COMPOSÉS RENFERMANT PLUS DE DEUX ÉQUIVALENTS
On trouve alors que, pour! gramme d'hydrogène dégagé dans le voltamètre, le poids de cuivre déposé est :
31K%8 sur l'électrode négative du premier vase, 63 4 id. du second vase.
Ce qui est conforme à l'énoncé précédent; car ce résultat exige que le poids de chlore dégagé au pôle positif soit exactement le même dans les deux solutions.
Malgré les travaux de Matteucci et de M. Edm. Becquerel, il reste encore beaucoup à faire pour connaître le mode exact suivant lequel se décomposent tous les corps dans la formation desquels il entre plus de deux équivalents. Malheureusement, il y en a un certain nombre qui, même à l'état de fusion, ne conduisent pas l'électricité; et s'ils la conduisent après qu'ils ont été dissous dans l'eau, on a tout lieu de croire qu'ils ont formé quelque combinaison particulière avec ce liquide.
Une des objections les plus graves qui aient été faites contre l'énoncé précédent, considéré comme loi générale, est le mode de décomposition que subit l'eau oxygénée, lorsqu'elle est traversée par un courant :
En interposant dans un même circuit deux voltamètres contenant l'un de l'eau ordinaire légèrement acidulée, l'autre de l'eau oxygénée, on devrait avoir, d'après l'énoncé précédent : 1" le même volume d'oxygène dans les deux appareils; 2' un volume d'hydrogène deux fois moins grand dans le voltamètre à eau oxygénée que dans celui à eau pure. Or, c'est précisément le contraire que fournit l'expérience. Pour un équivalent d'oxygène dégagé dans le voltamètre ordinaire, on en trouve deux dans le voltamètre à eau oxygénée ; tandis que le volume d'hydrogène est exactement le même dans les deux cas.
Il est vrai que M. Edm. Becquerel donne l'explication de cette anomalie qui, pour lui, n'est qu'apparente. Au lieu de considérer l'eau oxygénée comme formée des deux radicaux H 4*0*, il la considère comme formée du radical électropositif HO combiné avec le radical électronégatif 0. Or, de même que, dans le composé KOSO^ le pôle positif reçoit S0*+0, c'est-à-dire en apparence deux équivalents d'éléments électronégatifs, de même dans le composé H0^ le pôle «positif doit recevoir 0 -f 0* ce dernier repré-
356 DÉCOMPOSITIONS ÉLECTROLYTIQUES.
sentant réiément électronégatif de HO» sans qu'il y ait atteinte à la loi ordinaire.
Malgré les doutes qui peuvent rester encore sur le mode de décomposition de ces sortes d'électrolytes, il faut reconnaître que les travaux de Matteucci, et surtout ceux de M. Edra. Becquerel ont considérablement élargi le cercle de nos connaissances sur les décompositions électrolytiques. Les résultats nouvellement obtenus sont tels que, pour les comprendre dans son énoncé, la loi de Faraday doit désormais être formulée de la manière suivante : Quand un courant traverse une série d'électrolytes, les décompositions s'effectuent dans des proportions telles, que les quantités pondérables des éléments électronégatifs, mis en liberté dans les diverses portions du circuit, sont dans les rapports de leurs équivalents chimiques. Comme conséquence de cette loi, les quantités d'éléments électropositifs, simultanément séparés, sont précisément celles, quelles qu'elles soient, d'ailleurs, qui étaient unies aux éléments précédents.
Applications des lois sur les décompositions électrochimiques. — Il est à peine nécessaire de faire ressortir l'intérêt qui s'attache aux déterminations électrolytiques que comporte la loi de Faraday.
S'il est vrai, comme cela paraît aujourd'hui démontré, que les poids des éléments électronégatifs qu'un même courant sépare des composés où ils sont contenus, soient toujours et très-exactement dans le rapport des équivalents chimiques qui appartiennent à ces éléments, on a, dans l'action même de la pile, un moyen de fixer la formule chimique de certains composés à l'égard desquels les autres procédés ne donneraient que des déterminations vagues et incertaines. C'est ainsi qu'entre le protochlorure de cuivre dont la formule peut se représenter par Cu^l ou par CuCl, et le bichlonire de cuivre dont la formule peut se représenter par CuCl ou CuCl*, l'éiectrolyse tranche la question d'une manière nette et décisive. Elle montre, en effet, que, pour un équivalent d'électricité dynamique, chacun des deux composés dégage un équivalent de chlore (Bufl); tandis que le poids du cuivre déposé par ce même équivalent d'électricité djuamique est de deux équivalents pour le premier composé, et d'un seul équivalent pour le second (Matteucci, Becquerel). Comme conséquence nécessaire de ce mode de