Matt. 17, i
laissa tomber des hauteurs du cap Sunium pour aller contempler les merveilles de ce monde qu'on lui annonçait : ai nous qui sommes prêtres, nous ne dirions pas quelquefois, dans la nostalgie de notre terrestre exil : « Seigneur, montrez-nous votre face ! » Oslende faciem tuam^l Non, cette prière serait un crime contre nous-même, si elle n'était pas une pieuse folie de l'amour. Dieu se cache, et il fait bien ; car sa gloire un instant entrevue, au jugement dernier, et perdue à jamais, c'est là le tourment des damnés ; de même ses perfections un instant manifestées et puis dérobées à notre regard, mettraient dans notre attente inconsolable quelque chose des langueurs de l'enfer.
Tandis que la foi qui s'incline sans comprendre sera récompensée par la vision de Dieu, l'espérance qui compta sur Dieu sans le tenir, trouvera son paradis dans la possession de Dieu. Posséder un être, c'est en disposer avec droit de propriété. Par conséquent, quand Dieu consent à devenir notre propriété éternelle, c'est la perfection absolue recueillant en quelque sorte ses magnificences et se laissant tomber aux bras de sa créature éperdue pour lui dire : « Je t'appartiens à jamais » : Sponsabo te mihi in sempiternum^.
Comprenez, si vous le pouvez, la béatitude d'un cœur à qui Dieu lui-même fait de pareils serments.