DOSAGE UE L’ARGENT
pur, préalablement porté au rouge mais non fondu, en le dissolvant dans l’eaii et en complétant 1 litre de dissolution. Pour plus de précision, le chlorure de sodium étant rarement d’une pureté parfaite, on dosera exactement le chlore dans cette liqueur, soit volumétriquement et avec une solution d’argent de titre connu (§ 1528), soit par pesée après précipitation à l’état de chlorure d’argent (§ 1526). Appelons le poids de chlore qu’elle contient par centimètre cube, le poids x d’argent qu’elle précipitera par centimètre cube sera donné par la proportion
I = de laquelle on tire x = p-^ = p x 3,0423.
Pour doser l’argent avec cette liqueur, on peut opérer d’une façon inverse de celle adoptée pour le dosage du chlore (§ 1529). On dissout dans l’eau la prise d’essai, qui doit contenir de 0^'’,i5 à O**', 20 d’argent ; s’il s’agit d’un alliage d’argent, on l’attaque préalablement par l’acide azotique, puis on ajoute un peu d’eau. L’emploi du chromate d’argent comme indicateur exigeant que l’on opère en liqueur neutre, on commence par ajouter à la dissolution du carbonate de soude pur, jusqu’à neutralisation ou même très faible alcalinité, et on y laisse tomber 3 gouttes de chromate de potasse, qui donnent la coloration rouge du chromate d’argent. On fait arriver ensuite dans le mélange, au moyen de la burette, la solution salée; on agite constamment, et on s’arrête au moment précis où une goutte ajoutée en plus produit la décoloration. Le chromate d’argent ne disparaît facilement que lorsqu’il vient d’être précipité; de plus, sa disparition exige une agitation énergique, plus facile à réaliser en opérant dans un llacon que l’on bouche et que l’on secoue fortement entre deux additions de liqueur titrée. Soit V le nombre de centimètres cubes de cette dernière que l’on a employé, \p X 3,0423 est le poids d’argent contenu dans l’essai.
Le chromate de potasse convient moins bien, comme indicateur, pour le dosage de l’argent que pour le dosage du chlore, l’apparition du précipité rouge étant plus nette que sa dissolution. Il exige en outre que la liqueur analysée ne contienne aucun composé précipitable par l’acide chromique. Le mode opératoire suivant, dans lequel on reconnaît le terme de la réaction par l’apparition ou la non-apparition d’un précipité dans une liqueur limpide, est préférable.
On introduit la prise d’essai dans un flacon bouché à l’émeri,
ANALYSE QUANTITATIVE
de ^250 centimètres cubes de capacité, après l’avoir mise en dissolution; si la li(jueur n’en contient déjà, on ajoute quelques centimètres cubes d’acide azotique, puis de l’eau pour Ibrmer à peu près 100 centimètres cubes de liquide. On chauffe le flacon au bain-marie vers 70% puis on y laisse écouler lentement la liqueur salée contenue dans la burette. De temps en temps, on arrête l’écoulemenl, on bouche le flacon, on l’agite fortement, ce qui rassemble le précipité et le sépare rapidement de la liqueur limpide ; on constate que la précipitation devient de moins en moins abondante, et que bientôt une goutte de solution salée ne [»roduit plus qu’un léger trouble. On continue alors avec précaution, en agitant après chaque goutte ajoutée, et lorsqu’une dernière goutte, en tomhant dans le liquide éclairci après agitation, ne le trouble plus, on lit sur la burette le volume du liquide employé.
En faisant une prise d’essai 5 fois plus considérable, en la dissolvant de manière à former 1/2 litre de liqueur, et en opérant sur 100 centimètres cubes de cette dernière, on peut recommencer plusieurs fois le dosage et n’avoir aucune hésitation sur le résultat, à une goutte de liqueur salée près.
16:23. Dosage par coupellation. — L’argent est inoxydable au rouge vif; tous les métaux communs sont au contraire oxydés à la même température, et les oxydes qu’ils forment sont solubles dans la litbargeen fusion. Si donc on oxyde à Tair un alliage d’argent, fondu et additionné de plomb, dans un vase poreux et susceptible de se laisser pénétrer par la litbarge en fusion, l’oxyde de plomb (jui se produit imbibe la paroi du vase et disparait, entraînant en dissolution les autres oxydes formés en même temps que lui. En faisant intervenir une quantité de litbarge suffisante, c’est-à-dire assez de plomb à oxyder, il est possible de dépouiller ainsi l’argent de la totalité des métaux communs auxquels il est allié. 11 ne reste plus (|u’à déterminer son poids. Tel est le principe sur lequel repose l'application de la coupellation à l’analyse.
L’oxydation à très haute température se produit dans les fourneaux à moulle (§ 76, lig. 33 et § 94, lig. 51). Les objets que l’on place dans le coffret ou rnoutle de ces appareils, sont à la fois chauffés très fortement et soumis à l’action d’un courant d’air régulier.
Les vases poreux qui conviennent pour la coupellation sont désignés sous le nom de coupelles; c’est à eux que la méthode analytique doit son nom. Ils sont de forme large (lig. 353), afin que le métal fondu y présente une grande surface à l’action de l’oxygène, et leurs parois sont épaisses pour qu’elles puissent absorber beaucoup d’oxyde, soit l’oxyde fourni par un poids