‹ Manreze du pretreChapitre 168 sur 297 · Act · texte numérisé non relu

Act

II MANRÈZE. jg

ressources suffisent à peine à l'entretien des choses les plus indispensables pour le service divin, elles n'en occupent pas moins la première place dans l'échelle des administrations. Elles n'administrent, il est vrai, que des deniers et des oboles, mais ces deniers et ces oboles sont le patrimoine de Dieu. Les soins qu'elles se donnent ont peu d'éclat, mais ils regardent l'autel, le tabernacle, la matière du sacrifice, et si la reine Elisabeth de Hongrie s'estimait moins honorée de tous les hommages décernés à la majesté de son trône, que de préparer, avec la plus pure fleur du froment, les hosties destinées à être consacrées, on peut dire que la fabrique chargée du même soin, par cette fonction, s'élève â la dignité de chose sainte.

Répétez donc souvent, mes vénérés confrères, à vos fabriciens et marguilliers : « Vous êtes les continuateurs des Laurent et des Etienne, ces fidèles gardiens du trésor de l'Église. Vous suppléez l'évêque dans une fonction importante de sa charge. Vous assistez le pasteur en partageant avec lui des soins dont il ne pourrait porter seul le poids. Comme il est le dispensateur des mystères de Dieu, vous êtes les économes des biens de sa maison. Vous n'entrez pas avec le prêtre dans le Saint des Saints, mais vous occupez une place éminente dans l'enceinte du temple, pour veiller à sa parure et à sa beauté. C'est dans vos mains que sont déposées les offrandes de la piété ; c'est à votre fidélité que sont remis les titres des fondations ; c'est

sur votre religion que se repose la dernière pensée des mourants qui ont compté leur âme au nombre des légataires nommés dans leurs dispositions suprêmes. Vous êtes les élus de deux autorités, ecclésiastique et civile, puisque l'Église et l'État concourent parallèlement à la formation de vos conseils; donc, premiers paroissiens de vos églises respectives, et nobles délégués de toute la congrégation chrétienne, tenez votre cœur à la hauteur de vos fonctions 1.

En même temps que la dignité de leurs fonctions,' enseignez aux fabriciens le zèle qu'elles exigent. Le zèle n'est point cette inquiétude tracassière qui se mêle de tout pour tout brouiller, qui porte la passion politique dans des délibérations de presbytère ou de sacristie, qui crée des difficultés systématiques à toutes les motions faites par le curé, et qui sert des intérêts privés plutôt que ceux de la fabrique; c'est cette attention vigilante et soutenue qui caractérise un père de famille sage et prévoyant dans le maniement de ses propres affaires. Par conséquent, réclamez le zèle de l'assiduité aux assemblées et de la stricte observation des règlements : le zèle des bons conseils, qui s'industrie à créer de nouvelles ressources quand la balance n'est plus égale; le zèle de la générosité, qui s'inscrit en première ligne sur les listes de souscription, quand âtes besoins extraordinaires nécessitent un appel à la

Page 1