‹ Manipulations de physique; cours de travaux pratiques, professé a l'École supérieure de pharmacie de ParisChapitre 168 sur 299 · MODIFICATION DE M. CORNU · texte numérisé non relu

MODIFICATION DE M. CORNU

Toute autre matière que le sucre de canne pourrait être dosée avec la même certitude et la même facilité. Il est à remarquer, toutefois, qu'un pareil procédé suppose une dissolution simple, et qu'il ne saurait s'appliquer au cas où le liquide observé renferme plusieurs substances actives en dissolution.

Modification de Vappareil de Biot. Disposiiion de M, Cornu. — L'appareil de Biot, si bien établi qu'on le suppose, ne donne jamais des mesures d'une rigoureuse précision, surtout quand le liquide qu'on observe n'est pas absolument dépourvu de couleur. L'évaluation de la teinte sensible comporte alors une incertitude qui peut s'étendre à un et même à deux degrés.

En perfectionnant une disposition due à M. Jelett, professeur à Dublin, M. Cornu {Journal de pharmacie et de chimie^ 4* sfcrie, XII, 3^45) est parvenu à construire un appareil dans lequel l'erreur se trouve limitée à deux ou' trois minutes d'angle.

Cet appareil se compose, comme celui de Biot, d'un polariseur, d'un analyseur et d'un espace intermédiaire dans lequel on place les tubes.

Le polariseur ?st un prisme de Nickol scié en deux longitudinalement suivant le plan des petites diagonales, et recollé après que chacune des faces de sciage a été usée d'un angle de 2% 30'. Les sections principales des deux moitiés de prisme sont ainsi à 5* l'une de l'autre.

L'analyseur est un nickol ordinaire que l'on fixe sur l'alidade d'un limbe gradué. La lumière employée est une flamme monochromatique fournie par un brûleur de Bunsen au-dessus duquel on suspend une petite corbeille de fils de platine contenant du sel marin fondu. La flamme ainsi produite est d'un jaune pur, trèsbrillante; elle ne renferme que les rayons correspondant à la raie D du spectre solaire.

On vérifie d'abord la position des sections principales du polariseur. En éclairant l'appareil avec la lumière monochromatique et faisant tourner l'analyseur, on reconnaît que l'extinction n'a pas lieu en même temps pour les deux moitiés du polariseur, et qu'il existe une position intermédiaire pour laquelle elles présentent des intensités égales. Cette position correspond au cas où la section principale de l'analyseur est perpendiculaire au plan bisec-

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leur des deux sections principales du polariseur. C'est elle qu'on détermine avec une grande précision, en prenant la moyenne de plusieurs observations successives et notant le degré du limbe auquel elle correspond.

Le point de départ étant ainsi parfaitement établi, on interpose le tube contenant la matière active, et on détermine , par une moyenne de plusieurs observations, de combien de degrés et de fractions de degré il faut tourner l'analyseur soit à droite, soit à gauche, pour arriver au même terme de l'égalité des deux ombres. L'incertitude se trouve, comme précédemment, renfermée dans des limites extrêmement étroites, puisque l'obscurité complète arrive, pour chacune d'elles, à 3 degrés et demi de cette position. On note le chiffre obtenu ; on en retranche celui qui correspond au point de départ, et on a ainsi le pouvoir rotatoire avec une Irès-grande exactitude.

Les trois figures 218, 219, 220 représentent les modifications

FiG. 218, 219, 220. — Taille qu'on fait subir au prisme de Nickel dans la dispositioa de Jelett et Cornu (*).

successives qu'éprouve le nickol polariseur par l'opération de la taille.

Dans la figure 218, le cristal a sa périphérie ordinaire abcd. La ligne nn' représente la projection du plan des petites diagonales. Les segments adOj adi, indiquent les parties qui doivent être détachées.

La figure 219 montre l'apparence qu'offre le nickol après qu'on a enlevé les deux segments ado, adi. La périphérie nouvelle est ohdci^ et l'espace odi est vide.

Enfin on voit, dans la figure 220, ce que devient le cristal lorsqu'on a rapproché et accolé l'une contre l'autre les deux faces de sciage do du La périphérie est exprimée par iV cd. La ligne ponc-

(*) f\%. 218. Nickol, âvanl qu'on ait rien enlcvd. — Fiff. 219. Nickol dont on a dëUchë nn tcgment.— Fig. 220. Nickol, après qu'on a rapproché et accole les deux faces de sciage.

POLARISTROBOMÈTRE. 51 f

tuée nn' représente, comme dans la première figure, la projection du plan des petites diagonales du nickol primitif.

Il est évident dès lors, si chaque face de sciage a été usée d'un angle de 2^,30', que les sections principales des deux moitiés du prisme sont maintenant à 5** Tune de Fautre.

Cette disposition d'appareil a déjà produit de très-bons résultals^ entre les mains d'un grand nombre de chimistes. Elle paraît devoir remplacer le polàrimètre ordinaire de Biot. M.Duboscq a surmonté avec beaucoup d'habileté les difficultés assez grandes que présente la taille du polariscur.

Disposition de M, Wild, Polaristrobomètre. — La détermina* tion de la teinte sensible dans l'appareil de Biot exige que l'œil de l'obseiTateur ne soit affecté d'aucune anomalie dans la perception

Fie. 221. — Franges d'interférence.

des couleurs. Le polàrimètre de M. Wild offre cet avantage que la détermination du pouvoir rolaloire repose, non sur l'appréciation d'une couleur, mais sur la disposition des franges d'interférence et sur leur réapparition.

Deux nickols sont employés dans cet appareil : l'un comme polariseur, l'autre comme analyseur, et on interpose, entre ce dernier et le tube à liquide, un polariscope de Savart (1). On aperçoit alors une série de franges parallèles (fig. 221) qui traversent l'image ; mais voici ce que l'observation montre de particulier.

Toutes les fois que les sections principales des deux nickols sont parallèles ou perpendiculaires, les franges manquent dans la

(1) Le polariscope de Savart est formé par la superposition de deux lames épaisses* de quartz, taillées un peu o)l)liquement par rapport à Taxe, et croisées à angle droit.

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