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IV. Manière de bronzer

67. Quand on a pris les précautions nécessaires (§ 60) , les épreuves formées sur des moules de métal fusible, ont l’aspect du cuivre brillant, mais quelquefois leur surface ressemble à de l’argent bruni. Dans ce dernier cas, on peut, sans plus de préparation, les placer dans un médaillier. Cet aspect argenié ne se présente que sur la première épreuve; il semble que la surface du moule récemment préparé , soit couverte d’une couche métallique qui s’attache solidement au dépôt cuivreux. L’adhérence est si intime qu’on peut polir l’épreuve avec de la

(1) Ou mieux avec une lame mince de couteau.

( Note du Trad .)

peau ou une brosse à argenterie, sans altérer cette couche. Lorsque ces épreuves sont exposées à l’action de l’air, on est obligé de les nettoyer fréquemment avec une brosse douce, pour leur rendre le brillant primitif.

68. Bronze chimique. On emploie dans les arts plusieurs procédés pour bronzer, tous destinés à faire ressortir le travail des objets. Pour varier l’aspect d’un cabinet , il vaut mieux ne pas s’en tenir à une seule préparation. On obtient un bronze chimique en faisant bouillir, jusqu’à ce que le liquide soit presque entièrement évaporé, deux onces de carbonate d’ammoniaque et une once d’acétate de cuivre dans un demi-litre de vinaigre. On ajoute alors une solution composée de soixante-deux grains d’hydrochlorate d’ammoniaque, de quinze grains d’acide oxalique et d’un demi-litre de vinaigre , puis on remet le mélange sur le feu jusqu’à ce qu’il entre en ébullition. On le filtre lorsqu’il est refroidi et on le conserve pour finale. Le résidu qui reste sur le filtre peut être emp o é de nouveau avec un demilitre de la solution précédente. Il ne faut appliquer cette préparation qu’aux médailles parfaitement propres et brillantes.

69. Il est fad e de nettoyer les épreuves sales (§ 61), en les frottant bien avec une brosse trempée dans un mélange de terre pourrie, de savon et d’eau , mais il faut éviter de les rayer. On les fait sécher après les avoir lavées dans l’eau, ensuite on les polit au moyen de la peau ou de la brosse douce. On peut encore nettoyer des médailles, en les faisant Irem-

per pendant quelques secondes dans de l’acide nitrique pur ou étendu (1).

70. Pour appliquer le bronze, chauffez d’abord la médaille , puis trempez un pinceau de poils de chameau dans le liquide (§ 68) et humectez la surface pendant une demi-minute . Immédiatement après, versez de l’eau bouillante sur l’épreuve, qui séchera aussitôt. Il faut la frotter légèrement avec du coton doux à peine imbibé d'huile de lin et la sécher avec du coton sec. On obtient, par ce procédé, une couleur rouge dont les nuances sont variables. Ii faut examiner fréquemment les médailles bronzées de la sorte, avant de les placer dans la collection, car s’il arrivait que le vinaigre n’eût pas été complètement entraîné au lavage, la pureté des épreuves serait altérée parla formation d’une poudre verte (acétate de cuivre) qu’il faudrait enlever avec le coton comme ci-dessus.

71. Bronze à la mine de plomb . On obtient facilement et en quelques minutes, une fort belle couleur de bronze par la simple application de la plombagine. La nature de la surface originale paraît exercer une grande influence sur la teinte; la mine de plomb prend mieux sur les copies de certaines médailles que sur d’autres. La plus belle nuance s’obtient en agissant sur l’épreuve immédiatement après qu’on l’a isolée du moule (§ 66). Bien qu’on puisse bronzer ainsi toutes les reproductions,

(1) J’engage les lecteurs à ne jamais employer ce dernier procédé. — Voir, aux notes. ( isole du Trad.)

il faut préférer les échantillons brillants obtenus sur le métal fusible. Un mélange de terre pourrie et de térébenthine nettoie parfaitement les empreintes prises sur des moules de cire.

72. On frotte la plombagine sur la médaille avec un pinceau et on la place sur un feu bien clair, jusqu’à ce qu’il soit impossible de la toucher avec les doigts; on la nettoie ensuite avec une brosse à argenterie , lorsque la température est assez basse pour ne pas brûler cette dernière; quelques coups de brosse suffiront pour produire un beau poli presque noir, mais qui ne ressemble nullement à celui de la mine de plomb. On produit une autre teinte brillante tirant sur le rouge ou sur le brun, si l’on opère de même sur une médaille polie ou terminée depuis plusieurs jours (§ 68) ; quelques personnes préfèrent cette riche nuance à celle qui tire sur le brunfoncé.

73. Manière de bronzer avec te carbonate de fer . La substance vulgairement connue sous le nom de poudre à plaqué ou de rouge d’Angleterre , colore admirablement les épreuves. Il faut l’employer absolument comme la plombagine, après y avoir ajouté une petite quantité d’eau. Ce n’eSt qu’avec de l’expérience et du soin qu’on parvient à l’appliquer sans tacher le métal au lieu de le bronzer. Je dois ajouter que, dans le cas où l’on ne serait pas satisfait du résultat d’un de ces procédés , on peut nettoyer la médaille (§ 68) et recommencer l’opération.

ll\. Une autre composition à bronzer. On prépare en

mêlant ce carbonate de fer avec de la mine de plomb et de l’eau ; on fait chauffer la médaille sur laquelle cette pâte est appliquée, et on la polit avec une brosse douce.

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