RÉFRIGÉRATION
A. — Réfriiïérntlon par écliaiifmiirnt cTiin corps froid.
lo“2. Agents de réfrigération. — Le mode le plus habituel de réfrigération des corps, est leur contact avec l’air aucpiel ils cèdent peu à peu leur chaleur. L’action de ce contact, à laquelle se joint d’ordinaire celle du rayonnement, est évidemment très avantageuse puisqu’elle ne nécessite aucune intervention de l’opérateur; mhis d’autre part, elle est lente à cause de la masse très faible du corps gazeux qui s’échauffe aux dépens du corps refroidi. La même raison explique pourquoi la réfrigération au moyen de tout autre gaz que l’air, n’est presque jamais employée.
Il n’en est pas de même de l’action du contact des liquides. Au point de vue qui nous occupe, ces derniers présentent sur les gaz l’avantage de pouvoir emmagasiner une beaucoup plus grande quantité de chaleur, et sur les solides celui d’être mobiles et de permettre le renouvellement facile des parties qui se sont échauffées au contact du corps à refroidir.
133. Réfrigér.ation par l’eau. — Parmi tous les liquides que l’on peut utiliser comme réfrigérants, l’eau se distingue d’abord par son abondance à basse température, ce qui permet de la renouveler indéfiniment, et aussi par sa forte chaleur spécifique. Elle est l’agent par excellence des réfrigérations rapides. Des robinets fournissant de l’eau froide, doivent donc se trouver dans toutes les parties du laboratoire; pour plus de commodité, ces robinets, de très petites dimensions, se terminent par des ajutages semblables à ceux des appareils de ^chauffage par le gaz et s’adaptant à un tube de caoutchouc qui conduit l’eau dans tout endroit où celle-ci est nécessaire.
Les modes d’emploi de l’eau comme agent de réfrigération, sont des plus variés. Si on ne craint aucune action étrangère de l’eau sur le corps à refroidir, on se borne à la déverser sur ce dernier d’une manière continue ou bien à la placer dans un vase où on plonge ensuite le corps en question. Dans le cas contraire, on opère la réfrigération d’une façon analogue, mais par l’inter-
EMPl.OI DE LA CIlALEl’H.
médiairc d’un vase quelconque, choisi aussi bon conducteur de la chaleur que possible, et dans lequel on a placé la matière dont on veut abaisser la température. Le résultat est atteint d’autant plus rapidement, ({ue la surface de contact est plus considérable.
Dans beaucoup de circonstances, spécialement pour les liquides, les gaz et les vapeurs, il est avantageux d’opérer le refroidissement d’une manière continue. On y parvient au moyen d’appareils auxquels on donne des noms dilférents suivant leur forme, mais qui fonctionnent tous d’après le môme principe : le liquide réfrigérant et la substance à refroidir, séparés par une paroi que la chaleur traverse, se meuvent en sens contraire au long de cette paroi, de telle sorte que le premier va loujours en s’écbauiïanl el le second en se refroidissant; il en résulte que, si l’appareil est suffisamment développé, le corps refroidi a pris à la sortie la
température que le liquide réfrigérant possédait à l’entrée, el réciproquement.
134. Réfrigérant de lierig. — Le plus simple des instruments de ce genre est le réfrigérant de Liebig (fig. 70). Il consiste en un tube TT' que traverse le liquide ou le gaz à refroidir : Ce tube est relié en T avec l’appareil fournissant ce dernier et en T' avec celui qui le reçoit après refroidissement. Ce tube est fixé enM et en N, par deux bouchons jiercés, à un autre tube de plus grand diamètre mais de moindre longueur, qu’il traverse d’outre en outre. L’espace annulaire compris entre les deux tubes est occupé par le liquide réfrigérant, qui n’est autre que l’eau ; cette eau pénètre par un tube coudé A qui traverse le bouchon en R' et qu’on relie à un robinet d’eau au moyen d’un tube de caoutchouc; elle s’échappe en D par un second tube recourbé, disposé comme le précédent. Le liquide ou le gaz à refroidir circulant de T en T', l’eau s’avance en sens contraire; celle-ci s’échappe chaude en D et celui-là arrive froid en T'.