Osée
II manrêze. 35
Quelle possession inénarrable I Dieu, avec cette puissance qui fait marcher les siècles devant sa face, avec cette justice qui efface les empires coupables d'un seul regard, avec cette grandeur qui renferme les océans dans le creux de sa main, tout cela sera à moi : Dilectus meus mihi et ego illi]. Dieu, avec cette splendeur qui sema les soleils au firmament comme une brillante poussière, avec cette beauté qui faisait tomber en défaillance le prophète, balbutier saint Paul et pousser des cris à saint François : tout cela sera à moi : Dilectus meus mihi et ego illi. Dieu, avec cette bonté qui sans cesse sourit et sans cesse pardonne, avec cette miséricorde qui oublie tous les maux de la Création devant une goutte du sang de Jésus-Christ, avec cette tendre providence qui veille sur le monde naviguant à ses pieds, comme la mère de Moïse, près du Nil, suivait des yeux son berceau flottant : tout cela sera à moi I Dilectus meus, etc. « Un Dieu est à moi ! » s'écriait une sainte après la communion eucharistique ; et ne pouvant porter le poids de cette félicité, elle allait en jeter les transports sur les grands chemins ouverts devant elle : bien mieux encore, les élus peuvent dire : Un Dieu est à moi, et ils ont les siècles des siècles pour savourer ce bonheur !
Oui, les siècles des siècles. Ici-bas, la joie de certaines possessions n'est pas même viagère, traversée