CAS D'UNE DISSOLUTION COMPLEXE
gique. Le circuit étant complètement fermé, le courant traverse la dissolution, et bientôt on voit se former un dépôt métallique sur la lame négative n'. Ce dépôt est l'argent pur, et tant qu'il reste quelques grammes de nitrate d'argent dans la dissolution, on peut être assuré qu'aucune trace de cuivre ne s'est déposée sur l'électrode.
Lorsqu'on estime que l'opération a été suffisamment prolongée, on détache la lame négative, on la lave à plusieurs reprises dans l'eau distillée ; puis on la traite par l'acide nitrique pur qui dissout tout l'argent déposé à sa surface, sans toucher au platine qui constitue l'électrode. Le nitrate ainsi obtenu est complètement exempt de cuivre ; on le fait cristalliser à la manière ordinaire.
Quant au liquide sur lequel a porté l'opération, on peut le renforcer par une quantité d'alliage égale à celle de l'argent pur que le courant en a séparé. Ikest alors possible de procéder à une seconde opération tout aussi certaine que la précédente.
Cette méthode qui permet d'obtenir directement du nitrate d'argent pur, en partant d'un alliage qui contient ^ de son poids de cuivre, est digne de toute l'attention du pharmacien-chimiste. Elle se recommande à la fois par la simplicité de l'opération et par la netteté du résultat.
Galvanocaustique thermique. — Nous avons déjà signalé la propriété que possède le courant galvanique de porter au rouge les conducteurs métalliques qu'il traverse. La chirurgie a tiré de cette propriété un parti très-utile pour cautériser et diviser les tissus organiques. C'est ce mode de cautérisation qui est connu sous le nom de galvanocaustique thermique.
Pour se rendre un compte exact de cette transformation d'électricité en chaleur, il importe de connaître les conditions auxquelles
sée entre deux lames de charbon de cornue ce. Aux charbons correspond le pdle positif p; au zinc correspond le pôle négatif n. Lorsque l'on veut suspendre l'action de la pile, on soulève la lame de zinc, afin de supprimer son contact avec le liquide.
Cette pile est, comme on voit, à un seul liquide; aussi n'a-t-elle pas la constance des piles de Bunsen et surtout de Daniell. Cependant elle s'affaiblit beaucoup moins rapidement que les anciennes piles, parce que l'hydrogène provenant de la décomposition de l'eau est absorbé par le bichromate de potasse, et ne produit, par conséquent aucun dépôt, ni aucune polarisation nuisible.
Le grand avantage de la pile de Grenet est d'être très-propre et de ne répandre aucune odeur incommode ou insalubre. ^
36é , EFFETS CALORIFIQUES DU COURANT.
elle se trouve soumise. Ces conditions se résument dans la loi suivante, qui a été découverte par Joule.
Loi de Joule. — Lorsqu'un courant traverse un fil métallique homogène, la quantité de chaleur dégagée dans Tunité de temps est proportionnelle :
!• A la résistance du fil ;
2* Au carré de l'intensité du courant (1).
Lorsqu'on veut faire naître ou développer la chaleur dans un circuit, on a, pour cela, deux moyens : soit qu'on augmente l'intensité du courant en donnant aux éléments plus de surface, ou, ce qui revient au même, en les associant en batterie ; soit qu'on augmente la résistance du fil en choisissant une matière peu conductrice et lui donnant une section de plus en plus petite.
Les appareils destinés à la cautérisation galvanothermique comprennent nécessairement deux parties essentielles :
1* Le cautère proprement dit ;
2° La source électrique.
Le cautère consiste en un fil de platine dont les extrémités sont mises en communication avec les rhéophores de la pile, de manière à fermer le circuit. Le choix du platine a un double avantage : la résistance qu'il offre au passage du courant fait qu'il s'échauffe beaucoup; et sa difficile fusibilité fait qu'il peut atteindre les plus hautes températures sans se fondre.
La communication entre le cautère et les rhéophores de la pile a lieu par l'intermédiaire d*un manche isolant en bois ou en ivoire, disposé de manière qu'on puisse, à volonté, fermer ou interrompre le circuit. La figure 461 représente la coupe du cautère galva-
(1) Soit c la c[uanlit6 de chaleur dévelo{ipéc penddnt l^unilé de tcmits dans urt Al dont la résistance est l,et qui est traversé par un éourant doiit Tintensité est 1 ; soit G la chaleur dégagée en un temps t par urt coilrant d'intensité I, dans un circuit de résistance R, un a la relation C— cl' R (;
En remplaçant H par sa valeur tirée de la formule de Ohm (laquelle eit égale à B -p , E étant la force électromotrice de la pile), il vient ♦
C«cIE^
D*ôù Ton conclut que la chaleur dégagée dans un temps doilrlé est proportioilneUe au produit de la fdrce électronlotrice E par l'intensité 1 du courant ^ui travek*i« lë fil.
GALVANOCAOSTIQUE THERMIQUE. 367
nothermique. Elle met en évidence deux tiges de cuivre, isolées l'une de l'autre, qui traversent le manche dans le sens de sa longueur, et qui aboutissent, par une de leurs extrémités, avec les fils de la pile, et par Taulre avec les extrémités du cautère. Cette même figure met en relief le mécanisme à l'aide duquel on peut ouvrir ou fermer le circuit. On voit, en effet, que l'une des tiges de cuivre est coupée obliquement, et que, dans l'état ordinaire, les deux parties sont maintenues écartées l'une de l'autre. Le circuit est alors interrompu, et le courant ne passe pas. Pour établir le courant et mettre le cautère en activité, il suffit de presser sur une vis qui fait saillie hors du manche, et qui ramène au contact les deux portions de la tige brisée.
Suivant le but qu'on se propose d'atteindre, on a donné diverses formes au cautère proprement dit ; c'est-à-dire à la partie du circuit qui doit être portée à l'incandescence ;
La forme en stylet ou en pointe (fig. 160) permet de pénétrer dans la cavité des dents cariées, et de cautériser les trajets fistuleux étroits.
La forme en lame de couteau (fig. 161) permet de couper par ustion, lorsqu'on emploie le tranchant, ou de cautériser, lorsqu'on applique le couteau à plat sur les petites surfaces.
En ce qui concerne la source électrique, on peut prendre telle pile que l'on veut, en se conformant, toutefois, aux indications signalées plus haut, c'est-à-dire en prenant des éléments à grande surface, ou en associant les couples en batterie. De cette manière, on obtient une grande intensité de courant, et, par suite, un grand développement de chaleur. La pile de Grenet au bichromate de potasse peut être employée avec avantage pour cet objet.
La galvanocaustique thermique présente, dans un grand nombre de cas, des avantages marqués sur la cautérisation ordinaire. Les principaux de ces avantages sont les suivants :
1^ On peut brûler ou couper des parties profondes^ inacces-^ sibles au cautère actuel et aux instruments tranchants ;
^ Les effets de l'opération peuvent être nettement circottscrits et exactement limités ;
3" La cautérisatioil peut être pratiquée d'une manière rapide et facile ;
368 GALVAXOCAUSTIQUE CHIMIQUE.
4* Employé à la place du bistouri le 'cautère galvanothermique empêche les hémorrhagies.
Galvanocaustique chimique. — Tandis que la galvanocaustique thermique utilise les effets calorifiques de la pile pour porter à rincandescence des cautères métalliques destinés à détruire les
FiG 160 et 161. — Galyanocaustique thermique (*).
tissus par ustion, c'est aux effets chimiques que la galvanocaustique chimique emprunte ses moyens de cautérisation.
Lorsqu'on fait passer un courant galvanique à travers une substance animale, il y a décomposition des sels minéraux que cette
(*) Fig. IdO. Cautère en forme de pointe. ^ Fig. 161 . Coupe loiigîtudiiude du nunche, et eautèra en funiic do lamo de couteau.