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CORPS POREUX

Variabilité des résultats sur la densité des corps solubles, — Quelque soin qu'on apporte dans la détermination de la densité des corps solubles, on ne saurait fonder sur cette détermination un caractère spécifique d'une valeur absolue. Il suffit de comparer les résultats obtenus sur une même substance ppr des expérimentateurs également recommandables, pour reconnaître le peu d'accord qui existe entre eux. C'est qu'en effetlcs corps solubles, même à l'état cristallisé, présentent des différences de structure ou d'agrégation dont la cause se rattache, sans aucun doute, aux conditions variables qui ont présidé au travail de la cristallisation. Beudant a reconnu, il y a longtemps déjà, et M. Filhol a confirmé depuis {Thèse pour le doctorat es sciences, iSM) y que la densité des corps solubles est d'autant plus forte qu'ils sont plus régulièrement cristallisés ; que les gros cristaux étant, en général, moins réguliers que les petits, leur densité est moins grande ; que le même corps est toujours plus dense à l'état cristallisé qu'à l'état amorphe, et qu'en conséquence, lorsqu'on compare la densité de deux sels solubles en prenant l'un à l'état cristallisé et l'autre à l'état amorphe, on se place dans la condition la plus défavorable à l'appréciation exacte du rapport qui existe entre elles.

Il ne faut donc pas attacher une valeur trop absolue aux chiffres qui, sur les tables, représentent la densité des corps solides et solubles. Ce sont des données qui ont leur importance, mais qui sont sujettes à variation, comme les corps eux-mêmes sur lesquels elles ont été obtenues.

§ ^. — Densité des coups poreux.

Nous avons supposé jusqu'ici que , lorsqu'un corps solide ♦'lait plongé dans un liquide, le soufre dans l'eau, ou le sucre candi dans l'essence de térébenthine, le liquide se moulait à sa jurlace extérieure, sans jamais pénétrer dans l'intérieur de sa masse.

Il est des cas, cependant, où le corps solide est criblé d'une infinité deporesou de canaux capillaires assez déliés pour que l'œil ne b aperçoive pas directement, mais assez sensibles pour permettre au liquide qui les mouille de s'y introduire et de modifier le poids 'lu corps plongé. Dans les corps de cette espèce, tels que la craie.

38 DENSITE DES CORPS.

le carbonate de magnésie^ il est indispensable de reconnaître deux sortes de densité, savoir:

La densité apparente, ou le poids du corps rapporté à son volume apparent: cette densité est exactement celle d'un corps qui aurait le même poids et le même volume, mais qui ne serait pas poreux ;

La densité absolue, ou le poids du corps poreux rapporté à son volume réel : et il faut entendre ici, par volume réel, le volume de la matière elle-même dans laquelle les pores sont creusés.

Mode opératoire. — Le procédé auquel on soumet habituellement les corps poreux comprend les trois opérations suivantes, qui donnent, à volonté, leur densité apparente ou leur densité absolue :

1° Prendre un fragment du corps poreux sur lequel doit porter l'essai ; le suspendre à Tun des bassins de la balance hydrostatique, et déterminer son poids /> dans l'air.

3° Placer le corps poreux dans une soucoupe contenant quelques grammes d'eau : colle-ci monte par capillarité, remplit tous les pores, et, on (luelques instants, la substance en est complètement pénétrée. On enlève avec un papieràliltre le liquide surabondant, ot on détermine le nouveau poids // que présente dans l'air le corps poreux ainsi imbibé.

p' — p exprime le poids de l'eau qui remplit les pores, et si <î esl la densité qu'elle présente à la température t de l'expérience,

^-^ exprimera la capacité de ces pores à la température t.

S** Faire plonger dans l'eau le corps poreux actuellement imbibé d'eau, et déterminer le poids jV qu'il présente dans cette troisième condition.

;/ — p" exprime la perte de poids due à la poussée, et par suite le poids d'un volume d'eau égal au volume apparent ou extérieur du corps plongé.

C'est à l'aide de ces trois données et de deux formules trèssimples, que l'on obtient à volonté, soit la densité apparente û, soit la densité absolue D. La première est donnée par la formule

A = ^T-zTTT' 'y '^ seconde a pour expression D = ^ ,,.

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