DOSAGE DU SUCRE DE CAANE
Ou pèse de nouveau 1 gramme du sucre à analyser, et on opère sur lui comme pour le dosage du saccharose (§ 1G5“2). Soit M le poids de sucre de canne trouvé. Ce poids doit évidemment être diminué de la (|uantité de saccharose qui correspond à de sucre interverti, ce dernier, qui prée.viste dans la matière, ayant conlrihué à la réduction dans la seconde expérience. Or on a vu plus haut (§ 1651) que 360 grammes de sucre interverti correspondent à 342 grammes de saccharose; on doit donc retrancher p de m pour avoir le poids P de saccharose contenu dansl gramme du sucre hrut analysé. On a donc P = M — n
Une caasonade ou une mélasse se dosent de la même manière que les sucres hruts de betterave. Ces produits étant d’ordinaire très colorés, il est cependant nécessaire de leur faire suhir un traitement préalable par le sousacétate de plomb; celui-ci précipite diverses matières organiques qui, parleur coloration ou leur pouvoir réducteur, gênent ou faussent le dosage.
On dissout la prise d’essai (^1 gramme) dans 30 ou 40 centimètres cubes d’eau, on ajoute, goutte à goutte et en agitant vivement, du sous-acétate de plomb, tant qu’il se fait un jjrécipité, mais en évitant un trop fort excès. On complète alors 100 centimètres cubes de liqueur et on filtre dans un vase sec. Avec la solution ainsi préparée, ou opère comme il a été dit plus haut pour analyser les mélanges de saccharose et de sucre interverti. Si l’excès de sel de plomb est faible, le léger précipité (|u’il donne avec l’alcali du réactif cupro-potassique se sépare avec l’oxydule de cuivre et ne gêne pas. Dans le cas contraire, il est possible de le séparer en ajoutant, à un volume mesuré de liqueur sucrée, un volume également mesuré de solution de sulfate de soude, et filtrant pour séparer le sulfate de plomb précipité. Dans les calculs de l'analyse, on tient compte ensuite de l’augmentation du volume de la liqueur sucrée.
En dehors des matières sucrées elles-mêmes, pour l’analyse desquelles le polarimètre fournit des données précieuses, on doit doser encore, dans les sucres commerciaux, l’eau et les cendres.
L’e«?( se dose par perle de poids, en desséchant 10 grammes de matière entre 110° et 115°; on opère dans les conditions habituelles (§ 1500).
La détermination des cendres ne présente pas non plus de particularité. On incinère, dans un vase de platine taré, une prise d’essai de 5 grammes. I/usage d’un moufle est ici très recommandable. L’alcalinité et par suite la fusibilité des cendres rend importante la précaution habituelle d’incinérer au rouge sombre : un essai dont les cendres ont été fondues est presque toujours faux.
1655. Analyse d'une racine sucrée. — Pour doser le sucre dans une betterave, par exemple, on lave celte betterave, on enlève le collet avec un couteau, puis on transforme en pulpe, à l’aide d’une râpe, la totalité de la racine ; on mélange la pulpe et on en prélève un échantillon moyen de 50 grammes.
On exprime la prise d’essai dans un nouet de toile, on môle le résidu exprimé avec de l’alcool à 50 centièmes, et on exprime de nouveau dans la même
ANALYSE QUANTITATIVE
toile. Après un second iraileinent à l’alcool, suivi d’une troisième e.vpression, on rejette le tourteau, on lave à l’alcool la toile et la presse, puis on réunit tous les li([uides. On les cliaufle dans une capsule, et on chasse l’alcool en maintenant l’ébullition pendant quelque temps. On ajoute peu à peu, au liquide refroidi et énergi([uement agité, du sous-acétate de plomb, jusqu’à ce que ce sel ne produise plus de précipité dans le mélange éclairci. On filtre et on lave le précipité. Dans les liqueurs, on précipite le plomb en excès par du carbonate de soude. On sépare sur un filtre le carbonate de plomb et on le lave. Avec tous les liquides réunis et refroidis, on complète 500 centimètres cubes de liqueur. Celle-ci contient la totalité des matières sucrées; de plus elle est dépouillée à peu près complètement des matières organiques réductrices.
On opère sur elle comme pour le dosage d’un mélange de sucre de canne et de glucoses divers (§ 1654), en prenant pour chaque expérience 100 centimètres cubes de la lii[ueur.
1G5G. Dosage du sucre de lait. — Le sucre de lait réduii directement, sans dédoublement préalable en glucoses, le réactif cupro-potassique. Suivant les conditions de l’expérience, une demi-molécule de cette matière sucrée réduit de 7,3 à 7,7 équivalents de cuivre. De plus, la réduction se fait moins promptement qu’avec les glucoses.
Pour doser le sucre de lait dans une liqueur ne contenant pas d’autre corps réducteur, on mesure un volume de cette liqueur correspondant à moins de 1 gramme de sucre, et on l’amène par dilution à occuper 100 centimètres cubes. On opère ensuite avec cette solution sucrée comme pour le dosage du glucose (§ 1G51) : on détermine le volume V qu’on en doit employer pour décolorer 20 centimètres cubes de réactif cupro-potassique. Opérant de même avec 1 gramme de sucre de lait pur, on litre le réactif par rapport à cette matière sucrée ; soit N le volume de liqueur nécessaire pour effectuer la décoloration. Le poids x de sucre de lait contenu dans la prise d’essai sera donné par la proportion
^ = laquelle conduit à la valeurs =
L’essai doit être fait lentement.