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REFRIGERANT DE LIEBIG

vers l’orifice d’arrivée de la vapeur, de manière à y faire refluer le liquide. Un réfrigérant, ainsi employé est disposé à reflux. Il est alors nécessaire que le tube central soit assez large pour que les mouvements contraires de la vapeur et du liquide condensé y puissent coexister, et que son prolongement dans l’appareil producteur de vapeur soit terminé par un biseau destiné à faciliter l’écoulement. D’ailleurs, il résulte de ce qui a été dit plus haut (§ 133) que dans ces conditions la réfrigération ne peut être méthodique.

137. Serpentins. — L’efficacité d’un réfrigérant dépendant de sa surface et par suite de sa longueur, il arrive parfois que celleci doit atteindre un grand développement. En pareil cas, pour donner à l’appareil une forme moins encombrante, on enroule le tube central en hélice ss' et on le plonge par ses parties médianes dans un vase large où arrive un liquide froid.

Cette disposition constitue un serpentin (fig. 82).

Le liquide refroidissant est amené par un tube rr' jusqu’au fond duvase ; il s’échauffe

au contact du serpentin et, sa .

, ..... ^ , ’ Fig. 82. — Serpentin,

uensite diminuant a mesure

que sa température s’élève, il se superpose aux portions plus froides arrivées après lui; la température dans le vase que traverse le serpentin va donc en croissant depuis le bas jusqu’tà la partie supérieure, où le liquide échauffé se déverse par une tubulure T. Avant de pénétrer dans le serpentin, la vapeur qui arrive par V ou par V', passe dans une chambre E où s’opère déjcà en grande partie sa condensation. Le liquide formé s’écoule vers'la partie basse du système. La réfrigération est ainsi méthodique; elle est obtenue en échauffant la moindre quantité possible de liquide froid, et donne au corps condensé la température que possède à l’arrivée le liquide refroidissant.

Les serpentins servent surtout pour les opérations qui poiTenl

EMPI.OI DE LA CllALEUn.

sur des quantités importantes de matière, ou lorsqu’on a besoin d’une réfrigération très parfaite, aussi les construit-on le plus souvent en métal, le tube recourbé étant en étain; ils ne peuvent alors servir que pour les corps neutres ou peu actifs sur la substance du tube.

138. On construit aussi des serpentins en verre; le vase extérieur est alors une cloche renversée et percée à son sommet d’une ouverture qui livre passage à la partie inférieure du tube refroidi ; celui-ci est relié par un bouchon à une douille qui termine l’ouverture de la cloche. Ils manquent de solidité.

139. La forme héliçoïdale du tube des serpentins n’est pas sans présenter des inconvénients, notamment au point de vue du nettoyage. Aussi a-t-on disposé certains réfrigérants avec des tubes droits coudés, portant à chaque coude une ouverture ; celle-ci est tenue bouchée d’ordinaire, par une bonde vissée que l’on enlève lors du nettoyage ; dans d’autres cas, l’appareil se compose de lames planes et juxtaposées, entre lesquelles circulent alternativement l’eau et la vapeur, etc. Ces serpentins, relativement compliqués, sont industriels, mais peu répandus dans les laboratoires de chimie.

140. Les agents de réfrigération solides ne sont presque jamais utilisés.

B. — Réfi'ixcratlon pur clianKcnicnt d’elnt pliyKiqiie.

141. Réfrigération par la fusion. — La clialeur soustraite au corps refroidi peut être employée, non pas comme précédemment à en échauffer un autre, mais à le changer d’état, à le fondre ou à le volatiliser ; elle devient alors latente.

La chaleur latente de fusion est mise en jeu, par exemple lorsqu’on refroidit un corps en l’enlourant de glace: la température de ce corps s’abaisse ainsi jusqu’à 0", point de fusion de la glace, à condition cependant que celle-ci ait été prise en quantité suffisante; dans ces circonstances, la chaleur cédée par le corps refroidi ne modifie pas la température du corps refroidissant, mais est absorbée pour elTectuer la liquéfaction de ce dernier. La glace est à peu près le seul corps solide que l’on utilise ainsi: on peut, en cITet, se la procurer facilement; de plus, sa chaleur latente de fusion (79 calories) est considérable, ce qui est un grand avantage ; enfin les conditions de sa fusion permettent d’obtenir une température parfaitement constante.

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