Joau
Et non-seulement nous verrons Dieu, mais nous verrons tout en Dieu, de telle façon qu'il sera à la fois notre spectacle et notre soleil. Au centre de la cité des saints, Jésus déploie, comme un vivant étendard, cette humanité dont les rayons frappèrent, jadis, les cimes étonnées du Thabor; et, sous les clartés de cet astre sans déclin, les choses éternelles se colorent d'un ineffable jour, et les élus passent des siècles rapides comme des songes à s'écrier : Seigneur, il fait bon ici1. On dit que si l'œil de l'homme s'est accoutumé à la lumière sous le ciel de la Grèce ou de l'Italie, il s'ouvre avec regret aux teintes plus sévères de nos horizons. Quelles seront donc les nuances de cette lumière dont Dieu sera la source? quels seront les reflets de ce jour dont Jésus-Christ sera le soleil? Ajoutez qu'ici-bas, le disque du soleil aveugle au lieu d'éclairer, parce que ses rayons tombent comme un dard sur une paupière qui tremble de faiblesse, tandis qu'au ciel, le soleil fixera le regard sans l'opprimer et deviendra un foyer caressant, dans lequel nous embrasserons toutes les béatitudes de notre Paradis.
Il est rapporté que le grand Condé, sur le point de mourir, se donnait, par anticipation, les extases de l'autre vie en disant à son âme : Nous allons voir Dieu tel qu'il est ! Un disciple de Platon, après avoir entendu un dialogue sur l'immortalité de l'âme, se