DÉTERMINATION DE LA BASE D’UN SEL
matières rendues insolubles par l’addition de l’acide, on les traite pour les dissoudre comme il a été dit plus haut (§ 140G et suivants).
1415. B. Sels qui sont précipités par l’acide chlorhydrique (dans l’essai A). — On verse de V ammoniaque en grand excès dans le mélange tenant en suspension le précipité formé par l’acide chlorhydrique. Si ce précipité se dissout, on a alïaire à un sel d’ARGENT. S’il ne se dissout pas, ou bien il reste blanc et il s’agit d’un sel de plomb, ou bien il devient noir et il s’agit d’un sel de mercure au minimum.
a. Le chlorure de plomb étant légèrement soluble dans l’eau, il n’apparaît par l’acide chlorhydrique que dans les liqueurs suffisamment concentrées; dans les liqueurs très étendues, le plomb n’est décelé que par la suite des opérations (voy. Essai .), § 1417).
1416. G. Sels qui ne sont pas précipités par l’acide chlorhydrique (dans l’essai A). — On place [LP], acidulée par l’acide chlorhydrique, dans un tube à essai, on la chauffe, et au moyen d’un tube en verre coudé, bien propre et plongeant jusqu’au fond du liquide, on fait passer dans celui-ci, lentement et bulle à bulle, un courant de gaz sulfhydrique (§ 1382), que l’on prolonge pendant quelques minutes. Dans ces conditions, les sulfures métalliques insolubles dans la liqueur acide se séparent.
S’il se fait un précipité, on passe à l’essai D ; s’il ne s’en fait pas, on pratique l’essai K.
a. Dans le cas où il se forme un précipité, il est indispensable de rechercher s’il s’agit bien d’un sulfure métallique insoluble et non de soufre. Certains sels au maximum d’oxydation, dont les sulfures solubles dans les acides ne sont pas précipitables, se réduisent sous l’influence de l’hydrogène sulfuré, et donnent ainsi un dépôt de soufre :
Fe^CU -f IIS = 2 FeCl HCl S.
L’acide cbromique donne une réaction analogue. De même les éléments halogènes libres décomposent l’hydrogène sulfuré avec dépôt de soufre :
IIS + Cl = HCl -f- S.
H en est encore ainsi avec certains oxacides tels que les acides sulfureux, azoteux, chlorique, hypochloreux, bromique, etc., en un mot avec la plupart des agents oxydants (§ 639).
Le soufre ainsi précipité est reconnaissable à différents caractères. A l’origine, la liqueur dans laquelle il se forme prend une apparence spéciale et des
m ANALYSE QUALITATIVE.
reflets azurés assez caractéristiques. Le précipité ne tarde pas à devenir blanc et à rendre la li(jueur laiteuse, [luis il s’agglomère et prend une teinte jaune. L’agglomération est surtout marquée à chaud. Enfin le soufre aggloméré, étant lavé à l’eau distillée, puis cliauffé sur une lame de (ilatine, disparaît sans résidu, et brûle en donnant l’odeur franche du gaz sulfureu.v. Le |)récipité de soufre étant reconnu, il sera considéré ici comme non avenu, le précipité dont la formation est visée dans l’essai G étant exclusivement un sulfure métalli(jue. On supposera donc que la liqueur, si elle n’a donné qu’un dépôt de soufre, n’a pas fourni de précipité et on passera à l'essai K.
b. I/action de l’hydrogène sulfuré ne peut être considérée comme absolument négative (]ue si l’essai a été fait sur le liquide chaud ; l’arsenic notamment peut échapper, dans certains cas, si l’on néglige cette précaution.
c. Un grand excès d’acide chlorhydrique libre (voy. A, ^ 1414) retarde la précipitation de certains sulfures et doit être évité.
1417. D. Sels qui sont imiécipités par l’iiyurogène sulfuré (dans l’essai C). — Le stilftire pfécipilé esl soltible ou insoluble dans le sidfhydrale (T ammoniaque. Pour constater celte propriété, on laisse déposer le précipité, on décante autant que possible la liqueur surnageante, et inêine on la sépare à l’aide du filtre, puis on verse sur le précipité, })lacé dans un tube à essais, un excès de sulfliydrale. On cbauiïe doucement le mélange sans dépasser 50“ ou GO", potir éviter l’altération du réactif. Si le mélange devient limpide, le sulftire est soluble et on passe à l’essai E; si le précipité reste insoluble, on pratique fessai J.
Le sulfliydrale d’ammoniaqtie chargé de soufre (§ 1380) est celui qui convient le mieux pour cet essai de dissolution.
E. Métaux dont les sulfures sont solubles dans le sulfhydrale d'ammoniaque (dans l’essai D). — Si la couleur du sulfure soluble était foncée, c’est-à-dire noire ou brune, on fait l’essai F. Si, au contraire, cette couleur était claire, c’est-à-dire jaune plus ou moins orangé, on passe à l’essai G.
F. Lorsque le sulfure est de couleur foncée, on fait bouillir [LP] avec de Vacide oxalique : tandis que la solution reste lim- {)ide quand on a alïaire à un sel d’ÉTAiN au minimum, elle se trouble par un dépôt d’or réduit quand il s’agit d’un sel d’oR.
G. Lorsque le sulfure est de couleur claire, on en précipite une nouvelle quantité dans [LP] acidulée, on laisse déposer, on décante la liqueur aussi complètement que possible, et même on l’élimine par filtration, puis ou introduit le précipité dans un