‹ Manreze du pretreChapitre 184 sur 297 · Jac. 4, lé · texte numérisé non relu

Jac. 4, lé

le temps; la chose la plus douce ? il répondait de faire sa volonté. Ce plaisir de faire sa volonté et de la faire régner n'est pas seulement l'ambition des hommes politiques, il est souvent une passion de presbytère. Combien de paroisses troublées par la discorde, parce qu'il y a deux prêtres qui se disputent la suprématie des influences? Menons-les au bord de cette fosse où ils vont tomber du haut de leur piédestal dans la pourriture et où, sous trois pas, un enfant les mesure; demandons-leur de quoi leur piédestal leur a servi : Quid profuit.?

Je vous ai dit les désenchantements des grands ; voici ceux des potentats. L'histoire est la preuve la moins fastidieuse de ces lieux communs. « Ne me parlez pas de mon pouvoir, disait un roi de France expirant, aux courtisans de son agonie, car j'en ai assez pour faire trembler des millions d'hommes, j'en ai trop peu pour faire reculer d'un pas la mort qui approche de mon chevet. » Prêtre avide de parvenir, voilà le pouvoir dans ses bornes et sa durée.

Le grand Macédonien, dit l'Écriture, avait touché, du bruit de son nom, aux extrémités de l'univers, la terre avait fait silence devant lui, et après cela ?... Post hœc, ajoute le texte sacré avec une concision sublime, post hœc cecidit in lectum et cognovit quia moreretur^. Prêtre attaché à votée crédit, voilà le pouvoir dans ses vicissitudes.

1, Mac. 1, 5.

Philippe II, sentant approcher sa dernière heure, appela son héritier, ouvrit devant lui sa poitrine rongée par une plaie hideuse, et lui dit : « Mon fils! soyez témoin que les rois meurent comme le reste des hommes, et que toute la cour d'Espagne soit témoin avec vous que ma plus grande frayeur est d'avoir porté une couronne, et mon plus grand regret de ne pas finir dans un monastère, sur un lit de sarments. » Prêtre plus occupé de votre relief que des comptes à rendre, voilà le pouvoir dans ses responsabilités.

Ah! si les rois qui ne gouvernent que des corps meurent avec tant de frayeur, quelle ne doit pas être la vôtre, ô princes du royaume des âmes! et si, à cette vue, des monarques sont descendus du trône par centaines pour se préparer à la mort, comment vous, qui portez les autres au cimetière et qui recueillez si souvent les leçons de leurs tombes, ne savez-vous pas déduire les moralités de la vôtre! Sans doute, vous moralisez parfois à la manière des philosophes, et vous dites volontiers : Vanité que l'avancement ! vanité que les influences ! vanité que le pouvoir ! Mais où sont les prêtres qui ressemblent, sous ce rapport, à leurs principes, et qui aient l'intelligence pratique de ces rudiments chrétiens : Arna nesciri et pro nihilo reputariK

La fortune c'est notre avoir, la position c'est notre

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