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pour l'instituteur et une force pour le curé. Au contraire, si celui-ci, au premier motif de mécontentement, part en guerre ouverte contre l'instituteur, le harcèle par ses dénonciations, établit une barrière de défiance entre l'école et le presbytère, l'instituteur déjà mauvais deviendra pire, il cherchera à rendre impossible le curé qui a voulu le rendre suspect, la paroisse se divisera en deux camps, et, difficilement, le curé pourra reconquérir auprès des enfants, en deux heures de catéchisme par semaine, la prépondérance que son adversaire ' lui disputera, pendant tout ce temps, par des manœuvres et des insinuations hostiles. Commençons donc toujours, envers l'instituteur, par les bons procédés. Savons-nous, en arrivant dans la paroisse, que ses principes et la tenue de son école laissent à désirer, feignons d'abord de l'ignorer. Faisons-lui une visite; essayons à son égard quelque prévenance gracieuse; parlons à son avantage dans l'occasion, relevons ses qualités, dissimulons ses torts : qui sait si nous ne parviendrons ainsi à nous l'attacher? et tel conseil de notre part, qui, donné plutôt, eût provoqué l'irritation, sera très-bien accueilli après ces préliminaires de conciliation.
Vous qui êtes chargé de faire du bien à tous vos paroissiens, pourquoi renonceriez- vous à convertir votre instituteur? Il y a des pasteurs qui y réussissent, et, alors, quelle paix solide on cimente avec lui! quels fruits on recueille! Mais certain pessimisme pastoral
JiÈ PRÊTRE ADMINISTRATEUR. 297
se plaît à regarder ses adversaires comme étant , à priori, inconvertissables , décrète, par avance, que leur contrition ne sera que jonglerie, met au défi la grâce de Dieu de faire des miracles qu'il a déclarés impossibles, et accuse même d'indulgence coupable les prêtres qui osent absoudre ceux qu'il trouve bon de condamner à l'impénitence finale : et, cependant, comme bien souvent une affection vraiment évangélique opérerait de ces changements que nos ressentiments ne tentent même pas! Charitas omnia sperat]. Dieu veuillequ'aucun de vous, à cette peinture, ne reconnaisse celle de ses sentiments envers son instituteur.
L'instituteur connaît, d'ailleurs, mieux que personne, l'opinion de la paroisse sur l'administration du curé; d'autre part, nul ne sait mieux que le vuré ce que l'on pense de l'instituteur ; si ces hommes sont unis par un lien vraiment religieux , se donnent de mutuelles informations , contractent pour le bien une de ces alliances que les Romains appelaient : Do ut des; et si , de plus , pendant leurs entrevues , ils échangent leurs idées sur les aptitudes , sur le caractère des enfants et sur la manière de les prendre , nul doute que ces deux influences ainsi unies, coalisées, ne constituent une puissance plus utile encore à la religion qu'à l'ordre paroissial.
« J'ai pratiqué tout ce que vous conseillez, me dira