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« peut-être un pasteur dont la patience est réduite aux « abois , mais je n'ai rien obtenu, et je suis obligé de « combattre comme un ennemi celui dont je n'ai pu « faire mon auxiliaire. »
Si, la main sur la conscience, vous pouvez attester le fait, mon cher confrère , la conclusion n'est pas douteuse , il faut ouvrir les hostilités ; mais sous quelle forme? Gardez-vous de vous faire justice vous-même, soit du haut de la chaire , soit dans des épanchements privés, soit par des plaintes orales ou écrites à l'administration universitaire , qui ne gardera pas toujours vos secrets : exposez la situation à vos supérieurs, demandez-leur de quelle manière et dans quelle mesure vous devez réagir contre le mal ; priez-les de prendre la responsabilité des démarches nécessaires pour le corriger ou pour le supprimer , enfin couvrez-vous de leur égide et gardez le silence pendant tout le temps des négociations : de cette manière vous évitez les scandales de la lutte sur place, vous vous assurez toutes les chances de la victoire, et vous ne vous exposez pas à créer un plus grand désordre pour en guérir un moindre.
S'il y a plusieurs écoles dans votre paroisse , et s'il existe la rivalité ordinaire entre ces écoles, ne vous déclarez jamais ouvertement contre l'une d'elles, à moins que de 'hautes raisons de justice, de discipline scolaire ou d'ordre moral ne vous y obligent. Observez une stricte neutralité entre les prétentions et les conflits
de ces établissements, faites-leur le même nombre de visites, honorez-les des mêmes attentions, assistez avec le même zèle à leurs distributions de prix.
Cependant, y aurait-il quelque inconvénient à vous démontrer un peu en faveur des écoles congréganistes, dans un temps où elles sont si injustement persécutées? Ces instituteurs consacrés à Dieu, à qui on confisque le pain, la liberté et les sympathies publiques, n'ont-ils pas droit à quelque compensation de votre part? Ils ont abandonné pour vos petits catéchisés leur famille naturelle, leur famille de disciples leur est ravie, ne devez-vous pas leur tenir lieu de ce qu'ils ont perdu? Mon cœur a répondu : Oui. Ma raison vous répond : Consultez moins, en ceci, votre cœur que le plus grand bien du troupeau, suivant les indications lu temps et des lieux.
S'il importe que le pasteur vive en bons termes avec son instituteur, qu'il évite toute apparence d'intimité avec l'institutrice. Ne refusons pas âcelle-ciles encouragements paternels requis par notre ministère, accordons-lui les égards prescrits par la politesse; mais ne franchissons pas cette limite posée par les saints : Sermo rarus, brebis et austerus. Ou bien l'institutrice est jeune, et, alors, elle peut .vous compromettre par son âge; ou bien elle a beaucoup d'années, et, dans ce cas, elle peut nous compromettre par ses indiscrétions. Souvent, en effet, ces dernières rassemblent à certaines veuves dont saint Paul conseillait à TimotJ^e de fuir
la société : Simul aiitem et otiosœ, discunt circuire domos; non solum otiosœ, sed et verbosœ, loquentes quœ non oportetK N'ouvrons pas notre presbytère à ces visiteuses qui écument les bruits de la paroisse pour nous les porter, et qui, après nous avoir livré les secrets de tout le monde, nous livrent à tout le monde pour un plaisir de commérage ou un intérêt de vanité. En résumé, usez de tous les droits que l'Église et la loi civile vous reconnaissent, pour élever le niveau moral et intellectuel des écoles. Examinez, au point de vue de la doctrine et de la décence, les livres dont on s'y sert; faites cesser, partout où cet abus existe, le mélange des garçons et des filles sur les mêmes bancs. Enfin, soyez heureux de contribuer perpétuellement à ce miracle du Très-Haut : Linguas infantium fecit disertas2. Citavit illum pane vitœ et intellectus 3 ; et que si, par hasard, vous étiez détourné de ce grand devoir par de frivoles prétextes d'amour-propre blessé, mettez votre dignité sous la sauvegarde de l'humilité, de la charité, de la piété, de l'abnégation et du zèle : vous serez puissant par vos condescendances même. Ah! si nous étions saints, comme nous serions parfaits administrateurs!
Après les fabriciens, après l'instituteur, il est une