COMPTE-GOUTTES DE M. DUCLAUX
tage des procédés fondés sur la capillarité. Car les vins contenant en moyenne 8 ou 10 pour 100 d'alcool, l'indication se trouve comprise, pour l'alcoomètre centésimal, dans la partie de l'échelle qui prête le plus à l'incertitude, et pour le compte-gouttes, dans la partie qui offre, au contraire, le plus de précision.
Pour s'affranchir de l'influence de la température, MM. Limousin et Berquier ont pris soin de rendre l'échelle mobile, et de mettre, à chaque essai, son zéro en coïncidence avec le niveau de l'eau dans le tube. Mais il y aura à voir si les rapports, établis sur l'échelle pour une température déterminée, ne se modifient pas d'une manière sensible, quand la température est très-différente (1).
Comple-goulles de M. Duclaiu\ — M. Duclaux, auquel on doit des observations intéressantes sur la tension superficielle des liquides, a constaté qu'à chaque mélange d'alcool et d'eau correspond une valeur particulière et distincte de cette tension superficielle. En sorte que, si on l'apprécie en faisant couler dans un tube compte-gouttes un volume déterminé des divers mélanges, on peut déduire, du nombre de gouttes obtenu, le titre alcoolique qui appartient à chacun d'eux.
Le compte-gouttes employé par M. Duclaux est représenté par la figure 112. C'est une pipette ordinaire dont l'orifice inférieur est assez fin pour que le liquide ne puisse s'écouler que par fig. ii2. — pipctiê gouttes distinctes et non autrement. Le diamètre compte-gouttes de extérieur de cet orifice est, d'ailleurs, réglé ressai^de^vin^*!"*^ de telle sorte que 5 centimètres cubes d'eau distillée à la température de 15% y donnent exactement 100 gouttes (2).
En opérant à diverses températures et sur des mélanges d'alcool
(1) Voir, pour plus de détails, Journal de pharmacie et de chimie y i* série, VHI, 241.
(2) Il est toujours possible d'obtenir ce résultat en usant au degré convenable et avec du papier à l'émeri, la paroi extérieure du bec d'écoulement. Le tube orifice de la pipette de M. Duclaux est alors le même que celui que M. Salleron a adopté pour les compte-gouttes qu'il construit depuis longtemps, et que le Codex a consacrés pour les usages médicaux.
238 lUCHËSSE ALCOOLIQUE DES VINS.
et d'eau en proportions variables, M. Duclau^ a pu dresser une table indiquant les nombres de gouttes fournis dans son appareil, par 5 centimètres cubes de chacun de ces mélanges. Nous extrayons de cette table les nombres qui se rapportent à la température de 15 degrés.
Degrd Nombre Degré Nombre
Blcoomëtriquc. do goattes. alcoomëtriqtie. de gouttes.
Ces nombres confirment les résultats déjà énoncés, à savoir que c'est dans les alcools très-faibles que le compte-gouttes acquiert son maximum de sensibilité.
En opérant sur les vins, au lieu d'opérer sur de simples mélanges d'alcool et d'eau, M. Duclaux a reconnu que le procédé présentait la même exactitude. Dans tous les cas qu'il a examinés, la concordance avec le procédé de la distillation a été complète. C'est qu'en effet, dans les vins ordinaires, la densité est toujours trèspeu variable, et toujours très-voisine de celle qui appartient à l'eau. L'expérience montre, d'ailleurs, que la tension superficielle d'un vin est, à très-peu près égale à celle d'un mélange alcoolique du même titre. Voici un extrait de la table dressée à ce sujet par M. Duclaux, et dans laquelle se trouve établie pour 15° la relation entre le titre alcoolique d*un vin et le nombre de gouttes qu'il fournit sous le volume de 5 centimètres cubes.
Degré alcoométrique.
Nombre de goattes.
Degré alcoométrique.
Nouibro de (ovttu,
COMPl^E-GOUnES DE M. DLCUt'X. idQ
Degré Nombre Degrc Nombre
alcoomëlrique. do goultet. alcoomët rique. de goutlM.
Avec cette table et en suivant le mode opéi^atoire que nous allons indiquer, la détermination du titre alcoolique d'un vin n'exige pas plus de trois minutes, et peut être faite presque sans outillage.
Mode opératoire. — Remplir la pipette compte-gouttes par aspiration, jusqu'au trait qui limite 5 centimètres cubes du liquide soumis à l'essai; compter le nombre de gouttes qui correspond à l'écoulement complet; et, après avoir noté la température, chercher dans la table le titre alcoolique correspondant.
On voit que le procédé et l'appareil de M. Duclaux sont à peu de chose près ceux de MM. Limousin et Berquier. La seule différence est que ces derniers mesurent le volum j correspondant à un même nombre de gouttes; tandis que M. Duclaux mesure le nombre de gouttes correspondant à un même volume (1).
(1) Voir, pour plus de dctaiU, Annales de physuiue et de chimie^ 5« série, II, 238.