‹ Manreze du pretreChapitre 115 sur 297 · Odil · texte numérisé non relu

Odil

que nous mettons plus de notre humeur que de notre conviction dans nos réprimandes, et fait sourire la malignité publique de notre vérité, en même temps que de notre personne.

L'exagération dans les inquiétudes du zèle peut en limiter les influences. Avancez donc lentement, mais sûrement. De même que le médecin s'abstient d'administrer des médicaments irritants, pendant le paroxysme de la fièvre, ne poussez jamais une paroisse à bout en lui imposant, durant ses accès de colère ou de plaisir, des spécifiques qu'elle rejettera et qui agiront plus tard. C'est <ie l'indulgence et, parfois, des temporisations du zèle que dépend son efficacité. Faisons donc le bien au jour la journée, petit à petit, sans prétendre procurer la gloire de Dieu plus qu'il ne veut. Le bien marche à pas de tortue, dit un auteur, tandis que le mal court la poste. C'est un ouvrage fort long et fort pénible de ramasser une population âme par âme, car les âmes ne se moissonnent pas à pleines mains, mais se glanent une à une. « Les moments de la grâce, dit saint Vincent de Paul, ne sont pas ceux de notre impatience; les difficultés que nous éprouvons dans une entreprise nous attirent le secours d'en haut pour y réussir. » Mon Dieu ! vous nous avez donné l'exemple de ces sages lenteurs le jour où vous dites au peuple : Adhuc multa habeo vobis dicere, sed non potestis portare modo*.

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