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Luc

LE FRETRE ADMINISTRATEUR. 287

bilité paroissiale, c'est la paix dans les cœurs. On peut donc appliquer au prêtre, dans les détails de son administration, ce qui fut écrit de Dieu dans les variétés de son œuvre : Nec major in maximis, nec minor in minimis, car cela semble peu de chose d'exécuter la lettre de la loi ; mais c'est beaucoup, puisque c'est faire régner la justice et la charité.

Combien de paroisses, en effet, sont troublées par les illégalités dont le pasteur donnel'exemple ! au contraire, grâce à un conseil de fabrique bien dirigé, combien de divisions évitées, et quel embrassement assuré de la paix avec cette perfection de la justice administrative : Justifia etpax osculatœ suntl Je serais trop heureux, mon cher confrère, si les remords et les bonnes résolutions de votre retraite s'étendaient jusqu'à ce chapitre de votre devoir pastoral. Il est mille fois plus capital que les esprits superficiels ne le pensent; et quand, en parcourant la longue série des œuvres de Eossuet, je vois deux volumes portant ce titre : Administration! je prends en pitié les prêtres suffisants qui ont peur de déroger en mettant le pied sur ce terrain sacré, qui est une dépendance du temple, et où de si grands génies n'ont pas dédaigné de descendre.

Il y a une administration plus difficile que celle des intérêts, c'est celle des personnes. Tout curé, cepen-

dant, est obligé de compter avec un certain nombre d'auxiliaires, et sa manière de les prendre, de se les concilier, de s'en servir n'est pas la partie la moins délicate de sa tâche. Ne multiplions pas les catégories de personnes vis-â-vis desquelles vous avez une responsabilité administrative ; contentons-nous de nommer vos fabriciens, votre instituteur, votre maire.

Vos fabriciens sont vos collaborateurs à titre gratuit ; raison décisive pour les honorer. D'autant que ce serait à vous qu'il faudrait s'en prendre s'ils ne sont point honorables, puisque c'est vous, le plus souvent, qui les avez présentés à la nomination épiscopale. Cependant, pourquoi vos marguilliers sont-ils si peu exacts aux assemblées mensuelles du bureau, et vos fabriciens aux réunions trimestrielles du conseil, sinon parce que vous ne savez pas les attirer, les intéresser à l'œuvre, et que vous spéculez sur leur abstention au profit de votre liberté ?

Le premier soin du pasteur envers les fabriciens et marguilliers doit être de leur inspirer une très-haute idée de leurs fonctions. Quoique le royaume de Jésus- Christ ne soit pas de ce monde, son Église est un établissement visible; il lui faut des temples pour ses assemblées, des autels pour son sacrifice, des ornements pour ses prêtres, des chaires, des confessionnaux, des fonts baptismaux : de là , la nécessité d'une épargne qui subvienne aux exigences de son culte public, et

d'une administration préposée à la garde de ce pieux trésor.

Dès l'origine du christianisme, ce trésor formé des libéralités offertes par les fidèles existait, et si les apôtres, ne pouvant suffire à sa gestion, résignent cette partie de leur tâche, ils font voir de quelle importance elle est à leurs yeux, par les conditions qu'ils exigent des suppléants qu'ils se donnent dans un si noble emploi. Voici les qualités requises des premiers administrateurs temporels de l'Église : Considerate, fratres, viros ex vobis testimonii septem, plenos Spiritu sancto et sapientia, quos constituamus super hoc oj)us... et orantes imposuerunt eis manus^.

Telle fut la naissance de la propriété ecclésiastique et de son économat. Depuis, elle a passé par des transformations diverses, mais c'est toujours la même chose, sous des noms variés, et, quel que soit cet anachronisme d'expression, on peut dire que les sept diacres furent les premiers fabriciens de l'Église, partant que les fabriciens actuels sont leurs successeurs. Exposez souvent quels sont leurs titres de noblesse à ces gérants de la fortune si diminuée de l'Église.

Que sont devenus les temps où les fabriques, pourvues de larges dotations, égalaient les pompes de l'Église de la terre aux magnificences de celles du ciel? Cependant, quoique aujourd'hui leurs modiques

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