DOSAGE DES ÉLÉMENTS HALOGÈNES
1G39. Dosage uu chlore. — \°Par voie sèche. — Ce procédé est applicable à toutes les substances organiques chlorées. Il consiste à décomposer ces substances par la chaleur rouge, en présence de la chaux, et à doser le chlore qu’elles ont cédé à cette dernière.
La chaux que l’on emploie doit être aussi peu chargée que possible de chlore. La chaux de marbre blanc convient parfaitement. Elle doit être bien anhydre, et conservée à l’abri de l’air humide. On en pèse 100 grammes, que l’on éteint et que l’on délaye
dans l’eau; on salure et môme on acidulé par l’acide azotique, on dilue, on fillre, on lave avec soin le lillre et les matières qu’il a retenues, puis, dans les liqueurs réunies, on dose le chlore sous forme de chlorure d’argent (§ 1528). Ce dosage, fixant la teneur de la chaux en chlore, permettra plus tard de tenir compte dans les analyses de l’erreur causée par l’impureté de la chaux. La chaux chargée notablement de silice donne des liqueurs qui filtrent avec lenteur.
On opère dans un tube AG (fig. 807) en verre })eu fusible, de
FiG. 367. — Dosage du clilore.
12 à 15 millimètres de diamètre et d’une longueur croissant avec la volatilité de la substance , mais égale d’ordinaire à 40 ou 50 centimètres. Il est fermé en A et ouvert en G. Ap rès l’avoir pesé vide, on y introduit, de A en il, un peu de chaux concassée; de Il en G, un mélange de chaux en poudre grossière avec la }>rise d’essai finement pulvérisée; de G en D, la chaux avec laquelle on a enlevé du mortier employé les dernières traces de substance qu’il pouvait retenir; enfin de D en F, de la chaux concassée. Le remplissage et le mélange sont faits sur une feuille de papier glacé noir, qui reçoit les parcelles tombées et permet d’éviter toute perte.
On pèse le tube rempli, ce qui fait connaître le poids de chaux qu’il contient.
On entoure le tube de clinquant, on le frappe, allongé sur une table, pour ménager aux gaz un canal de dégagement, suivant sa génératrice supérieure, et on le place sur une grille.
Toute la décomposition doit se faire en chauffant progressivement le tube de F vers A : de la chaux non chauffée, placée en avant de chaux dont la chaleur expulse la vapeur d’eau, s’hydrate, se gonfle, forme bouchon et sort du tube en chassant devant elle le contenu de celui-ci; un pareil accident est d’autant plus à craindre, que la chaux est plus souillée d’hydrate. On chauffe donc au rouge sombre la chaux pure, de F en D, puis on avance lentement le feu jusqu’en A ; en 20 ou 25 minutes, la totalité du tube peut être portée au rouge. On laisse alors refroidir le tube.
ANALYS:-: OIIANTITATIVE.
xVprès l’avoir développé et, ossuyé exlérienrerncnt, on fait lomber son contenu dans un vase à j)récipiler renfermant de l’eau, on le rince avec de l’ean aiguisée d’acide azotifpie pur, puis avec de l’eau distillée, en réunissant les eaux de lavage au produit.
On ajoute au mélange de l’acide azotique, d’abord pour dissoudre la cbaux, puis pour aciduler la liqueur. On filtre, on lave le résidu charbonneux resté sur le filtre, on réunit tous les liquides et on y précipite le chlore par un excès d’azotate d’argent. On lave le i)récipité, on le recueille, et on le pèse avec les précautions ordinaires (voy. § 1557). Le ])oids du chlorure d’argent obtenu fait connaître celui du chloi-e. En défalquant de ce dernier la quantité de chlore i-enfermée dans la chaux employée, quantité bien rarement négligeable, on a le poids du chlore contenu dans la prise d’essai.
On abrège beaucoup le lavage du résidu, en brûlant le cbai'bon, qui est abondant avec certaines substances organiques chlorées. A cet clfet, on termine le tube, à son exti'érnité fei mée, j)ar une partie étirée dont la pointe est scellée à la lampe. La destruction de la matière étant complète, on bi ise la pointe, on réunit par un caoutchouc l’orifice largo du tube à un aspirateur, et on fait passer un courant d’air, pendant quelques minutes, sur la masse maintenue au rouae sombre.
Quand le tube de verre qui a servi n’est pas de bonne qualité, ou quand on l’a chauffé trop fortement, il se brise pendant le refroidissement, ce qui rend le mode opératoire précédent difficilement applicable; on remplace souvent ce dernier par le suivant ; le tube étant encore chaud, on l’enfonce dans de l’eau pure, où il se brise par refroidissement brusque; on traite le tout par l’acide azotique, puis on lave le résidu de verre afin de séparer la totalité de la dissolution.
Lorsqu’il s’agit d’un liquide volatil, au lieu de le mélanger à la cbaux, on l’enferme dans une ampoule tarée (fig. 301, § 1031), en chauffant l’ampoule ouverte, en plongeant sa pointe dans le liquide cl en fermant la pointe })ar un jet de chalumeau, lorsque la contraction de l’air intérieur, qui se refroidit, a fait pénétrer assez de liquide. Une seconde pesée de l’ampoule donne le poids de la prise d’essai. Coupant le tube lin de l’ampoule dans sa partie étranglée, on fait glisser au fond du tube les deux fragments, et on remplit aussitôt avec de la chaux concassée. Les précautions .à
1G39. — DOSAGE DU CllUüUE.
prendre pour chaiUrer le liquide, sont variables avec sa volaülilé; dans lous les cas, l’auipoule ue doit être cliauriee que lorsqu’on a porté au rouge nue colouue de chaux pure de longueur sulfisante pour arrêter le cliloi’e.
1G4Ü 2“ Par voie humide (Carias). — I/acide azotique détruit à chaud les matières organiques ; eu présence du nitrate d’argent, le chlore de ces matières est cliangé tout entier en chlorure d’argent.
On pèse la matière pL à 3 décigrammes). Si elle est attaquée à froid par l’acide azoti([ue fumant, on renferme soit dans une ampoule tarée (§ IG3I), soit -dans un petit tube en verre mince, également taré. On l’introduit dans un tube de verre très épais, fermé par un bout, avec 10 ou 12 grammes d’acide azoti(pie pur et fumant (1) = 1,5) et un excès d’azotate d’argent cristallisé. On scelle le gros tube à la lampe. Si l’on a fait usage d’une enveloppe de verre pour la prise d’essai, eu secouant fortement le tube scellé, on brise l’enveloppe mince contre ses parois. On introduit ensuite le tube scellé dc'ins un étui de fer et on le cbaulfe au bain d’huile (voy. Opérations en tubes scellés, § 458 et suivants).
l'our les corps organiques de la série grasse, on maintient le tube entre 180" et 200° ; (|uand il s’agit des dérivés de la série aromatique, il est nécessaire d’aller jusqu’à 250° ou 2G0°, encore la méthode est-elle cpielquefois en défaut dans ce dernier cas. Après une heure de chauffage, on laisse refroidir le tube, on l’enveloppe d’un torchon pour éviter les projections en cas de ru|)ture, et on présente l’extrémité de la pointe linement eflilée dans le jet du chalumeau. Les gaz com[)rimés soufflent le verre fondu, le percent et s’échappent. On ferme de nouveau la pointe et on chauffe encore pendant 3 heures. .Après refroidissement, on débarrasse une seconde fois le tube des gaz comprimés qu’il contient, puis on l’ouvre largement, en évitant avec soin d’y laisser tomber des fragments de verre.
On fait passer son contenu dans un vase à précipiter et on ajoute les eaux avec lesquelles on le rince à plusieurs reprises. S’il y a lieu, on écrase avec une baguette les restes de l’enveloppe. On lave, on recueille, on calcine et on pèse, à la manière ordinaire, le chlorure d’argent formé, mais sans le séparer dos débris de l’enveloppe. Le poids du produit est ensuite diminué de la tare de l’enveloppe, dont il a retenu la matière ; on a ainsi le poids du chlorure d’argent et par suite celui du chlore.
1641. Dos.tGE DU BROME ET DE l’iode. — La méthode de Carius (§ 1640) convient également pour le dosage de ces éléments dans les substances orga niiiues.
B. DoMn;;es <liver« portant sur «les snli.stanecs organiques.