DOSAGE DE L’ACIDE AZOTIOEE
L’appareil employé (fig. 343) consiste en un générateur d’iiydrogène ou de gaz carbonique F, dont le gaz est diidgé par des tubes MN et P dans une cornue lubulée G, de 500 centimètres cubes environ. Celle-ci, dont le col est horizontal, porte par un bouchon [)ercé, le tube étroit d’un laveur à 3 boules, de Will et ^\arrentrap W. La cornue est disposée sur un bain-marie.
Dans la cornue G, on introduit 50 centigrammes de l’azotate a essayer, 55 centimètres cubes d’eau, et, après dissolution du sel, un mélange de 5 grammes de limaille de lèr et de 10 grammes de
FiG. 313. — Dosage de l’acide azotique (procédé de Schulzc).
limaille de zinc. L’appareil étant disposé comme le représente la ligure, on introduit dans l’appareil à boules W, par son large orifice resté ouvert, 10 centimètres cubes d’acide sulfurique normal, puis, dans la cornue, par sa tubulure momentanément entr’ou verte, 55 centimètres cubes de lessive de soude (D= 1 ,335). En milieu alcalin, le couple électrique zinc-fer décompose l’eau en donnant de l’oxyde de zinc, qui se dissout dans la soude, et de l’bydi ogène, qui change en ammoniaque l’acide azotique de l’azotate :
AzHO«-f 4tt^= \zlt> + 3tl-OL
J048 ANALYSE OUANTITATI VE.
<jiiand la réaclion s’esl eflecluce spoiitanéineul pendant lieures, on chaulle doucemenl la cornue el on lait passer le courant de gaz inerte. Enlin, lorsqu’il ne se fait j)lus de réaction apparente dans la cornue, on cliaulfe celle-ci à feu nu, et on distille lentement le tiers de son contenu, en évitant toute pi’ojeclion et sans interrompre le courant gazeux. Celui-ci a pour but d’entraîner la totalité de l’ammoniaque. L’opération terminée, cette dernière s’est rendue dans l’acide sulfurique et l’a neutralisé partiellement; pour connaître son poids, il reste à doser la quantité d’acide i‘esté libre.
On lait passer dans un vase à réaction (lig. 101, § 15i) le contenu du tube à boules, et on rince celui-ci à })lusieurs reprises avec de l’eau distillée, alin d’entraîner la totalité du produit. On pratique alors, sur les li(|uides réunis, un dosage alcalimétrique indirect {§ 1 i97) au moyen d’une solution nonnalc de potasse.
1509. Soit n ceiitiinèlres cubes le volume de potasse (pi’il a fallu ajouter •jtour obtenir la saturation ; 10 — n est donc le volume d’acide normal saturé par
ramnioiua(jue ; -jQÿij- est des lors la fraction d’équivalent d’acide saturée par
cette ammoniaque, et parsuite la fraction d’é([uivalent d’acide azotique, qui a fourni cette ammoniaque. Le poids d’acide azotique (AzllO° = Olî), contenu
<lans la prise d’essai de 03'’,50, est donc -• et celui contenu dans
J gramme.
(to — m fi3x2
tüUÜ
tje résultat peut être énoncé en considérant la pureté de l’azotate analysé. Soit, })ar e.\enq)le, l’azotate de potasse (AzKO*'= ICI) ; la quantité de ce corps qui existe dans le produit analysé étant é(iuivalente à celle de l’acide azotique, il suflit de remplacer, dans les formules précédentes, l’éipiivalent 63 de l’acide par celui du sel lOt, pour avoir le poids d’azotate de potasse pur (|ue renferme soit la prise d’essai, soit 1 gramme de la substance.
En employant une liqueurdepotasse plus diluée, demi-normale par exemple, on a plus de sensibilité.
Il arrive souvent que le contenu de la cornue fournisse une mousse abondante ; on fait tomber celle-ci en ajoutant un peu d’alcool. A cet effet, par un second trou prati(]ué au bouchon adapté à la tubulure de la cornue, on fait passer un tube droit, qui plonge inférieurement dans le liquide, et dont la partie supérieure est fermée par un bouchon : quelques centimètres cubes d’alcool, versés parce tube ouvert momentanément, suffisent pour supprimer la mousse.
La limaille de fer, en se rouillant, se charge d’ammonia(|ue ; on évite toute erreur de ce fait en portant préalablement au rouge, dans un creuset fermé, la limaille à employer. Les parties superncielles sont seules oxydées par l’air (|ui pénètre dans le creuset ; on les écarte.
1510. — DOSAGE DE L’ACIDE AZOTDJüE. lOiO
1510. Dosage de petites quantités d’acide azotique. — Lorsqu’il s’agit de doser des poids très faibles d’acide azotique, ainsi <|Lie cela se présente dans l’analyse des eaux, par exemple, le procédé suivant donne d’excellents résultats (M. Boussingault). 11 est basé sur ce fait que, si l’on cbauffe avec de l’acide azotique, une solution d’indigo chargée d’acide chlorhydrique, l’indigo est décoloré en quantité proportionnelle à celle de l’acide azotique en présence.
On se sert ordinairement d’indigo |)réalablement épuisé par l’eau à 40", puis par l’acide chlorhydrique étendu de son volume d’eau, et entin par l’éther. 11 est préférable de prendre de l’iiidigotine pure. On en pèse 5 grammes, on les pulvérise, et on les mélange avec (iO centimètres cubes d’acide sulfurique île Nordhauseii. En ajoutant 20 gouttes de la solution sulfurique d’indigo ainsi obtenue, à 100 centimètres cubes d’eau distillée, on a la liqueur normale d'indifjo. Le carmin d’indigo dissous dans l’eau convient également.
Pour titrer cette liqueur, on se sert d’une solution d’azotate de potasse pur et sec, contenant exactement 0'^',5 de sel par litre, soit 0^50005 par centimètre cube. On mesure à la pipette jaugée 2 centimètres cubes de cette solution d’azotate, et on les porte à l’ébullition dans un tube à essais; on ajoute 1/2 centimètre cubi' d’acide chlorhydrique pur, et surtout exempt de chlore libre ou de produits nitreux, puis, avec une burette et goutte à goutte, la solution normale d’indigo. Tout d’abord la coloration bleue disparaît rapidement; lorsqu’elle cesse de le faire, on concentre le liquide par ébullition, et elle disparaît de nouveau; on continue à ajouter de l’indigo, en remplaçant de temps en temps l’acide chlorhydrique qui s’évapore. On s’arrête au moment où une coloration vert-émeraude, qui dénonce une réaction partielle, persiste même après ébullition et après addition d’acide chlorhydrique. C’est ce phénomène de coloration que l’on prend comme indicateur du terme de la réaction. Soit X le volume de la liqueur normale d’indigo décolorée.
On oj)ère les dosages de la môme manière. On mesure exactement un volume de la liqueur à analyser, 25 centimètres cubes d’eau par exemple, on le place dans un petit ballon, on ajoute de l’acide chlorhydrique, on chaulTe, puis, avec une burelte, on verse de la liqueur d’indigo, le tout sans s’écarter des conditions rap-
[)urlécs plus haut. Soit N' le volume de la liqueur normale d’indigo décolorée.
i\ centimètres cubesde li(jueur normale d’indigo sont décoloi'és [)ar l’acide de 0'' ,001 d’azotate de potasse (AzO'’,KO ~ 101), soit par 0'-' ,0005d5 d’acide (Az(j’' =- 54) : on a en ellèt et pai*
— 0'J',()()0535. Dès lors, 1 centimètre cube de la
suite X —
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hqueui' d indigo correspond a — — ■ d acide, et pai‘ suite —
est le poids d’acide (AzO’’) contenu dans la prise d’essai.
Oiiand il s’agit de liquides très pauvres, ou peut, en opérant sur un volume plus considérable, les additionner préalablement d’une faible quaiitité de [lotasse pure, pour éviter toule volalilisation de l’acide, les concentrer, et faire le dosage sur le résidu de l’évaporation.
La présence des matières organiques, oxydables par l’acid(^ azotique, iiillue sur le ré.sultat.