ESSAI QUAUTITATIF D'UN MÉLANGE DE DEUX UQUIDES
alors iune raie jaune brillante, qui est parfaitement circonscrite, et qui fournit un repère certain pour la mesure de la déviation produite.
Déduire des deux données obtenues l'indice de réfraction n" du mélange pour la raie D, et pour la température t de Texpérience.
4* Vider la cavité prismatique, et remplacer par de l'alcool pur le mélange qui s'y trouvait primitivement contenu. Mesurer l'angle de déviation minimum qui se produit dans ce nouveau cas; et, l'angle réfringent du prisme restant le même, déduire l'indice de réfraction n qui appartient à l'alcool pour la même raie D du spectre, et pour la même température.
5"* Remplacer enfm, dans la cavité prismatique, Talcool absolu par le sulfure de carbone pur. La déviation du rayon est très-considérable. On donne au prisme la position de la déviation minimum, et l'on mesure l'angle qui lui correspond. De cette valeur, et de celle de l'angle réfringent, qui demeure invariable dans toutes les expériences, on déduit l'indice de réfraction n' qui appartient au sulfure de carbone pur dans les conditions précédentes, c'està-dire pour la même raie du spectre et pour la même température.
Ayant ainsi déterminé par l'expérience n, n', n", on arrive à connaître les volumes respectifs des deux liquides qui entrent dans le mélange. En représentant, en effet, par 1 celui qui se rapporte à l'alcool pur, celui qui se rapporte au sulfure de carbone, et qu'on peut représenter par a?, est donné par la formule :
Les considérations qui conduisent à cette formule ont été précédemment développées. Nous rappellerons seulement qu'elle ne tient aucun compte du changement de volume qui survient dans le mélange des liquides. Dans la plupart des cas, ce changement est tellement faible, qu'on peut le négliger ; mais il est des circonstances où Ton ne pourrait le faire sans erreur sensible. On pourra consulter avec avantage le travail dont nous avons précédemment parlé, et dans lequel nous avons indiqué, M. Bussy et moi, le sens et la mesure du changement de volume pour plusieurs des mélanges usuels.
ii8 APPUCATION DES INDICES DE RÉFRACTION.
Avantages particuliers de la mesure des indices de réfraciifm dans les questions d'analyse quantitative. — L'analyse quantitative d'un mélange de deux liquides qui se dissolvent sans se combiner chimiquement peut être faite par d'autres procédés que par la mesure des indices de réfraction.
On pourrait, par exemple, dans le cas actuel, prendre en considération la densité du mélange, comparée à celle des deui liquides isolés, et résoudre le problème au moyen d'une formule analogue à celle que nous avons indiquée. Le poids d'un liquide n'étant autre chose que son volume multiplié par sa densité, et le poids du mélange étant nécessairement égal aux poids des composants, on pourrait poser l'équation vd -j- vd' = (v -[- v') d", El si V et v' étaient inconnus, on pourrait de même, en représentant par 1 le volume de l'alcool, et par x celui du sulfure de carbone, donner à la formule précédente la forme d + rcd' = (1 + ^) ^^ • On en déduirait, commo nous l'avons fait pour les indices :
Quelle différence y aurait-il, dès lors, entre les deux procédésau double point de vue de la facilité dans l'exécution et de l'exactitude dans les résultats ?
Sous le premier rapport, la facilité dans l'exécution, on peut dire que les deux procédés peuvent être mis au même rang. Lorsqu'on a un prisme à liquide dont l'angle réfringent a été déterminé avec soin, comme cette détermination est faite une fois pour toutes, la mesure de l'indice de réfraction se réduit à faire passer un rayon de lumière à tmvers le liquide qui le remplit, et à observer la déviation que ce rayon éprouve, lorsque le prisme se trouve placé dans la position de la déviation minimum. Cette simple opération et le calcul dont elle est suivie peuvent être effectués en quelques minutes, c'est-à-dire dans un temps qui n'excède pas celui qu'exige une détermination de densité.
Quant à Tcxactitude dans les résultats, elle dépend surtout des propriétés physiques qui appartiennent aux liquides mélangés. En général, quand deux liquides diffèrent beaucoup par la densité, ils diffèrent aussi beaucoup par les indices de réfraction. Mais