‹ Manreze du pretreChapitre 186 sur 297 · Job · texte numérisé non relu

Job

croient immortels, et dites-moi s'il n'y a pas de quoi se dire à tout instant à soi-même : Mémento homo quia putois et in pulverem reverteris^.

Quant à la splendeur physique considérée dans la beauté, n'essayons pas d'en désenchanter le prêtre; ce serait injurier le sérieux qu'il garde, même dans ses passions d'amour-propre, de lui supposer celui-ci. Toutefois, vous qui n'êtes pas capable d'être idolâtre de votre chair , ne le seriez- vous pas de celle des autres ? Alors , regardez Marguerite de Cortone s'enfuyant de désespoir dans un cloître , après avoir vu l'empreinte laissée par la mort sur des traits qu'elle avait adorés; entendez François de Borgia, effrayé des ravages de la décomposition sur le visage d'Isabelle, et déclarant qu'il ne veut plus servir des maîtres qui pourrissent comme le reste des hommes. Eh ! qu'est-ce que notre corps, sinon une fange rebutante quand l'âme a cessé de l'habiter? une plante qui tourne à l'immondice quand son céleste arôme s'est évaporé?

0 chair du prêtre ! si élevée par l'onction sacerdotale , si abaissée par la profanation du péché, il me semble que Dieu me dit, comme au prophète : Clama, ne cesses. Eh! qu'est-ce que je leur dirai, ô mon Dieu? Le voici : Omnis caro fœnum, et om>nis gloria ejus quasi flos agri 2. Heureusement, ces gô-

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