Gen
Je ne viens point refaire ici un de ces traités de jurisprudence ecclésiastique qu'il est si facile à tout prêtre de se procurer. Boyer, Affre, de Héricourt et bien d'autres en ont dit suffisamment concernant l'administration temporelle des paroisses, pour que je ne tente pas une nouvelle compilation sur ce sujet, à leur imitation ou à leurs dépens. Mon but est plus modeste et moins dogmatique; je voudrais être le réformateur de la conscience des prêtres, non leur professeur de Droit civil. Or, en combien de manières la conscience du curé peut-elle errer, dans son administration fabricienne?
Si tous les conseils de fabrique se composaient de membres intelligents et assidus à leur tâche, votre responsabilité serait bien diminuée clans ce gouvernement, parce que vos attributions y sont assez restreintes par la loi. Mais, grâce à l'ignorance ou à l'incurie de beaucoup de fabriciens, il n'est pas rare que le curé soit toute la fabrique et tout le bureau des marguilliers , et qu'il cumule les fonctions de président, de trésorier et de secrétaire; par conséquent, toutes les obligations de conscience qui incombent à ces dignitaires.
Pénétrez-vous bien, d'abord, de cette vérité banale,
qu'en France, personne n'est au-dessus de la loi; que le talent du bon administrateur consiste à la bien interpréter et à la bien appliquer, non à l'éluder avec habileté; que les administrations ecclésiastiques ellesmêmes sont tenues de s'y conformer, et que, loin d'être autorisées à vous protéger contre vos illégalités, elles sont obligées de vous en reprendre. Certes, le jour où les lois seraient opposées à la conscience, vous entendriez la voix de vos évoques faire retentir, jusqu'au dernier presbytère de France, cette protestation apostolique : Obedire oportet Beo magis quam hominibusK Mais, notre législation ecclèsiastico-civile, loin de violenter la conscience, l'oblige pour deux motifs très-graves : le premier, que si nous nous en écartons par arbitraire, nous pouvons y être ramenés par des contraintes humiliantes pour le sacerdoce; le second, que si nous évitons quelques difficultés momentanées par la violation de la loi, nous en créons souvent de plus grandes dans l'avenir, en posant des causes de procès et de dommages très-préjudiciables aux intérêts fabriciens.
Avis, en passant, à certains pasteurs, convaincus qu'il leur suffit d'avoir un protecteur puissant à l'évêché pour avoir toujours raison, d'une signature db grand vicaire pour tenir en échec toutes les jurisprudences, et qui placent le bien général, résultant de l'accomplissement de