I. — DÉTERMINATION DE LA BASE D’UN SEL
Ü13. Pratique de l’analyse. — Ce qui a élé dit plus haut (du § 1 406 au § 1400), nous permet de supposer que le sel analysé se trouve en dissolution dans l’eau, puisque, s’il ne s’y trouve pas, il peut toujours y être mis par l’un des procédés indiqués.
Pour simplifier l’exposé, nous désignerons par le signe [LP] {liqueur primitive) la solution saline à analyser.
Lorsque les réactions ne comportent pas l’intervention de la chaleur, on opère dans un verre à expérience (fig. 99, § 154). On y verse successivement la liqueur à essayer et le réactif, en proportionnant les quantités. La forme conique du verre permet d’opérer sur peu de matière, en observant cependant avec netteté la formation des précipités, la coloration du mélange, etc. La résistance du vase est en outre suffisante pour qu’on puisse y remuer vivement le liquide avec un agitateur de verre (§157), ce qui active la formation de certains précipités cristallins. Dans ce dernier cas, il est indispensable que l’agitateur soit bordé à la lampe (§ 165) ; sans cette précaution, l’arète qui entoure sa base se pulvérise par le choc, et la poussière de verre, en suspension dans le liquide, peut donner l’apparence d’un précipité.
ANALYSE OUALITATIVE.
Lorsque la l’éaction nécessite rintervenlioii de la chaleur, on mélange la solution avec le réactif dans un tube à essais (§ 171, lig. IIG). Ces tubes ne résistent au feu que s’ils sont minces et réguliers d’épaisseur; ils ne peuvent donc présenter aucune résistance au choc et ne permettent pas l’emploi des agitateurs.
Enlin, des vei’res de montre dans lesquels on mélange les corps qui doivent réagir, sont en usage dans quelques laboratoires pour remplacer à la Ibis les verres à ex})érience et les tubes à essais. Assez épais pour permettre l’agitation avec une baguette, ils peuvent cependant supportei’ l’action du leu lorsqu’on les abaisse lentement au-dessus d’une flamme, sans qu’ils touchent celle-ci. Leur principal avantage est d’obliger à opérer sur fort [)cu de substance.
La liqueur à analyser doit être convenablement diluée, non seulement parce que les solubilités qui règlent les réactions à observer se rapportent à l’eau et non à des solutions salines concentrées, mais encore alin qu’on puisse j)rendre plus facilement une quantité limitée de substance, tout en observant avec netteté les réactions.
1414. Marche a suivre. — A. On verse dans |LPJ deVacide chlorhydrique en léger excès, c’est-à-dire de manière à assurer la présence dans le mélange d’une petite quantité de cet acide à l’état de liberté. Il faut éviter d’ajouter un grand excès d’acide, qui précipiterait certains sels solubles dans l’eau; or les solubilités qu’il s’agit ici de constater sont, on vient de le dire, rapportées à l’eau et non à l’eau chargée en grande abondance de certains réactifs.
Si l’acide chlorhydrique, ajouté en léger excès, donne un précipité blanc, ou passe à l’essai B. S’il ne donne pas de précipité, on pratique l’essai G.
a. Si [LP| était alcaline à l’origine, l’alcali a été d’abord neutralisé par le réactif acide. Il arrive, pendant cette opération, que l’on observe la formation de divers précipités auxquels ne s’applique pas l’essai lî. Ces précipités sont dus à l’acide silicique, l’àcide borique, l’acide antinionique, ainsi qu’à certains oxydes, sulfures ou cyanures, insolubles dans l’eau, mais solubles dans les alcalis. Pour distinguer ces corps de ceux auxquels s’ap[)lique valablement l’essai P», on verse de la potasse dans le mélange : ce réactif les redissout, tandis qu’il laisse insolubles les chlorures d’argent, de plomb ou de mercure, visés par l’essai B. Pour caractériser complètement ces