer la substance, soit de la flamme d’oxydation, soit de la flamme de réduction. On observe la fusion de la matière, avec ou sans changement de couleur, les altérations qu’elle éprouve par oxydation ou par réduction, le dépôt que forment sur le charbon les vapeurs émises, la réduction des métaux, la déllagration du produit, etc.

Le charbon permet en outre de faire intervenir certains réactifs, tels que le carbonate de soude et le cyanure de potassium, qui tous deux facilitent les réductions des métaux. Le carbonate de soude est fort usité ainsi pour attaquer les silicates; on constate si les substances analysées sont ou non solubles dans

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