Luc
félicité nous est accordée tous les jours; pourquoi ne faisons-nous jamais, dans nos actions de grâce, ni l'examen de conscience ni la généreuse résolution de Zachée?
Le prêtre offense cette vertu par certaines spéculations. Ne sommes-nous pas de ces curés trop économes, qui sont accusés de prêter leur argent à gros intérêt, et qui préfèrent se faire maudire par leurs débiteurs que se faire bénir par les malheureux? Donnons beaucoup, messieurs, mais prêtons très-peu. L'aumône est le plus fructueux placement qui puisse être engagé sur les promesses de l'avenir : Bona est negotiatio ejus*. N'augmentons donc que ce capital, puisque c'est celui qui nous rapportera le plus. Ne nous faisons pas bailleurs de fonds dans des sociétés ou des entreprises à revenus usuraires, aimant mieux, en vue d'un gain chimérique, courir la chance d'être ruinés par la banqueroute que celle d'être enrichis par la charité? Rappelons-nous sans cesse, mes vénérés confrères, les grands principes du désintéressement sacerdotal. Le plus riche d'entre nous -sera toujours celui-ci : Eleemosynas illius enarrxibit omnis ecclesia sanctorum%; au contraire, le plus pauvre, suivant l'expression risquée d'un orateur connu, n'est-il pas celui qui prétend garder une poire pour la sol|>, si cette poire l'étrangle ?