INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LE POUVOIR ROTATOIUE
Influence de la température sur lepoxivoir rotatoire. — Le pouvoir rotatoire moléculaire change avec la température, au moins pour un très-grand nombre de substances actives. Ainsi, pour le quartz, il augmente de 108' environ pour un échaufifemenl de 70% ce qui lient à ce qu'il se dilate d'une manière différente, parallèlement et transversalement à Taxe. Pour les essences d'orangée, de bigarade, il diminue d'une manière continue avec la température. Pour l'essence de térébenthine, au contraire, il demeure à peu près constant, la chaleur n'ayant d'autre effet que celui d'écarter les molécules, sans ^modifier aucunement la structure du système qu'elles foiment par leur assemblage. L'acide tartrique, en dissolution dans l'eau, présente un pouvoir moléculaire qui croît avei* la température, et reprend sa valeur primitive quand elle revient à son premier point. Biot a reconnu que, pour l'acide tarlriquc fondu et amorphe, la chaleur a aussi une influence marquée sui« le pouvoir rotatoire qui agit vers la droite à 20% diminue ensuite à mesure que diminue la température, devient nul, puis a lieu vers la gauche, à 3* sous l'épaisseur de 0'",07 : la déviation est alors de — ^3 pour les rayons rouges. Le pouvoir spécifique des sels do quinine augmente aussi notablement et d'une manière passagère, pour des températures qui ne dépassent pas celles de l'atmosphère.
En ce (|ui concerne les matières sucrées, le sucre de canne ^ dont le pouvoir moléculaire a été reconnu égal à + 73** 8 pour la tempéï^lure de 15°, conserve ce pouvoir à peu près intact, quand la température varie, même dans les limites les plus étendues dos observations ordinaires.
H en est de même du glucose ou sucre de fécule. Son pouvoir nioléculaire, qui est de-f53'' pour la température do 15", se maintient sensiblement le même à tout autre degré ; en sorte que, pour lui comme pour le sucre de canne, on n'a pas à se préoccuper do la température à laquelle se fait l'observation.
Mais lorsqu'on considère la lévulose ou sucre de fruit liquide^ 01 ne peut plus négliger Taction de la chaleur. Mitscherlioh a vu, en effet, que la chaleur modifie sensiblement le pouvoir rotatoire de cette espèce de sucre, à ce point que, ce pouvoir étant — 100' i la température de 15% n'est plus que —95** à 30% et — 53% c'està-dire moitié plus faible à 85\ Le décroissement que le pouvoir
53i ANALYSE DES MÉLASSES.
rotaloire éprouve peut être évalué à 0* 75 pour chaque degré dont la température s'élève au-dessus de 15'.
Le sucre interverti étant ou pouvant être considéré comme un mélange à poids égaux de glucose dextrogyre et de lévulose, son pouvoir rotaloire doit s'affaiblir graduellement à mesure que la température s'élève; et, puisque cette propriété tient au lévulose qu'il renferme, il doit s'affaiblir de ^ ou de 0*.375 pour chaque degré de température au-dessus de 15". C'est, en effet, ce que l'expérience a confirmé. A -j- 15" le pouvoir rotatoire du sucre interverti correspond à — 26*5, et à 86" il tombe à 0". A partir de ce point le pouvoir change de signe et devient dextrogyre, parce que l'action du lévulose ne peut plus contre-balancer celle du glucose qui a conservé, ou à peu près, son énergie primitive, et dont l'effet devient ainsi de plus en plus prédominant, à mesure que la température continue à s'élever au-dessus de 86\
Par ces diverses raisons, il est indispensable de tenir compte de la température, lorsqu'on observe l'action que la mélasse exerce sur la lumière polarisée après l'inversion. Nous allons voir comment cette influence est appréciée dans le dosage à l'aide du saccharimètre et des tables de Clerget.
Dosage du sucre de canne à Vaide du saccharimètre et des tables de Clenjel. — 1° On pèse dans une capsule 49î^'",41;] de mélasse (1), que l'on délaye d'abord dans une petite quantité d'eau versée peu à peu, et que Ton transvase ensuite dans un matras jaugé, en ayant soin de laver la capsule et d'ajouter les eaux de lavage. On veise dans le matras 15 à 20 ' de sous-acétate de plomb liquide; on agile parfhitemenl et on complète, par l'addition de l'eau néc(^ssaire, un volume total do 300^'.
2' La liqueur précédente, étant débarrassée parfiltration du précipité plombiquc qu'elle renferme, on la mêle avec la nooilié environ de son volume de noir animal lavé et bien sec. Après
(1) Oïl ï>ourrait prondro, conimp «lans les essais (\o. sucre de la manipulation pr«.»c«'donte, IG^i'.iTl démêlasse pour 100 centimètres cubes de solution. Mais, comme 1<* charbon animal que l'on est force d'employer pour décolorer la liqueur, retient Unijours, et nécessairement, une quantité considéiable de cette liqueur on est obligé de tripler les doses normales ordinaires, et de prendre l'J^^llS de mêlasse iw)ur UUO centimètres cubes de dissolution. Le rapport entre le poids de matière sucr*^ et le volume de s(dutiou totale reste le même, et on obtient la quantité de liquide nécessaire à ropération.