LE SOL ET SES RESSOURCES AGRICOLES
Plusieurs écrivains qui font autorité parlent d'une manière très-élogieuse de la Rivière Rouge et du bassin de Winnipeg, qu'ils représentent “comme l’un des pays les plus fertiles pour le blé,-qui soient au monde.” Le sol est d’un alluvion noir, argilleux et riche, et consiste en une argile dûr, sur une profondeur de deux à quatre pieds. La température est assez chaude pour favoriser la culture du maïs, et elle est plus favorable à mesure que l’on avance vers l’ouest; quelques espèces viennent bien à Manitoba, mais leur culture n’est pas très avantageuse,
Quelques espèces, dont la croissance se fait en soixante-dix jours, produiraient cependant une bonne moisson à Manitoba. D'après Blodgett, le blé-d’inde vient en abondance dans les régions intermédiaires de l'ouest, entre es 42ème et 43ème dégrés de parallèle. Le blé est la principale céréale de la partie supérieure de la zone tempérée. Blodgett(un écrivain américain qui fait autorité) dit que le bassin du Winnipeg est le pays qui produit le plus de blé sur le continent et probablement ‘“ dans le monde entier.” Les strates calcaires inférieures de cette région, avec ses marnes alcaires épaisses et ses couches inférieures d'argile compacte, sont éminemment propres à la culture du grain; en outre, les étés sont très. chauds et très humides, ce qui complète toutes les conditions climatologiques d’un excellent pays agricole. Il est bien établi que quelques champs dans la Rivière Rouge ont produit jusqu’à vingt récoltes consécutive de klé sans labour ou engrais, et que le rendement a souvent dépassé quarante minots par arpent. Il importe de faire remarquer relativement au sol de Manitoba et du Nord-Ouest, que ses parcelles de terres sont extrêmement pulvérisees et que le sol est partout léger, mais spongieux. En outre de ces traits uniformes, la fertilité du sol varie selon les lieux. Le sable est un ingrédient général du sol, et la silice en forme la base, comme pour tous les bons terrains. Il forme une partie importante dans la production de toutes les céréales, On dit que la silice pure ou silex se trouve dans une proportion d'environ 67 par cent duns le résidu des tiges de blé, maïs, orge, seigle, avoine, ete. C’est ce qui donne une teinte si luisante aux plantes et de la vigueur à la tige. Cette silice est un acide et est insoluble, mais elle s'allie facilement à la chaux, soude, magnésie, potasse et autres ingrédients de notre sol, et elle contribue beaucoüp dans cet état à la production des céréales; c'est à cette cause et à d’autres
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qu'on peut attribuer la supériorité de notre blé sur celui que l’on some à l'est ou au sud. Il importe ici de faire remarquer que M. J. W. Taylor, consul des Etats Unis à Manitoba, un homme d’une grande mb
comme agriculteur, a envoyé dernièrement à quelques-uns des plus grands acheteurs de céréales dans l’est, des échantillons du blé de cette province à l’est, afin d'en comparer la valeur, et ceux-ci ont déclaré qu’il ‘‘avait une vaieur de quinze cents par minot de plus que tous les échantillons qui leur ont été soumis.”
La moyenne de la production du blé à Manitoba est de vingtvinq minots pur acre, et les rendements ordinaires sont de quinze à trentecinq. A nous à appris à nous défier de ces déductions générales, que l'on base sur les cas les plus étonnants et plus remarquables, et de l'habitude générale que l’on a de confondre un résultat ordinaire avec une moyenne,
En comparant la production du blé durant les dernières années à la Rivière Rouge, à celle des meilleures régions des Etats-Unis, il sera facile de prouver sa supériorité sur celles-ci :—
Rivière Rouge, blé du printemps, production moyenne, 25 minots l’acre. ‘6
Minnesota “ 20 di L Wisconsin “e «6 14 «e «e Pennsylvanie ; $ 15 u à Massachusetts LL (g 16 de ui
Voici maintenant quelle en est la pesanteur comparée à celle des états suivants : —
Manitoba, blé du printemps, 63 à 66 livres par minot.
Minnesota $ 63 à 65 livres LS Illinois Ke 52 à 58 livres 6 Ohio “6 57 à 60 livres “6 Pennsylvanie 57 à 60 livres ‘#
L'excellente qualité du grain est prouvée d'une manière indisputable par le fait qu’il commandera un prix plus élevé sur le marché,” lorsqu'il ne sera pas mêlé et qu'il sera bien nettoyé, qu'aucun autre céréale des Etats-Unis.
Le blé d'hiver n’a encore été semé que dans un ou deux cas, vu que le résultat a prouvé que l’on ne pouvait pas toujours compter sur une bonne récolte; on est généralement d'opinion que ce grain ne peut pas être semé d’une manière profitable, mais cette opinion n’est pas justifiée par les faits, Pour semer avec succès le blé d'hiver, il faut surtout qu’il tombe ensuite une légère couche de neige, qui ne° soit pas condensée par le dégel ou qui ne soit pas trop pressée par les vents chauds. Il faut pour cela : premièrement, que la neige tome en faible quantité; secondement, qu'il y ait une température uniforme, peu élevée, exempte des pluies d’hiver, et qu'il y ait un dégel assez prolongé pour faire disparaître la couche de neige,
Tels sont, de fait, les traits caractéristiques de nos hivers. Il tombe
durant l'hiver environ 25 pouces de neige à Manitoba. C'est un fait remarquable que la neige tombe en moins grande quantité, lorsque la température est basse. La chaleur qui se fait un peu sentir à midi et fait monter sonvent le thermomètre durant une heure ou deux, au-dessus du point de congélation en hiver, ne suffit pas eg produire un dégel, et même si elle se continue durant tout le jour, elle n’influe pas sensiblement sur la neige.
Le tableau comparatif ci-dessus du rendement du blé dans les meilleurs districts des Etats-Unis, est bien de nature à nous faire voir avec un légitime orgueil la puissance de production de Manitoba. La culture du blé a été considérée comme l'élément essentiel de l’agriculture, Si l'on songe que le maintien et l'accroissement de la production d'un grain si essentiel à l'homme civilisé, sont d’une importance vitale, on ne sauait trop s'intéresser à l'anatomie agricole. Fe blé constitue la nourriture principale des nations civilisées, et il n’y a peut-être pas de mesure plus exacte de leur civilisation, que la culture et la consommaion de cette céréale, L'histoire nous enseigne que ce genre de culture a influé sur la puissance et le caractère des peuples qui ont grandi et progressé, en raison’ directe de la consommation du blé par toutes les classes de la société. Ces enseignements de l’histoire sont confirmés par l'analyse scien: tifique ; l'anatomie et la chimie ont démontré que cette céréale était la meilleure nourriture pour donner de la vigueur à l'esprit,
L'Angleterre, reconnue depuis longtemps comme la maitresse des mers, avec des possessions qui s'étendent presque dans le monde entier, a tellement augmenté sa puissance de production du blé, que la moyenne annmelle est de 28 minots pee acre ; Mais sa consommation dépassant de beaucoup'sa production, elle doit acheter à l'étranger son approvisiannement de pain. Il n’est pas possible de dissimuler la gravité de la question, dont il s'agit ici, en constatant le fait que les régions productives du blé deviennent de moins en moins propres à sa culture, tandis que d'autre part, la consommation devient de plus en plus général. On nous dit que dans la Nouvelle-Angleterre, E. U., la récolte du blé, dans une année, suffit à peine pour nourrir sa population durant trois semaines, et dans l'état de NewYork, six mois seulement. La récolte du blé a diminué de 6,500,000 minots dans quatre états durant la décade expirée en 1860. Il n’est pas difficile de prévoir, à la lumière de ces faits, que le Nord-Ouest du Canada, est destiné à prendre une place proéminente parmi les contrées productives du blé.
Les faits suivants sont démontrés :
Premièrement.—Que la demandes de céréales à l'étranger augmente constamment et nécessairem'ent, comme aussi la consommation à l’intérieur.
Deuxièmement.—Que conséquemment, la valeur du blé, comme marchandise commerciale, s'élève en raison directe de ces demandes.
Troisièmement.— Que dans cette région, le climat et d’autres causes tendent à concentrer la croissance du blé dans les meilleurs districts.
Quatrièmement.—Que Manitoba et ie territoire du Nord-Ouest, sont
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les meilleurs de ces districts qui produisent le blé, car la moyenne du rendement y est la plus considérable, la récolte plus sûre et le grain meilleur et plus sain.
C'inquièmement.—Que conséquemment on doit s'efforcer de faire produire le plus de céréales dans cette re ion, pour approvisionner Je marchés de l'Europe, afin de contribuer au plein développement de l’agriculture et donner la plus grande valeur au sol,